III 26. Non seulement les filles mais aussi les garçons

Le torchon d’A.C.

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III 26. Non seulement les filles mais aussi les garçons

« Au milieu de la nuit, la patronne est venue me chercher : « Ton maître te demande. » Elle a ouvert sa porte et m’a jetée vers lui. Il m’a fait danser. Et puis fumer. Puis il a utilisé une carte de visite pour assembler de la poudre blanche très fine. Il a pris un papier fin, l’a roulé en cornet et a aspiré par le nez. « Allez, fais comme moi ! Sniffe salope ! Sniffe ! Tu vas voir le résultat ! ». » (P.65) (« Sous sa dictée », celle de « Soraya », A.C. a écrit : « Le même soir, il ma forcée à fumer. » (page 54) ; « Le sixième jour, il m’a accueillie avec du whisky. » (page 54) Cette fois, il l’oblige à se droguer… Mais où sont les preuves ?
L’alcool, la drogue… Muammar Gaddhafi les abhorrait ; cependant, ce n’était pas lui tout seul mais le peuple libyen qui les avait interdit(e)s en Libye. Sans doute, la religion musulmane était pour quelque chose dans ces interdits, mais, peut-être aussi, le peuple libyen, fort de sa Révolution, n’avait pas besoin de ces “béquilles” pour vivre debout.)

« Cela m’a irrité la gorge, le nez, les yeux. J’ai toussé, je me suis sentie nauséeuse. « C’est parce que tu n’en as pas pris assez ! » Il a humidifié une cigarette avec sa salive, l’a roulée dans la poudre de cocaïne et l’a fumée lentement en m’obligeant à prendre des bouffées et à avaler la fumée. Je n’étais pas bien. Consciente, mais sans aucune force. « Danse maintenant ! ». » (PP.65-66) (Il s’agit, pour la journaliste, de prendre tout ce qui était interdit en Libye et de faire accroire, à ses lecteurs et lectrices, que Muammar Gaddhafi était un homme sans aucun respect pour la femme, pour la religion, pour l’être humain. Comme il refusait l’exploitation de l’être humain par l’être humain, il fallait faire de lui, après sa mort comme de son vivant, un salopard.)

« La tête me tournait, je ne savais plus où j’étais, tout devenait flou, brumeux. Il se levait pour claquer des mains, marquer le rythme et me remettre la cigarette dans la bouche. Je me suis écroulée et il m’a violée sauvagement. Encore. Et encore. Il était excité et violent. Il s’arrêtait d’un coup, chaussait des lunettes et prenait un livre pendant quelques minutes puis revenait à moi, mordait, écrasait mes seins, me reprenait avant d’aller vers son ordinateur vérifier ses mails ou dire un mot à Mabrouka et m’assaillir encore. » (P.66) (« Il était excité et violent. » (Ce couplet est destiné à faire passer Muammar Gaddhafi pour un détraqué sexuel, un sauvage et un fou.)

*

« Amal est venue me proposer de déjeuner en fin de matinée. Je ne voulais pas sortir de ma chambre, envie de ne voir personne, mais elle a insisté et nous avons mangé dans la cafétéria. C’était vendredi, jour de prière. (« Jour de prière »… Ceci dit pour faire passer Muammar Gaddhafi pour un parjure et mieux faire avaler la suite au lecteur ou à la lectrice.) On nous a servi un couscous. Puis j’ai vu débarquer un groupe de jeunes hommes souriants et particulièrement à l’aise. « C’est la nouvelle ? » ont-ils demandé à Amal en m’apercevant. Elle a fait un signe de tête et ils se sont présentés, décidément affables : Jalal, Faisal, Abdelhaïm, Ali Adnane, Houssam. Ensuite, ils se sont dirigés vers la chambre du Guide. C’est ce jour-là que j’ai eu le deuxième choc de ma vie. Et le regard souillé à jamais. Je ne vous raconte pas cela de gaieté de cœur. Je m’y contrains parce que je m’y suis engagée et qu’il vous faut comprendre pourquoi ce monstre jouissait d’une totale impunité. » (Heureusement que “Soraya”-Cojean écrit : « Je ne vous raconte pas cela de gaieté de cœur. » Autrement, les lecteurs et les lectrices auraient plutôt pensé… le contraire, tant elle a le souci du détail ! Mais Mme Cojean est très consciencieuse ; même, elle s’est « engagée » !… « engagée » ?… auprès de qui ? de la maison d’édition Grasset ? en vue de quel objectif ?) Car les scènes sont tellement crues et embarrassantes à décrire (Mais non, mais non !)tellement humiliantes et honteuses (Mais non, mais non ! Cela fait vendre et traduire et diffuser partout dans le monde…) pour le témoin qu’il transformait insidieusement en complice, que personne n’aurait pu prendre le risque de narrer les perversions d’un type qui avait droit de vie ou de mort sur quiconque et salissait tous ceux qui avaient la malchance de l’approcher. » (PP.66-67) (Dans la Libye révolutionnaire (1969-2011), la population disposait de tribunaux du peuple. Il lui eut été aisé d’arrêter et de faire passer en jugement un homme qui aurait fait kidnapper et qui aurait tenu enfermé(e)s des filles et des garçons, pendant des heures et, même plus… des années, pour les prostituer à ses plaisirs. Mme Cojean n’a pas besoin de connaître la Libye, il lui suffit de répondre à son engagement qui est de faire passer Muammar Gaddhafi pour un monstre, un pervers et un criminel, non seulement aux yeux des lecteurs et lectrices en France mais aussi aux yeux des lecteurs et lectrices dans le monde entier puisque ce genre de torchons qui se lisent très facilement sont rapidement traduits dans toutes les langues pratiquées par les populations dont il s’agit de pourrir l’esprit.)

