III 20. « Le récit de Soraya » – « 2. Prisonnière »

(Le torchon de papier d’A.C.)

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III 20. « Le récit de Soraya » – « 2 Prisonnière »
2
PRISONNIÈRE

(“Soraya”  avait quitté le salon de coiffure contre l’avis de sa mère… Voici comment elle raconte la suite 🙂 « Nous avons roulé longtemps. Je n’avais pas idée de l’heure mais cela m’a semblé interminable. Nous avions quitté Syrte et foncions à travers le désert. Je regardais droit devant moi, je n’osais pas poser de questions. Et puis nous sommes arrivés à Sdadah, dans une sorte de campement. Il y avait plusieurs tentes, des 4 X 4, et une immense caravane, ou plutôt un camping-car extrêmement luxueux. Mabrouka s’est dirigée vers le véhicule en me faisant signe de la suivre, et j’ai cru apercevoir, dans une voiture faisant demi-tour, l’une des écolières qui avaient été choisies comme moi, la veille, pour accueillir le Guide. » (P.41) (Une vidéo est apparue sur Youtube, en 2011, montrant Muammar Gaddhafi retiré dans le désert pour s’y ressourcer, et buvant le thé, à proximité d’un modeste mobil home, en compagnie d’un journaliste auquel il avait accepté d’accorder un entretien. Cette vidéo paraît avoir donné des idées à la journaliste Annick Cojean pour tenter d’apporter quelque crédibilité à son conte.)

III 20-1. Une autre partie du Mobil Home dans lequel Muammar Gaddhafi venait se ressourcer

1 – Le mobil home dans lequel Muammar Gaddhafi venait se ressourcer
(Vidéo qui situe la scène dans les années 1970-80)
(capture d’écran FP)

III 20-2. Interview dans le désert, près d'un mobilhome

2 – Muammar Gaddhafi avec son interlocuteur,
près du
mobil home : il servira lui-même le thé. (Même vidéo).
Au fond, le cheval sur lequel il est arrivé
(capture d’écran FP) 

(L’absence ou, plutôt, la disparition d’une jeune fille, voire de deux, de trois, etc., qui ne rentrent pas au domicile familial et qui n’y rentreront plus pendant des jours, des semaines, des mois, des années, ne peut passer inaperçue aux yeux de leurs propres familles comme aux yeux des autres familles, aux yeux de leurs propres clans comme aux yeux des autres clans, aux yeux de leurs propres tribus comme aux yeux des autres tribus. L’absence de ces écolières qui désertent leurs écoles durant des jours, des semaines, des mois, des années, ne peut être tue par les parents, les frères et sœurs, les autres camarades d’école, les professeurs, les directeurs d’établissement, etc. “Soraya”, qui évoque ici le rapt de « l’une des écolières » (P.41) avec lesquelles elle avait prétendument remis un bouquet au Guide libyen, ne parlera plus jamais de cette écolière, dans son récit…)

« Mouammar Kadhafi était à l’intérieur. Assis sur un fauteuil de massage rouge, la télécommande à la main. Impérial. Je me suis avancée pour embrasser sa main qu’il a tendue mollement en regardant ailleurs. « Où sont Faïza et Salma ? » a-t-il demandé à Mabrouka d’une voix irritée. « Elles arrivent. » J’étais stupéfaite. Pas le moindre regard vers moi. Je n’existais pas. Plusieurs minutes se sont écoulées. Je ne savais pas où me mettre. Il a fini par se lever et m’a demandé : « D’où est ta famille ? » – De Zlinten. » (PP.41-42) (Muammar Gaddhafi était le Guide révolutionnaire de la Libye. Raison de plus, pour Mme Cojean – à l’instar de quelques autres de ses collègues – d’utiliser le qualificatif « Impérial » à l’opposé de ce que Muammar Gadhafi était politiquement… La moyenne bourgeoisie pardonne – encore moins que la grande – aux personnes issues du peuple de vivre dans la dignité : de suite, elle disqualifie ces personnes. À la question, “Soraya”  répond : « De Zlinten » ? Le père de “Soraya”, était-il de Syrte ou de Zlinten ?
Le petit boulot de Guide révolutionnaire ? C’est “Cool”… Regarder la télévision en attendant de « lutiner » les filles… Quel passe-temps pour un homme dont la pensée, la parole et l’action dépassent celles des chefs des États capitalistes qui, eux, ont besoin d’une cohorte de serfs(serves) pour penser, parler et agir en avançant de trois pas et en reculant de dix. Quant aux Femmes en armes, qui partageaient leur vie entre leur domicile familial, leur lieu de travail (lycées, hôpitaux, usines, etc.) et leur caserne de ralliement, elles n’avaient que cela à faire : préparer des filles pour leur « maître » !… En rédigeant son torchon, la journaliste a dû confondre Muammar Gaddhafi avec un certain Strauss-Kahn…
L’époque dont il est question, ici, est celle des lendemains du long embargo qui a duré de 1992 à 2003, de la construction de la Grande Rivière Artificielle, des Sommets qui rassemblaient les chefs des États africains dans le cadre de l’Union Africaine en vue de la constitution des États-Unis d’Afrique, du projet de création d’une monnaie commune : le dinar-or, et de la formation d’une Armée commune. C’est aussi l’époque où Muammar Gaddhafi réfléchissait à l’élaboration et à la construction d’infrastructures permettant un développement de tout le continent au service des peuples africains ; il étudiait notamment les possibilités d’irriguer les pays africains, dénués de la moindre goutte d’eau, par les pays africains très pourvus en lacs, fleuves, rivières, etc. Mme Cojean, qui ne connaît rien à rien de la Libye et de l’Afrique ne peut imaginer qu’un Muammar Gaddhafi très désœuvré… qui ne pensait à rien, qui ne parlait de rien et qui n’agissait en rien… D’ailleurs, le Guide révolutionnaire était tellement désœuvré… qu’après sa mort, les chefs d’États africains se révèlent incapables de reprendre le flambeau de l’Union Africaine, de continuer le travail d’élaboration des États-Unis d’Afrique et remettent tout dans les mains des colonisateurs occidentaux !)

