III 15. Avec « Soraya »-Cojean… « La machine à ragots est perpétuellement en marche »

III 15. Machine à bulles... ou à ragots
La machine à bulles
ou « la machine à ragots » de « Soraya »-Cojean

(Le torchon de papier d’A.C.)

*

III 15. Avec « Soraya »-Cojean…
« La machine à ragots est perpétuellement en marche »

« À l’école en revanche, c’était l’adoration. Son image était omniprésente ; nous chantions l’hymne national chaque matin devant son immense poster accolé au drapeau vert ; on criait : « Tu es notre Guide, on marche derrière Toi, blablabla » ; et en classe ou à la récréation, les élèves se gargarisaient de « mon cousin Mouammar », « mon tonton Mouammar », tandis que les profs en parlaient comme d’un demi-dieu. Non, comme d’un dieu. Il était bon, il veillait sur ses enfants, il avait tous les pouvoirs. » (P.30)
(Certainement pas ! Dès après la Révolution du 1er Septembre 1969, la structure politique est devenue – avec la sortie progressive du peuple libyen de l’analphabétisme grâce à l’organisation de cours du soir pour adultes et à la construction d’écoles et d’universités – de plus en plus horizontale avec la création des CPB (Congrès et Comités Populaires de Base) et la tenue, une ou deux fois par an, d’un CGP (Congrès Général du Peuple). Depuis la création de l’État des masses, le 2 mars 1977, le pouvoir était entre les mains du peuple. Par ailleurs, Muammar Gaddhafi, étant croyant, la seule idée que les habitant(e)s de Libye le prennent pour un « demi-dieu » ou un « dieu », aurait été, pour lui, un sacrilège à l’égard d’Allah.
Heureusement que la journaliste écrit dans le Prologue de son torchon : « Je n’étais pas une spécialiste de la Libye. C’est même la première fois que j’y débarquais » (P.11), sans quoi nous n’aurions pas deviné qu’elle ne connaît rien à la Libye… Mais alors, le travail d’une journaliste digne de la fonction, n’est-il pas de s’informer au-delà d’une seule personne – toujours en admettant que celle-ci existe – et au-delà des ragots qu’elle s’emploie à colporter comme étant au service d’une idéologie ? Où sont les documents ? Un témoignage fait dans l’anonymat n’a aucune valeur historique. Et c’est ce genre de torchon de papier qui est poussé par les médias et recueille des prix…)

(Quant à ce que raconte la prétendue “Soraya”…) « Nous devions tous l’appeler « papa Mouammar ». Sa stature nous paraissait gigantesque. » (P.30)
(Ses amis, compagnons de Révolution, et les Libyen(ne)s l’appelaient « Akh Muammar », (« Frère Muammar »), plutôt que « Colonel Gaddhafi » ; aucun document libyen, parmi tous ceux que j’ai pu consulter, ne mentionne l’utilisation de l’expression « papa Mouammar ». Si cette expression avait la moindre véracité, les rebelles libyens ne se seraient pas gênés, en 2011, pour la rappeler et s’en gausser ; or, à ma connaissance du moins, ils n’en ont jamais rien fait.
Ceux-celles qui l’ont approché ont parlé d’un homme tout autre que celui décrit dans le torchon de papier de la “journaliste” . Ce qui m’a permis d’écrire : « Muammar Gaddhafi demeure, au plus profond de son être, un homme du peuple. Edmond Jouve écrit : « Chez Kadhafi, il y a du prophète. Attaché à son peuple, il entend améliorer ses conditions de vie, lui qui, en faisant appel à ses souvenirs, sait ce que pauvreté veut dire. ». » [Françoise Petitdemange, La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011)Éditions Paroles Vives 2014, page 420.]
Des vidéos ont montré le Guide révolutionnaire vêtu simplement – lorsqu’il n’était pas en visite dans d’autres pays ou lorsqu’il ne recevait pas de chefs d’État ou de gouvernement – et, malgré les nombreuses tentatives d’attentat contre sa personne, il lui arrivait de discuter dans les rues
avec les passant(e)s. 

