Cet Holocauste qui prétend régenter l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nous avons vu que, tout en établissant la biographie d’Himmler, le directeur du Centre de recherche sur l‘HolocaustePeter Longerich – avait en tête de relever préférentiellement les crimes nazis qui avaient pu frapper les Juifs. D’où l’intérêt de cette phrase qui paraît sortir tout de même de cette préoccupation :
« Une lettre d’Himmler à Berger, datée du 28 juillet 1942, montre que cette mission correspondait à un ordre d’Hitler portant sur l’assassinat systématique de la population soviétique dans les zones occupées. » (page 600)

Il semble donc qu’à travers les partisans, ou à travers ce que les nazis appelaient les « bandes« , d’autres individus que les Juifs pouvaient être menacés…

partisans - urss

En tout cas, « assassinat systématique de la population soviétique« … C’est nouveau ! Staline aurait-il donc eu un tout petit peu raison de décider de ne pas se laisser faire par les gentilles troupes des gentils nazis ?

Ne nous laissons toutefois pas surprendre. Le contenu de la lettre, selon ce que Peter Longerich nous livre du texte même d’Himmler, se place en fait très précisément dans la voie royale de l’Holocauste :
« Les territoires occupés à l’est seront débarrassés des Juifs. L’exécution de cet ordre très dur, précisait Himmler en s’apitoyant sur son sort, m’a été confiée par le Führer. Personne ne peut me retirer cette responsabilité. » (page 600)

Avec Himmler, on le voit, l’Holocauste, c’est vraiment imparable…

Jetons maintenant, avec Peter Longerich, un petit coup d’œil sur les exploits du même massacreur en Ukraine, car on pourrait tout d’abord s’y tromper :
« Il est vrai que l’implantation des colons allemands eut lieu au détriment immédiat des Ukrainiens et non des Juifs, mais la relation entre l’avenir des Allemands d’origine et la question juive dans le contexte d’un « nouvel ordre national » est évidente. » (page 600)

Ici aussi, par conséquent, les Juifs sont la cible préférentielle.

Venons-en aux chiffres, et vérifions, au passage, les morts engendrées par la décision, sans doute bêtement criminelle, prise par Staline d’engager une lutte de partisans face à un adversaire qui n’en voulait, paraît-il, qu’aux Juifs :
« Le HSSPF [Höherer SS – und Polizeiführer] pour la Russie du Sud, Prützmann, annonça à Himmler le 26 décembre 1942 que dans le cadre de la « lutte contre les bandes » un total de 363.211 Juifs avaient été « exécutés » entre le 1er septembre et le 1er décembre 1942 dans son secteur qui englobait l’Ukraine et Bialystok. » (page 601)

Ne nous arrêtons pas aux chiffres eux-mêmes : compte tenu de la brièveté de la période considérée, des limites géographiques envisagées et de la réduction à la seule communauté juive, c’est beaucoup…

Retenons cependant que ces Allemands-là n’étaient pas des tendres, mais seulement, sans doute, à l’égard des Juifs, dirait-on. En tout cas, la biographie de Himmler par Peter Longerich ne connaît guère, jusqu’au point où nous sommes arrivé(e)s, que l’Holocauste. Ce nazi-là aura-t-il jamais fait le moindre mal à qui n’était pas juif ?… Apparemment, non.

Or, Peter Longerich nous le redit… En juillet 1942, « face aux activités sans cesse plus menaçantes des partisans soviétiques« , Himmler avait reçu d’Hitler la mission d’en venir à bout au moyen de l’ensemble des forces de police qui se trouvaient sous son autorité. Il paraît que ce n’était pas un hasard, puisque selon l’auteur de la biographie :
« Cette décision fut prise au moment précis où Himmler englobait toute l’Europe dans le programme d’extermination, ce qui souligne une fois encore le lien étroit entre l’Holocauste et la lutte contre les partisans. Dès l’offensive contre l’URSS, il était devenu courant d’exterminer les Juifs « en tant que partisans« . » (page 603)

Encore et toujours… les partisans… comme prétexte pour éliminer les Juifs.

Avant de nous permettre tout de même d’atteindre le bout du tunnel, Peter Longerich insiste, une nouvelle fois, sur ce qui paraît être une véritable obsession chez Himmler :
« Puisqu’il était maintenant officiellement chargé de la lutte contre les partisans, il disposait d’une plus grande marge de manœuvre en ce qui concernait l’Holocauste. » (page 603)

Arrivés ici, nous pouvons faire le point sur le discours tenu par Peter Longerich. En effet, c’est bien lui qui, sous couvert de la rédaction de la biographie d’Himmler, s’est trouvé disposer « d’une plus grande marge de manœuvre en ce qui concerne l’Holocauste« . D’ailleurs, à l’endroit où nous sommes, il a atteint le sommet de ce qu’il pouvait en dire. Mais la réalité même de l’affrontement germano-soviétique a été telle que Peter Longerich n’a bientôt plus le moyen d’en rester à la fiction – qu’il a développée pour le compte de l’Holocauste – d’une lutte nazie sélectivement orientée contre les Juifs en Union soviétique.