« Mabrouka m’a appelée : « Habille-toi, ton maître te demande. » Dans son langage, cela signifiait : Déshabille-toi et monte. Elle a une nouvelle fois poussé la porte et une scène folle est apparue devant mes yeux. Le Guide, nu, sodomisait le garçon appelé Ali, tandis que Houssam dansait, grimé en femme, au son de la même chanson langoureuse. J’ai voulu faire demi-tour mais Houssam a crié : « Maître, Soraya est là ! » et il m’a fait signe de danser avec lui. J’étais paralysée. Alors Kadhafi a appelé : « Viens, salope. » Il a jeté Ali et s’est emparé de moi avec rage. Houssam dansait, Ali regardait et pour la deuxième fois en quelques jours, j’aurais voulu mourir. On n’avait pas le droit de me faire ça. » (P.67)
(Selon “Soraya”-Cojean, il fallait que le tableau fût complet : non seulement Muammar Gaddhafi violait les très jeunes filles, mais il violait aussi les jeunes garçons… Lors de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, en 2009, Muammar Gaddhafi avait dénoncé les viols par sodomie commis par des États-uniens en Irak. Les ordres de maltraiter Muammar Gaddhafi, donnés par les chefs des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, en vue de son arrestation qui eut lieu le 20 octobre 2011, n’auraient-ils pas inclus la sodomie comme réponse à ce qu’il avait dénoncé et qui devait, selon lui, être élucidé ? Cette phrase de Cojean-“Soraya” où il est question d’un Guide pratiquant la sodomie, n’est-elle pas là pour inculquer l’idée que le viol commis sur sa personne au moyen d’un objet tenu par un Libyen, agent des services français, n’était jamais qu’une revanche ?)

« Et puis Mabrouka est entrée, a ordonné aux garçons de sortir, et au maître d’arrêter car il avait une urgence. Il s’est retiré aussitôt et m’a dit : « Fous l’camp ! » J’ai couru dans ma chambre en sanglotant et je suis restée toute la soirée sous la douche. Je me lavais et je pleurais. Je ne pouvais plus m’arrêter. Il était fou, ils l’étaient tous, c’était une maison de dingues, je ne voulais pas en être. Je voulais mes parents, mes frères, ma sœur, je voulais ma vie d’avant. Et ce n’était plus possible. Il avait tout gâché. Il était dégueulasse. Et c’était le président.

In fine, il s’agit de faire accepter aux lecteurs et lectrices l’inacceptable. Puisqu’il était « fou » et qu’ils étaient « tous » « fous », alors les bombardements sur Bab al-Azizia avaient leur raison d’être puisque c’était « une maison de dingues » ; quant à l’assassinat politique et physique de Muammar Gaddhafi, commandité par les chefs des États capitalistes – français, britannique, états-unien, israélien – et commis par des exécutants sous surveillance, il devient un crime légal ou, pour le moins, légitime.

De mars 2011 à ce mois de mai 2016, “les monstres qui jouissent d’une totale impunité”, ne sont-ce pas ceux et celles qui ont envoyé des bombes sur un pays de quelque six millions d’habitant(e)s qui n’avaient manifesté aucune idée de faire la guerre à quelque pays que ce fût.)

III 26. Les monstres qui jouissent de leurs guerres et des morts qu'ils font par millions

Les monstres qui  jouissent de leurs guerres 
et des mort(e)s qu’ils font par millions…
eux, leurs prédécesseurs et leurs successeurs

Clic suivant : III 27. « Le récit de Soraya – 4. Ramadan » 

Françoise Petitdemange

 

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