« Nous avions eu beau déménager à Syrte pour nous rapprocher de la famille et nous sentir plus intégrés au sein d’une communauté, la greffe n’a pas pris. » (P.30)
(Parce que la mère de “Soraya” détestait tout ce qui se rattachait à la Libye, ne se plaisant ni « à Marag, une bourgade de la région du Djebel Akhdar, la Montagne Verte », ni « à Benghazi », ni « à Syrte », parce qu’elle était déçue par son mariage qui ne lui permettait pas de vivre la vie avec les copines à Paris – mais quelle vie aurait-elle eue, à Paris, en tant que coiffeuse ? –, un Paris dont, sans doute, elle ne chérissait que des images d’Épinal… la vie familiale est probablement devenue un enfer, à Syrte comme à Benghazi comme à Marag.)
« Les gens de Syrte, auréolés de leur parenté ou proximité avec Kadhafi, se sentaient les maîtres de l’univers. Disons des aristos, familiers de la cour, face aux ploucs et aux manants issus des autres villes. Vous arrivez de Zliten ? Grotesque ! De Benghazi ? Ridicule. De Tunisie ? La honte ! » (PP.30-31) (Non ! La Libye n’était pas une monarchie, ni absolue, ni constitutionnelle ; dès la Révolution du 1er Septembre 1969, elle est passée d’une monarchie féodale à une république puis, le 2 mars 1977, à un État des masses, une Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, une véritable démocratie directe. En faisant passer… les « gens de Syrte » pour « les maîtres de l’univers », et pour « des aristos, familiers de la cour, face aux ploucs et aux manants issus des autres villes », la journaliste plaque sur les « gens de Syrte », à l’égard des « ploucs », des « manants » – termes qui ont un sens historique précis en France à une époque bien déterminée mais qui sont complètement inappropriés en Libye -, sa propre haine à la fois des « gens de Syrte » et des gens modestes. Il y a quelque chose de vicieux dans l’idéologie occidentale, matraquée avec des buts destructeurs, et qui affirme le contraire de la réalité : l’idéologie capitaliste-impérialiste-colonialiste est anti-matérialiste, anti-historique et anti-dialectique.
“Soraya” ou la journaliste tend à laisser croire que les habitant(e)s de Syrte avaient une haine de classe à l’égard des personnes venues d’une autre ville que Syrte, d’une autre région que la Tripolitaine, doublée d’une xénophobie à l’égard d’autres Africain(e)s, comme les Tunisien(ne)s proches voisin(e)s de leur pays… Or, les discours, les Congrès Généraux du Peuple, les fêtes avaient lieu, tantôt en Cyrénaïque, tantôt en Tripolitaine, tantôt au Fezzan, tantôt dans une ville, tantôt dans une autre…
Outre que le projet en cours de réalisation, en 2011, de la création des États-Unis d’Afrique s’accompagnait d’un rapprochement entre les pays africains, ce projet ne pouvait supporter la moindre haine ou le moindre mépris à l’égard des autres pays africains, de nombreux Tunisiens travaillaient en Libye et s’y trouvaient bien. Les médias français ont suffisamment reproché, au Guide libyen, ses relations avec les chefs d’État des autres pays africains, notamment avec le président de la République Tunisienne, Zine el-Abidine Ben Ali, et avec le président de République Arabe d’Égypte, Hosni Moubarak, pour que les lecteurs et lectrices averti(e)s ne croient pas un mot de ce que Mme Cojean avance, toujours sans aucune preuve. Mme Cojean, ne connaissant rien à la Libye, projette sur les habitant(e)s de Libye une haine de classe qui existe, d’abord et avant tout, dans les pays capitalistes, impérialistes colonialistes.)

