III 6. Un conte diffamatoire n’est pas un document

(Le torchon de papier d’A.C.)

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III 6. Un conte diffamatoire n’est pas un document

« Le témoignage de Soraya est courageux et devrait être lu comme un document. »
(Qu’est-ce qu’un « document » ? Le mot lui-même vient du latin « documentum », de « docere », qui veut dire « instruire. » Un document est un… « Renseignement écrit, servant de preuve ou d’information : document historique. » Ou bien un… « Objet quelconque qui sert de preuve : documents photographiques. » Ou encore un… « Titre qui permet d’identifier des marchandises pendant leur transport. » (Nouveau Petit Larousse, 1968, Librairie Larousse, page 328.) Un document est lié à des sources produisant des informations précises, des preuves irréfutables. Un témoignage est la relation qu’une personne fait de ce qu’elle a vu et entendu. Un témoignage ne prouve rien ; qu’il vienne d’une personne ou de 50 ne suffit pas : les allégations doivent être étayées par des preuves irréfutables. Le témoignage de “Soraya”, dont le prénom est inventé et le nom… tenu secret, même relayé par une journaliste, ne vaut que ce qu’il vaut. De toute évidence, la journaliste ne voit aucune différence entre le document et le témoignage. Le récit anonyme, c’est plus simple pour faire avaler ce qu’il faut faire avaler aux lecteurs et lectrices ; sans compter que le récit graveleux anonyme, devenu texte écrit, traduit et relayé par les médias, ça rapporte !)

« Je l’ai écrit sous sa dictée. Elle raconte bien, elle a aussi une excellente mémoire. »
(Une litanie d’accusations, sans preuves d’aucune sorte, ne peut trouver une garantie d’authenticité dans le fait d’avoir été écrite sous la dictée. Voilà “Soraya”, placée sous le jugement de la journaliste : « elle raconte bien », c’est-à-dire ? « Bien », selon l’idéologie à répandre dans les pays occidentaux, dans le monde arabo-africain, voire dans le monde entier si possible. Chacun(e) sait qu’un récit, qui plus est, reposant sur une seule personne se réfugiant dans l’anonymat, et mettant en cause une personne qui ne peut plus réfuter, l’une après l’autre, les accusations dont elle est l’objet, est à lire avec beaucoup de circonspection. Quant à l’« excellente mémoire » de “Soraya”, il est permis d’en douter… Ladite “Soraya”, aurait-elle pris des notes durant toutes ces années pour raconter, par le menu détail, tout ce dont elle aurait été la victime ? Ni Annick Cojean, ni “Soraya” n’évoquent une quelconque prise de notes au moment des faits supposés.)

« Et elle ne supporte pas l’idée d’une conspiration du silence. Il n’y aura sans doute pas de cour pénale pour lui rendre justice un jour. » 
(La simple évocation de la CP (Cour Pénale) qui aurait pu avoir à juger du récit d’une jeune fille, repris par une journaliste, voilà qui peut en imposer aux lecteurs et lectrices. Mais comme Mme Cojean n’est pas encore tout à fait bonne à enfermer aux Petites Maisons, elle prend les devants : « Il n’y aura sans doute pas de cour pénale pour lui rendre justice un jour. »
Las ! Et la CPI ne juge, sur commande des chefs d’États occidentaux, que des chefs d’États du continent africain et des pays ayant appartenu naguère au « bloc de l’Est » (URSS et Yougoslavie). Cependant, si Muammar Gaddhafi, Guide révolutionnaire d’un pays africain, était passé devant la CPI, il aurait fait des révélations plus que gênantes pour les chefs d’États occidentaux englués, depuis des siècles, dans leurs crimes esclavagistes, coloniaux et néo-coloniaux, dans leurs massacres des populations et leurs crimes de guerre. C’est la raison pour laquelle ces chefs d’États occidentaux, français, britannique, états-unien de 2011, ont préféré donner l’ordre à leurs mercenaires de le frapper, de le martyriser et de l’assassiner : ainsi, leur pire ennemi d’avoir été l’ami des peuples du monde, Muammar Gaddhafi, ne peut plus parler.

