III 12. Le refuge dans l’Imaginaire… pour fuir la réalité

(Le torchon de papier d’A.C.)

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III 12. Le refuge dans l’Imaginaire…
pour fuir la réalité

III 12. Miroir...  Miroir…rioriM

(La jeune fille, apprentie coiffeuse à Paris, est devenue coiffeuse en Libye. “Soraya” la décrit comme une épouse et mère tournée vers un passé qui n’était peut-être qu’une illusion et transformant le présent en cauchemar 🙂
« Elle a continué à broyer du noir et rêver de Paris. À nous, les petits, elle racontait ses promenades sur les Champs-Élysées, le thé avec ses copines à la terrasse des cafés, la liberté dont disposent les Françaises, et puis la protection sociale, les droits des syndicats, les audaces de la presse. » (P.27)
(Les sorties avec les copines n’ont souvent qu’un temps : le mariage a vite fait de séparer les meilleur(e)s ami(e)s. Ainsi va la vie. La vie d’une jeune fille qui va « avec ses copines à la terrasse des cafés » n’est pas celle d’une femme mariée qui, bientôt, doit faire face aux naissances, c’est-à-dire à la mise au monde d’autres êtres.
La jeune fille, née de parents tunisiens mais au Maroc où vivait sa grand-mère – dans un pays dont la monarchie n’est pas des plus modernes –, et qui n’était à Paris que le temps d’un stage d’apprentie coiffeuse, en savait des choses ! Étrange tout de même… cette jeune fille venue effectuer un stage dans la coiffure, et qui aurait connu, sur le bout du doigt, le catalogue des droits sociaux et syndicaux français mieux que ses collègues françaises !…
Il y a tout lieu de penser que la phrase sur « la liberté dont disposent les Françaises » et sur « la protection sociale, les droits des syndicats, les audaces de la presse » est risiblement issue de la plume d’une “Soraya”-Cojean qui place, ici, son couplet sur la liberté… oubliant de préciser que la liberté, en France, n’est que relative et qu’elle existe surtout pour les personnes fortunées, que les droits sociaux ne sont là que pour éviter aux pauvres de mourir de leur exclusion d’un système qui les utilise et les jette, que les droits syndicaux sont limités, et que les audaces de la presse se résument souvent à la tromperie et à la vulgarité.
Si la journaliste s’était renseignée sur les prestations sociales dans la Libye révolutionnaire (1969-2011), elle aurait pu se rendre compte que la Libye n’avait rien à envier à la France et qu’il y avait, dans l’État des masses, des syndicats d’ouvriers, d’enseignants, etc. Mais plutôt que de se renseigner, elle a préféré ragoter – peut-être sous le prénom d’emprunt “Soraya” – contre la Libye de 1969 à 2011, contre la Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste et contre Muammar Gaddhafi.)

« Paris, Paris, Paris… Ça finissait par nous casser les pieds. Mais mon père culpabilisait. Il a envisagé de lancer une petite affaire à Paris, un restaurant dans le XVe arrondissement que maman aurait pu tenir. Hélas, il s’est rapidement disputé avec son associé et le projet est tombé à l’eau. Il a aussi failli acheter un appartement à la Défense. Ça coûtait 25.000 dollars à l’époque. Il n’a pas osé et le regrette toujours. » (PP.27-28)
(L’« employé d’ambassade » – s’il n’est pas qu’un personnage de conte – devenu l’époux d’une femme ressassant son bref séjour de jeune fille à Paris, devenu aussi le père de quelque sept enfants dont “Soraya”, a été partagé entre la Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, opposée à toutes les formes d’exploitation, et les principes contraires d’une pseudo-démocratie française, dont la politique et l’économie reposent sur l’exploitation de l’être humain par l’être humain (sur le capitalisme, l’impérialisme, le colonialisme), et qui avait colonisé son pays. Cet homme, à ce que laisse entendre sa fille, “se pliait en quatre” pour une épouse jamais contente à force de vivre dans un Paris imaginaire, dans un Paris dont la réalité lui avait complètement échappé.

Bref ! La famille est installée dans la plus grande ville de la Cyrénaïque.) « C’est donc à Benghazi que j’ai mes premiers souvenirs d’école. » (P.28)

Il a déjà été vu par “Soraya” que le père, Libyen, n’est pas très à la hauteur des désirs toujours insatisfaits de sa mère. “Soraya” ajoute quelques précisions 🙂 « Papa ne gagnait pas bien sa vie. Et le travail de maman est devenu indispensable. C’est même sur elle qu’ont bientôt reposé les finances de la famille. Elle bossait jour et nuit, continuant d’espérer que quelque chose allait se passer qui nous emmènerait loin de la Libye. » (P.28)
(Il y a chez “Soraya” comme une pointe de mépris à l’égard de son père. Il est évident que, dès avant son mariage, la jeune Marocaine s’était mise à fantasmer sur la France, sur sa capitale vue par les yeux d’une jeune fille venue pour un stage donc pour une courte durée, et que, dès après son mariage, elle s’est mise à détester la Libye vue par les yeux d’une jeune femme mariée estimant avoir été « flouée », « piégée », et ayant des enfants et des responsabilités concrètes et humaines.
Cependant, “Soraya” fait l’impasse sur toutes les mesures révolutionnaires prises de 1969 à 2011 : en Libye, le logement était un droit fondamental ; l’État des masses bannissait l’exploitation de l’être humain par l’être humain ; les familles nombreuses pouvaient acheter les produits de première nécessité à moitié prix ; l’eau, l’électricité, le chauffage, à usage domestique, étaient gratuit(e)s ; l’éducation et la santé étaient gratuites ; les familles libyennes recevaient, sur présentation du livret de famille, une allocation mensuelle de 300 euros pour vivre décemment ; en conformité avec la loi musulmane, les banques libyennes accordaient des prêts sans intérêt ; les citoyens et citoyennes de Libye n’avaient pas d’impôt à payer, pas de TVA non plus ; l’État des masses, c’était la prise en mains, par les habitant(e)s de la Libye, de leur propre destin. Etc. Malgré tout cela, la Libye était, en décembre 2010, le pays le moins endetté de la planète. Mais Mme Cojean, journaliste trop intéressée par le fait de décrire une Libye dirigée par un dictateur épouvantable, ne parle surtout pas de cela…)

Clic suivant : III 13. De Benghazi à Syrte

Françoise Petitdemange 

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