« Maman, décidément, et quoi qu’elle fasse, était source d’opprobre. Et quand elle a ouvert, au centre-ville, pas loin de notre immeuble de la rue de Dubaï, un joli salon de coiffure dans lequel les élégantes de Syrte se sont pressées, le mépris n’a fait que croître. (Si elle avait été « source d’opprobre », elle n’aurait pu ouvrir un salon de coiffure car elle n’aurait eu personne pour le fréquenter.) Elle avait du talent, pourtant. Tout le monde reconnaissait son habileté à faire les plus jolies coiffures de la ville, et des maquillages fabuleux. Je suis même certaine qu’on l’enviait. Mais vous n’avez pas idée comme Syrte est écrasée par la tradition et la pudibonderie. Une femme non voilée peut se faire insulter dans la rue. Et même voilée, elle est suspecte. » (P.31) (Ceci est en totale contradiction avec les livres écrits sur la Libye par des personnes comme Maria Wassink-Graeff, épouse de Christian Graeff ambassadeur de France en Libye entre 1982 et 1985, et avec les documents libyens qui traitent de la Révolution du 1er Septembre et des principes de l’État des masses. Ceci dit : dans l’État des masses, pays africain mais aussi arabo-musulman, la prostitution et la pornographie étaient interdites, la femme devait être respectée.) « Que diable fait-elle dehors ? Ne cherche-t-elle pas l’aventure ? N’entretient-elle pas une liaison ? Les gens s’espionnent, les voisins observent les allées et venues de la maison d’en face, les familles se jalousent, protègent leurs filles et cancanent sur les autres. La machine à ragots est perpétuellement en marche. » (P.31)  (Vraiment ? Les Libyens et les Libyennes n’avaient que cela à faire : espionner, observer, se jalouser, cancaner ? Quant aux familles qui « protègent leurs filles »… Ces trois mots sont révélateurs parce qu’ils sont en totale contradiction avec tout ce que “Soraya” – au faux prénom, sans nom et sans visage – prétendra raconter dans la suite et qui fera la partie principale du conte de la journaliste. « La machine à ragots »… En Libye, je ne sais ? Dans ce torchon de papier, c’est certain ! Et “Soraya”-Cojean n’affiche qu’un immense mépris pour la population libyenne en particulier et arabo-musulmane en général. Jamais rien de positif sur la Libye révolutionnaire de 1969 à 2011 ?)         

« À l’école, c’était donc double peine. (Expression très française… Mais, au fait, “Soraya”, qui a été arrachée à son lycée et qui n’a pu fréquenter l’université, avait appris le français comment ?, pour que Mme Cojean puisse écrire « sous sa dictée » (P.21) sans qu’elle fasse mention d’un interprète…)  J’étais non seulement « la fille de la Tunisienne » mais en plus « la fille du salon ». On me mettait toute seule sur un banc, toujours à l’écart. Et je n’ai jamais pu avoir une copine libyenne. » (P.31) (Étrange… cette expression de “Soraya” : « je n’ai jamais pu avoir une copine libyenne » comme si elle n’était pas Libyenne elle-même… Autre chose : comme sa mère, elle déteste la Libye. Difficile, alors, de nouer la moindre relation de camaraderie avec une autre élève libyenne ou pas, d’ailleurs…) « Un peu plus tard, j’ai heureusement sympathisé avec la fille d’un Libyen et d’une Palestinienne. Puis avec une Marocaine. Puis avec la fille d’un Libyen et d’une Égyptienne. Mais avec les filles du coin, jamais. Même quand j’ai menti, un jour, en disant que ma mère était marocaine. Cela me semblait moins grave que tunisienne. Mais ce fut pire. » (PP.31-32) (Pourquoi “Soraya”, éprouve-t-elle le besoin de mentir ? Sa mère, n’était-elle pas marocaine de naissance, tunisienne par les parents, et peut-être libyenne par mariage… Dans la Libye révolutionnaire (1969-2011), où il y avait des habitant(e)s originaires d’autres pays africains, de pays asiatiques, de pays arabes… il n’y avait vraiment pas, là, de quoi mentir aux copines, même libyennes de père et de mère.
Alors ? 
Sans doute, Mme Cojean veut-elle absolument faire passer les habitant(e)s de Syrte pour des gens xénophobes, racistes…)

Clic suivant : III 16. Le salon de coiffure ? Encore un lieu d’adversité !

http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr/#LA_LIBYE_REVOLUTIONNAIRE_.A

Françoise Petitdemange 

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