III 21. Une escale à Syrte

(Le torchon de papier d’A.C.)

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III 21. Une escale à Syrte

(Il est difficile de se représenter une file de caravanes remplies de très jeunes filles arrachées à leurs domiciles, à leurs écoles, à tout ce qui fait leur vie et destinées à faire passer du temps au Guide révolutionnaire, rentrant à Syrte, à Tripoli et ailleurs, puis en sortant sous les regards des Libyens, dont certains sont les pères de ces filles, et des Libyennes dont certaines en sont les mères – sans que ce manège ne provoque un tollé général…) « Au bout d’environ une heure de voyage, le camion s’est arrêté. On nous a fait descendre et on nous a réparties dans différentes voitures. Quatre par véhicule. C’est à ce moment-là que j’ai compris que nous formions un immense convoi et qu’il y avait plein de filles-soldats. Enfin, quand je dis soldats… Disons plutôt aux allures de soldats. La plupart n’avaient ni galons, ni armes. Peut-être, me disais-je, n’étaient-elles pas plus militaires que moi. J’étais en tout cas la plus jeune, ce qui faisait sourire certaines qui se retournaient pour m’observer. Je venais d’avoir quinze ans, il m’arrivera plus tard de croiser des filles qui n’en avaient que douze. » (PP.50-51) (Ce torchon de papier paraît s’inspirer des scènes du film Angélique, un navet en cinq épisodes dont le dernier s’intitule : Angélique et le sultan. L’histoire de “Soraya” ressemble étrangement à l’histoire d’Angélique, enlevée par des trafiquants qui se livrent à la Traite des femmes, jolies de préférence car destinées à être vendues au Sultan et à rejoindre la série de favorites dans son harem… D’où, sans doute, le titre du torchon de papier d’Annick Cojean où il est question de « proies » et de « harem de Kadhafi ».)

« À Syrte, le convoi s’est engouffré dans la katiba Al-Saadi, la caserne portant le nom d’un des fils de Kadhafi. On nous a vite attribué des chambres et j’ai compris que je partagerais la mienne avec Farida, l’une des gardes du corps de Kadhafi âgée de vingt-trois ans ou vingt-quatre ans. » (P.51) (Vraiment… Très discret ce convoi de femmes-esclaves trimballées jusque dans la ville où vit la tribu Gadhadhafa parmi d’autres tribus, jusque dans un lieu baptisé du nom de l’un des fils de Muammar et de Safiya Gaddhafi… Mais… la journaliste, ne fait-elle pas partie de ces femmes qui ne sont féministes que lorsqu’il s’agit de défendre la position sociale des femmes contre celle des hommes, dans la moyenne bourgeoisie (les femmes de la grande bourgeoisie n’ayant que fort peu besoin d’elles) ? et qui ne sont plus féministes lorsqu’un homme du peuple se prononce publiquement pour le respect de toutes les femmes – y compris, bien évidemment, des femmes du peuple – contre l’exploitation qui en est faite… Muammar Gaddhafi n’a cessé d’encourager les Libyennes à s’engager dans la vie politique.
Une fois la Révolution du 1er Septembre 1969 faite par des Libyens (un groupe de douze militaires, appuyé par une centaine de civils et de militaires), avec les seules armes dont ils pouvaient disposer dans un pays à structure monarchique où le monarque n’était qu’un roi fantoche, dans un pays occupé par des troupes étrangères (françaises, progressivement évincées par les troupes britanniques et, surtout, états-uniennes), Muammar Gaddhafi avait promis, à sa mère qui le lui avait demandé, de faire quelque chose pour les femmes : il avait tenu parole. Raison de plus, pour la journaliste, de rédiger un torchon qui fait accroire – à des lecteurs et lectrices de par le monde, peu exigeant(e)s sur la qualité de ce qu’ils-elles se mettent dans la tête – que Muammar Gaddhafi ne respectait pas les femmes. )

« Allongé sur un grand lit aux draps beiges, dans une chambre sans fenêtre et de la même couleur, il donnait l’impression d’être enfoui dans du sable. » (P.52) (Même l’ensevelissement du martyr Muammar Gaddhafi, en octobre 2011, dans un endroit du désert tenu secret par ses assassins – commanditaires occidentaux et exécutants libyens -, est utilisé dans ce torchon de papier. Cet homme a vraiment provoqué, 42 années durant, une peur bleue aux suppôts de la propriété privée des moyens de production et d’échange dans le monde et donc de l’exploitation de l’être humain par l’être humain.)