(Pendant deux jours, “Soraya” est prisonnière dans le désert. Les Femmes en armes sont transformées,  d’après A. C., en maquerelles violentes, pourvoyeuses de jeunes filles, et Muammar Gaddhafi en homme lubrique.)
« J’étais encore secouée de sanglots quand l’infirmière blonde, que je n’oublierai jamais, s’est assise près de moi et m’a caressée doucement. « Que s’est-il passé ? Raconte-moi. » Elle parlait avec un accent étranger, j’ai su plus tard qu’elle était ukrainienne, au service du Guide, et qu’elle s’appelait Galina. Je n’ai rien pu lui dire, mais elle a deviné et je la sentais furieuse. » (P.46)
(Pour faire vrai, “Soraya”-Cojean utilise le prénom de l’infirmière ukrainienne, Galina, dont la plupart des Français(es) ont entendu parler, à la fin février 2011, au moment où elle a pris l’avion pour rentrer dans son pays, alors que la guerre civile avait été déclenchée et que la guerre coloniale était envisagée contre la Libye. Des photos, grossièrement truquées, ont laissé croire à une idylle entre cette infirmière et le Guide révolutionnaire. L’image d’une blonde aguicheuse, portant la mention : « Femme-Russe-.com », tout droit sortie du catalogue d’une agence proposant des jeunes filles et jeunes femmes pour des rencontres coquines, mêlée aux photos de la modeste Galina, tend à faire accroire qu’il s’agit de la même personne. Il y a, sur Internet, une production, par l’utilisation des images comme par celle des homonymies, de confusions d’identités… Le système capitaliste brinquebalant, pour se maintenir, ne recule devant aucune falsification : ici pour faire vendre du papier… et salir la réputation d’un opposant politique au capitalisme-à l’impérialisme-au colonialisme. (Les références de certaines images, qui – sauf indication « capture d’écran » faite à partir de telle ou telle vidéo – ne sont pas de moi, ont été volontairement laissées.).)

III 20-3. Galina Kolotnitska, infirmière ukrainienne

Galina Kolotniska, infirmière ukrainienne

 

III 20-4. eGhqb3dxMTI=_o_galina-kolotnitska-la-voluptueuse-infirmire-ukrainienne

La pseudo Galina Kolotniska
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(Cette photo a été reprise dans de nombreux journaux et magazines en 2011 :
en France, dans « 7 sur 7 » et « L’Est Républicain »… sans l’inscription ! en Belgique, etc.)

 

III 20-5. kadhafi_voici

Image, grossièrement truquée “à la Une” d’un magazine,
à partir de deux images :
l’une de la fausse infirmière ukrainienne,
l’autre de Muammar Gaddhafi extraite de son contexte.
À image truquée, légende grossièrement sulfureuse

(Revenons au conte de la journaliste Annick Cojean et de son « héroïne » : l’hypothétique “Soraya”. Un changement de lieux se prépare…) « Au moins, on quittait cet affreux endroit au milieu de nulle part pour se rapprocher de la maison. J’ai couru me laver un peu, j’ai revêtu l’uniforme kaki semblable à celui des gardes du corps de Kadhafi, et j’ai rejoint le salon où cinq autres filles, également en uniforme, regardaient distraitement la télévision. Elles avaient des téléphones portables à la main et je brûlais d’envie de leur demander d’appeler maman, mais Mabrouka surveillait et l’ambiance était glaciale. Le camping-car a démarré, je me laissais porter, cela faisait longtemps que je ne contrôlais plus rien. » (P.50) (Il serait étonnant qu’en Libye, des filles aussi jeunes mais, surtout, sans la moindre formation au maniement des armes et sans le moindre engagement volontaire pour défendre leur pays – comme l’était “Soraya” -, eussent pu revêtir l’uniforme. Les gardiennes de la Révolution ou gardes du Guide étaient des militaires, à mi-temps ou à plein temps. Pourquoi “Soraya” dit-elle « cela faisait longtemps que » alors que cela fait deux jours qu’elle a quitté le domicile familial ? Voire…)

Clic suivant : III 21. Une escale à Syrte

Françoise Petitdemange


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