Y avait-il une participation populaire dans ce coup d’Etat du 1er Septembre 1969 en Libye ?

Y avait-il une participation populaire
dans ce coup d’État du 1er Septembre 1969
en Libye ?

Telle est la question que se posent certaines personnes après la destruction de la Libye par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, pays sous-traitants d’un État anti-arabe du Proche-Orient, l’État sioniste, usurpateur de la Palestine : Israël. N’étant pas Libyenne, mais ayant eu accès à des documents précis, je puis répondre ainsi à cette question :

Il y avait une participation populaire dans ce coup d’État militaire révolutionnaire… Puisque presque tous les membres du « Mouvement des Officiers Unionistes Libres » étaient issus de milieux pauvres.
Hormis Omar El Mehaichi, dont la famille était composée de nombreux lettrés et appartenait aux Couloughli, d’origine Turque ; ce membre du CCR (Conseil du Commandement de la Révolution) avait servi la Révolution jusqu’à l’année 1976 où il avait quitté soudainement la Libye pour l’Égypte, et s’était retourné contre la RAL (République Arabe Libyenne) qui, depuis le début des années 1970, mettait en place une structure politico-économique horizontale, et non verticale, avec des Congrès Populaires de Base, des Comités Populaires de Base, et qui, en novembre 1976, devenait la RALPS (République Arabe Libyenne Populaire Socialiste) qui, le 2 mars 1977, deviendrait la JALPS (Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste). Hormis Mohammed El Mogarief, hélas décédé le 21 août 1972, qui appartenait à la tribu Sa’adi ; celle-ci était un pilier de la monarchie et un puissant soutien aux corps des Forces Mobiles de la hiérarchie supérieure de l’armée ; il n’empêche que Mohammed El Mogarief avait effectué un travail remarquable, en tant que ministre du Logement et des Municipalités… Hormis Abou Bakr Younis Jaber, de père libyen et de mère tchadienne, qui appartenait à la tribu prestigieuse de l’oasis d’Augila ; il sera ministre de la Défense, puis secrétaire du comité général à la Défense, commandant des Forces Armées.
Sur les 112 hommes, civils et militaires, qui avaient appuyé le groupe des douze, au moment de la Révolution, 20 % étaient d’origine bédouine, 75 % d’origine rurale, 5 % d’origine urbaine ou semi-urbaine. Bon nombre de ces hommes appartenaient à la classe la plus pauvre de la population.

1 - Démolition des bidonvilles en Libye (cd'é)

Avant la Révolution du 1er Septembre 1969, en Libye, les bidonvilles
que le CCR et le gouvernement ont décidé de démolir… pour permettre
au peuple libyen de vivre, enfin !

Dès l’annonce du coup d’État révolutionnaire, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux étaient allé(e)s dans les rues manifester leur joie. Christiane Souriau relate, en ces termes, les premiers moments de joie après la chute de la monarchie du roi fantoche Idriss 1er : « Ma arwa‛a l-h’urrîya ! » « Comme c’est beau, la liberté ! » « ar-rabî‛ fomm al-bâb ibân ! » « C’est le printemps qui paraît à notre porte ! » Et puis : « Les soldats sont fêtés en héros. Les étudiants expliquent. La jeunesse découvre la saveur de vivre à pleins bords, à l’échelle du pays, du monde arabe, à la dimension de ses propres aspirations. Un extraordinaire cortège de femmes dévoilées défile dans Tripoli et vient apporter solennellement le témoignage de son appui à la Révolution. » [Cité dans mon ouvrage La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011), Éditions Paroles Vives 2014, page 23.] Ce printemps de la liberté fut célébré par les anciens comme par les jeunes, tant il était le printemps de tous les espoirs. Ledit « printemps arabe » de 2011 est à l’opposé de celui de 1969 : sanglant, destructeur, colonial, il est le printemps de tous les désespoirs.

Les premières mesures prises par le CCR (Conseil du Commandement de la Révolution) et le gouvernement avaient été en faveur du peuple, à ce moment-là, quasiment analphabète. Pour remédier à cette situation, des cours du soir pour adultes avaient été créés ; l’âge de la majorité des filles et des garçons avait été reculé : ainsi, les fillettes avaient pu aller à l’école, et les jeunes filles au lycée, puis dans les universités. Etc. Etc. Etc.

Je ne puis reprendre les 542 pages de mon livre qui inclut des citations de cette époque, comprise entre 1969 et 2011, montrant que Muammar Gaddhafi n’avait rien d’un tyran ou d’un dictateur ou d’un assassin et que, si certains révolutionnaires de 1969 ont, au cours des 42 années, tourné le dos à leur jeunesse, d’autres, comme Abou Bakr Younis Jaber, sont restés fidèles à leur engagement jusqu’à la mort, en 2011.

Il suffit de penser à ce qu’a été la vie du peuple libyen de 1969 à 2010 et à ce qu’elle est devenue durant la guerre coloniale de 2011 et les années suivantes, 2012, 2013, jusqu’à cette année 2016, pour comprendre que la contre-révolution sanglante de 2011, si elle a permis à quelques arrivistes libyens, d’arracher le pouvoir des mains du peuple avec l’appui massif des bombes étrangères, ne leur permet pas de gouverner : ils n’avaient, ils n’ont aucune perspective d’avenir pour la population libyenne, ils n’auront jamais de perspectives d’avenir autres que celles que leur souffleront les colonisateurs français, britannique, états-uniens et quelques autres… pour le plus grand profit de la petite minorité de la bourgeoisie internationale et pour la plus grande misère de la majorité des populations du monde.
Le seul moyen pour le peuple libyen de continuer sa vie et de préparer celle des jeunes générations se trouve dans le fait de virer de son sol tous les colonisateurs et autres parasites du monde des affaires pour renouer les fils de son histoire et reprendre en mains son propre destin, en synergie avec les autres pays africains encore plus ou moins indépendants.
Et le peuple français, qu’attend-il pour faire de même ?

Suite : Libye – Sans la Révolution d’El Fateh, pas d’État des masses

Françoise Petitdemange
26 février-26 avril 2016


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