Le cinquième jour, on m’a conduite dans sa chambre au petit matin. Il prenait son petit-déjeuner : des gousses d’ail et du jus de pastèque, des biscuits dans un thé au lait de chamelle. » (P.53) (Les « gousses d’ail » et l’odeur de l’ail reviendront, dans ce torchon, comme une obsession : c’est une vieille scie ! Dès qu’il s’agit de faire passer les hommes issus du peuple pour des hommes grossiers et brutaux, la gousse d’ail n’est pas loin… À travers Muammar Gaddhafi, la journaliste Annick Cojean insulte les hommes du peuple, notamment les paysans, sans lesquels elle mourrait de faim.) « Le même soir, il m’a forcée à fumer. Il aimait, a-t-il dit, le geste des femmes aspirant une cigarette. Je ne voulais pas. Il en a allumé une et me l’a mise dans la bouche. « Aspire ! Avale la fumée ! Avale ! » Je toussais, ça le faisait rire. « Allez ! Une autre ! » (P.54) (Muammar Gaddhafi, au moment de la Révolution, dissuadait gentiment ses amis de fumer pour préserver leur santé. Mme Cojean est, ici, en plein fantasme : il faut absolument faire passer le Guide révolutionnaire pour un débauché, pire pour un criminel qui oblige une jeune fille de quinze ans, “Soraya”, à fumer et donc à détériorer sa santé…
Il est vrai que le Guide qui, pendant le long embargo contre la Libye (1992-2003), assurait le suivi des travaux de la Grande Rivière Artificielle, et qui, après cet embargo, était occupé par la construction, entre autres, de nouveaux aéroports à Benghazi, à Sebha et à Tripoli, n’avait rien d’autre à faire qu’à s’amuser aussi stupidement avec des gamines. Il faut que madame Cojean ne sache pas quoi faire de sa vie pour en venir à raconter des inepties pareilles.)

III 21. La Grande Rivière Artificielle en Libye

La Grande Rivière Artificielle

III 21. Aéroport de Tripoli (Libye), dont la mise en activité était prévue pour 2012
Le nouvel aéroport de Tripoli dont l’architecture
s’inspirait du vent, des dunes et de la mer
et dont l’achèvement était prévu pour 2012

« Le sixième jour, il m’a accueillie avec du whisky. « Il est temps que tu commences à boire, ma putain ! » C’était du [marque de publicité], une bouteille avec un trait noir que je reconnaîtrais n’importe où. J’avais toujours entendu dire que le Coran interdisait de boire de l’alcool et que Kadhafi était un grand religieux. À l’école et à la télévision, on le présentait comme le meilleur défenseur de l’islam, il se référait sans cesse au Coran, il menait des prières devant des foules. Le voir ainsi boire du whisky était donc inouï. Un choc comme vous n’en avez pas idée. Celui qu’on nous présentait comme le père des Libyens, édificateur du droit, de la justice et détenteur de l’autorité absolue, violait donc toutes les règles qu’il professait ! Tout était faux. Tout ce que mes professeurs enseignaient. Tout ce en quoi mes parents croyaient. Oh ! me disais-je, s’ils savaient ! Il m’a servi un verre. « Bois, salope ! » J’ai trempé mes lèvres, senti une brûlure, et détesté le goût. « Allez bois ! Comme un médicament ! » (P.54) (Étonnante cette phrase de “Soraya” à propos de ses parents : « Tout ce en quoi mes parents croyaient. » Alors qu’elle a dit et redit que sa mère le détestait… Toute sa vie, Muammar Gaddhafi est resté respectueux envers le Coran dans lequel, enfant né de pauvres gens, il avait appris à lire. La Constitution de la République Arabe Libyenne, comme celle de la Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, s’appuyait sur le livre sacré des Musulman(e)s. Mais cela ne faisait pas de la société libyenne une société fermée. Tout au contraire ! Beaucoup plus ouverte sur le monde que nos prétendues démocraties laïques occidentales.
Muammar Gaddhafi était un croyant pratiquant, sans œillères. Raison de plus, pour A. C., de faire passer le Guide révolutionnaire pour un hypocrite, pour un apostat, pour un criminel : après avoir forcé ladite « Soraya » à fumer et à avaler la fumée, le voici qui la force à boire de l’alcool, au mépris des règles coraniques. À travers le Guide révolutionnaire, il s’agit de mettre dans la bouche d’un mort, qui, donc, ne peut plus parler, de terribles insultes qui ne peuvent que se retourner contre le peuple libyen et d’attaquer, tous azimuts, la société libyenne dans son ensemble. C’est que le camp capitaliste-impérialiste-colonialiste bat de l’aile… et que les nouvelles générations ne se contenteront pas toujours des médias-menteurs qui les maintiennent, dans ce camp des maîtres et des esclaves.)

Clic suivant :  
III 22. « Le récit de Soraya » 3 Bab Al-Azizia

Françoise Petitdemange

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