« Peut-être même la Libye n’acceptera-t-elle jamais de reconnaître la souffrance des « proies » de Mouammar Kadhafi et d’un système créé à son image. » (P.21) (Voici une phrase tout droit sortie des services idéologiques à la solde desquels se trouve Mme Cojean 🙂 « la Libye n’acceptera jamais de reconnaître la souffrance » « des proies » « de Mouammar Kadhafi » « et d’un système créé à son image », (celle de Gaddhafi, bien sûr…)
Où sont les « proies » de Mme Cojean ? Jusqu’ici, il n’est question que d’un prénom inventé, « Soraya », et d’un récit qui tarde à venir.
À propos de « proies »… Mme Cojean, n’a-t-elle pas vu le « Monument de la Souffrance du peuple libyen » érigé, à Tripoli, après le bombardement anglo-saxon de 1986 qui a pris, pour « proies », hommes, femmes, enfants, dans la population civile et qui a fait une centaine de morts ? Puisque dépêchée par son journal, n’a-t-elle pas vu la « souffrance des « proies » » que les bombes occidentales ont visées durant toute l’année 2011 ? Sans oublier qu’en 2016, les chefs d’États occidentaux, considérant que le peuple libyen, fidèle à la Jamahiriya et à Feu Muammar Gaddhafi, n’a pas été génocidé par les bombes de 2011, estiment nécessaire d’envoyer de nouvelles bombes. Non pas pour mettre les groupes armés de Daesh hors d’état de nuire mais pour assassiner les Libyens et Libyennes qui ne veulent, ni de la pseudo-démocratie occidentale imposée par les forces armées étrangères, ni d’un nouveau roi fantoche à la botte des ex-puissances colonisatrices (française, britannique, états-unienne), et qui tentent de rétablir leur démocratie directe, populaire, socialiste.

Il ne faut vraiment rien connaître de l’histoire de la Libye, entre les années 1969 et 2011, pour écrire, imprimer, publier des incongruités comme celles qui remplissent les pages du torchon de papier d’A.C.
Puisqu’il est question de Muammar Gaddhafi et « d’un système créé à son image »
Oui, de nombreuses Libyennes ont souffert, en 1969, d’aller fêter, sans leur voile, dans les rues, la Révolution du 1er Septembre ; oui de nombreux Libyens ont souffert de voir, dès après cette Révolution, les salaires les plus modestes doubler. De nombreuses familles libyennes ont terriblement souffert de passer des bidonvilles à des appartements ou à des maisons.
Les adultes ont encore plus souffert de pouvoir aller à des cours du soir pour sortir de l’analphabétisme. Les gamines et les jeunes filles ont souffert de voir l’âge du mariage reculé, de ne plus pouvoir être mariée à 12 ans et avoir deux, trois, quatre enfants très rapidement ; elles ont souffert d’avoir accès aux études : d’aller à l’école et d’être admises dans les lycées et les universités.
Les Libyens et les Libyennes ont souffert de décider de leur propre destin à travers les Congrès Populaires de Base, les Comités Populaires de Base et le Congrès Général du Peuple. Bref ! Ils-elles ont souffert de se gouverner, eux(-elles)-mêmes ; ils-elles ont souffert, de façon générale, de pouvoir prendre les décisions politiques et économiques à l’échelle de leur pays, de leur continent, mais aussi à l’échelle internationale.
Les familles ont souffert, réellement, dans leur vie quotidienne, de n’avoir pas à payer l’eau, l’électricité, le gaz, à usage courant, de pouvoir s’acheter des voitures à prix coûtant et de payer le carburant en centimes d’euros, etc., contrairement aux familles françaises, recomposées ou pas, qui, elles, ont l’immense bonheur de payer toutes ces énergies vitales et de devoir s’en passer ou vivre au minimum dès qu’elles ne peuvent plus payer…
Les familles libyennes, et celles venues vivre et travailler en Libye, ont souffert de voir leur vie politique et économique se transformer complètement, durant toute l’époque révolutionnaire de 1969 à 2011, alors que, durant toute cette époque jusqu’à cette année 2016 au moins, les Français et Françaises s’épanouissent dans le chômage endémique et la misère croissante dont les conséquences sont si bénéfiques sur leur santé, par exemple, alors que les Français et Françaises comptent avec plaisir le montant prodigieux des dettes abyssales qu’ils-elles vont laisser à leurs descendant(e)s sur plusieurs générations, alors que les Français et Françaises s’épanouissent dans la démocratie, où leurs prétendu(e)s représentant(e)s politiques sont extrêmement soucieux(ses) de soigner leurs intérêts personnels et familiaux tout en glissant, de temps en temps, les mots magiques “intérêts collectifs”, histoire de désamorcer la grogne, et de protéger, par une « zone d’exclusion aérienne », les parachutes dorés et les paradis fiscaux des voleurs de haut vol du grand capital privé.

III 6 - 1. Ceci ne se passe pas en Libye, au temps de Gaddhafi, mais en France...

Ceci ne se passe pas en Libye, au temps de Gaddhafi,
mais en France ;
358 morts dans la rue, en France, en 2009

Car il s’agit, pour sauver le capitalisme, de mettre à feu et à sang les pays insoumis, encore rétifs à la politique et à l’économie occidentales tenues par la finance internationale, pour faire un pont d’or aux multinationales de l’armement qui, avec leurs armes sophistiquées, tentent de rayer, de la carte du monde, les pays arabo-africains, arabo-musulmans et perse, au bénéfice d’un grand État juif, alors que les Français et Françaises sont amplement “informé(e)s” des choses du monde par les médias-menteurs qui les prennent tous et toutes pour de pauvres imbéciles.)

Clic suivant : III 7. Des ragots qui, s’ils avaient eu la moindre véracité, auraient été la belle aubaine des opposants libyens et de leurs mentors occidentaux…

Françoise Petitdemange


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