Autant il aura jusqu’ici privilégié la question juive, autant la suite va faire apparaître le caractère universel de la menace que le nazisme faisait peser sur l’humanité non aryenne tout entière : ce qui donne d’autant plus de poids, dans ce combat à la vie à la mort, au peuple soviétique et à celui qui a su l’organiser et le conduire : Joseph Staline.

Voici la phrase qui suit le mot « Holocauste » que nous avons vu figurer à la fin de la dernière citation que j’ai reprise chez Peter Longerich, directeur du Centre de recherche sur l‘Holocauste, à Londres :
« Himmler avait cependant déjà montré qu’il était capable d’agir brutalement contre les « bandes » même quand il ne s’agissait pas en premier d’assassiner des Juifs. » (page 603)

Remontant un tout petit peu dans le temps, l’auteur de la biographie nous montre que, le 25 juin 1942 déjà, donnant ses instructions pour le nettoyage des bandes actives en Yougoslavie
« Dans des « directives » détaillées, Himmler expliqua clairement ce que cela signifiait : « L’action doit neutraliser tous les éléments de la population qui ont sciemment soutenu les bandes en leur fournissant des hommes, des vivres, des armes et des refuges. Les hommes d’une famille coupable, dans bien des cas même toute la famille, doivent être exécutés par principe. Les femmes doivent être internées puis déportées en camp de concentration. Les enfants écartés de leur foyer et rassemblés sur le territoire du Reich« . » (pages 603-604)

Nous sommes donc maintenant sortis du seul Holocauste, alors qu’il est toujours question des partisans. Et c’est seulement ici que Peter Longerich se voit dans l’obligation de faire apparaître l’entièreté des crimes commis par les nazis en Union soviétique :
« Sur place, la Sipo [Sicherheitspolizei] et le SD [Sicherheitsdienst] , par principe, ne se contenteraient pas de réagir à des actes de résistance, mais préféraient agir préventivement. À partir de 1942 au plus tard, il leur fut recommandé de tuer tous les communistes qui se trouvaient dans les régions occupées, même s’ils ne s’étaient rendus coupables d’aucun acte concret de résistance. La pratique s’imposa. » (page 606)

Mais, au-delà du seul territoire de l’Union soviétique, le constat est le même, selon Peter Longerich qui nous permet, par ailleurs, de trouver dans les motivations de Himmler autre chose que sa volonté de s’en prendre aux seuls Juifs :
« Dans les régions de Pologne qui avaient été sous domination soviétique de 1939 à 1941, tous les « gens de l’Est » ou « citoyens soviétiques » furent assassinés ou déportés en camp de travail, le plus souvent parce qu’ils étaient simplement soupçonnés d’être encore loyaux envers Moscou. Ces mesures frappèrent en particulier les membres d’administrations qui avaient été évacués plus à l’Est par les Soviétiques. » (pages 606-607)

Ainsi apparaît peu à peu la question même du communisme et de ses alliés. La suite du texte de Peter Longerich le confirme :
« Par ailleurs, quiconque était soupçonné d’avoir des origines « asiatiques » était également visé. Ces personnes étaient considérées comme des complices du régime soviétique et furent donc elles aussi exécutées sommairement. » (pages 606-607)

Mais, parvenu là – et après nous avoir livré tout ce qui peut contredire sa première façon de définir la cible d’Himmler –, Peter Longerich redevient le… directeur du Centre de recherche sur l’Holocauste. Évoquant Hitler, il écrit en effet :
« Le fait qu’Himmler lui ait communiqué, à la fin de l’année, le chiffre de 363.000 Juifs fusillés (soit plus de 90 % des victimes de sa « lutte contre les bandes« ) pour le secteur de la Russie du Sud montre bien comment il concevait sa mission. » (page 616)

Holocauste… pour plus de 90 % des victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale à l’Est ?… Serait-ce là l’essentiel de ce que doivent nous enseigner les livres de la même veine que cette biographie de Himmler ?

Michel J. Cuny

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2 réflexions sur “Cet Holocauste qui prétend régenter l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale

  1. Ce qui est troublant c’est le silence des Russes actuels qui ont à leur disposition non seulement les archives russes mais également allemandes puisque ce sont eux qui sont arrivés les premiers à Berlin et au bunker d’Hitler. Sont-ils eux aussi sous la terreur sioniste?

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    1. Il faut d’abord qu’ils se reprennent après ce qui s’est passé pour eux à travers la glasnost (libération de la parole): il s’agissait, pour les couches de la population qui croyaient pouvoir bénéficier d’une vie à l’occidentale, de détruire l’ensemble du schéma de vie soviétique. Vladimir Poutine a, lui aussi, cru que l’économie de marché était une sorte de paradis.
      En ce qui concerne le sionisme, il a tenté de miner ce système soviétique dès les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, en démolissant la réputation de Staline. C’est-à-dire que ce rouleau compresseur s’est développé pendant des décennies : il a fabriqué une idéologie de plus en plus dominante, qui a triomphé en 1985.
      Il faudra du temps pour la démolir… Mais les documents finiront par remonter la pente, si la ligne Poutine s’installe dans la durée, à travers Poutine lui-même, ou à travers ses successeurs.

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