III 5. Le glanage de ragots ! après une guerre qui a fait tant de morts…

III 5 - 1. Le ministre libyen de la Défense, Oussama Jouili, à Tripoli, 4 décembre 2011

Le ministre libyen de la Défense, Oussama Jouili,
à Tripoli, 4 décembre 2011

(Le torchon de papier d’A.C.)

*

III 5. Le glanage de ragots !
après une guerre qui a fait tant de morts …

« Je suis retournée en Libye revoir Soraya. J’ai glané d’autres histoires et tenté de décortiquer les réseaux de complicité à la botte du tyran. » (P.20)
(Mme Cojean est allée “glaner” « d’autres histoires »… Mais lorsqu’une lectrice se met à « décortiquer » les « histoires » de Cojean-“Soraya”, elle se rend compte très vite que, derrière les étalages de mots crus et d’actes violents, se dissimule tout autre chose…)

« « Dans votre intérêt et celui de la Libye, abandonnez cette recherche ! » m’ont conseillé nombre d’interlocuteurs avant de déconnecter bruyamment leur téléphone. »
(Qui sont ces « interlocuteurs » anonymes et combien sont-ils… que la journaliste française relance sans vergogne pour agrémenter son torchon de papier d’autres histoires salaces ? après sept mois de bombardements de leur pays lancés par le chef d’Etat français Nicolas Sarkozy… )

« Et de sa prison de Misrata où il passe désormais ses journées à lire le Coran, un jeune barbu – qui a participé au trafic de jeunes filles – m’a lancé, exaspéré : « Kadhafi est mort ! Mort ! Pourquoi voulez-vous déterrer ses scandaleux secrets ? ».»  (P.20)
(Qui est « ce jeune barbu » resté, lui aussi, dans l’anonymat ? En tout cas, il est permis de se demander sur quelle parole de ce « jeune barbu » la journaliste s’appuie pour l’accuser d’avoir « participé au trafic de jeunes filles »… Mme Cojean sème la confusion : de quel « trafic de jeunes filles » veut-elle parler ? De celui qu’elle met prétendument sur le compte de Muammar Gaddhafi ? Ou de celui qui a fait partie réellement des crimes de guerre de l’Otan ?) [Cf. III 2, la citation extraite de l’article « De plus en plus voyou : Les crimes de guerre de l’OTAN en Libye (Veterans Today) » de Susan Lindauer, ex-correspondante américaine pour la Libye aux Nations unies.] (Que ce « jeune barbu » soit un Libyen ayant combattu pour la défense de son pays contre l’Otan ou un Libyen ayant combattu contre son pays, aux côtés des armées étrangères – française, britannique, états-unienne – il ne peut que s’insurger contre cette journaliste qui, après tous les malheurs qui se sont abattus sur la Libye, insulte les Libyens et les Libyennes en menant sa petite enquête sur la prétendue lubricité d’un homme qui est mort.)

(Si, malgré le désordre d’une guerre, un « trafic de jeunes filles » ne peut passer inaperçu, alors, en temps de paix, un « trafic de jeunes filles » issues de quelles familles ? de quels clans ? de quelles tribus ?, recrutées jusque dans les écoles avec la complicité d’enseignant(e)s, et arrachées à leurs études pendant des dizaines d’années (selon Mme Cojean), ce qui fait porter le trafic sur plusieurs générations d’élèves, n’aurait pu rester impuni dans une population de quelque six millions d’habitant(e)s qui se gouvernaient eux(elles)-mêmes, dans une société à majorité musulmane où le viol était considéré comme un crime, où il y avait des tribunaux populaires pour rendre la justice, dans un pays où les familles, les clans, les tribus sont lié(e)s les un(e)s aux autres et où les chefs de tribus se réunissaient et se réunissent encore pour débattre de problèmes cruciaux.)

« Le ministre de la Défense, Oussama Jouili n’est pas loin de partager cette idée : « C’est un sujet de honte et d’humiliation nationale. Quand je pense aux offenses faites à tant de jeunes gens, y compris des soldats, je ressens un tel dégoût ! Je vous assure, le mieux est de se taire. Les Libyens se sentent collectivement salis et veulent tourner la page. ». » (PP.20-21) (La réaction d’Oussama Jouili – qui, lui, n’est pas laissé dans l’anonymat, sans doute parce qu’il est ministre et que la parole d’un ministre, ça peut en imposer aux lecteurs et lectrices – se situe dans un contexte qui n’est pas donné aux lecteurs et lectrices. Cet homme paraît s’être rangé, en 2011, dans le camp des opposants à la Jamahiriya. Mais, qu’est-ce qui est « sujet de honte et d’humiliation nationale » pour un homme devenu ministre de la Défense ? La collaboration avec les néo-colonisateurs français, britanniques, états-uniens ? La destruction du pays ? Et de quelles « offenses » parle-t-il ? Des prétendus viols dont Mme Cojean accuse un homme mort, et dont ce ministre vient peut-être d’apprendre, par la bouche de cette journaliste française, la prétendue existence ? En tout cas, le ministre de la Défense ne prononce pas le nom de « Kadhafi »?) « Je vous assure, le mieux est de se taire » (Peut-être cet homme, dont le pays continue à être à feu et à sang, émet-il de sérieuses réserves sur les affirmations qui lui sont faites et a-t-il autre chose à faire qu’à se pencher sur les élucubrations d’une journaliste qui prépare la publication d’histoires destinées à salir un mort ? Les nouveaux venus au pouvoir, imposés au peuple libyen par les forces armées étrangères, ont une réalité à laquelle ils doivent faire face ? Cette réalité – non pas celle qui est à l’opposé de la rumeur qui compose les 324 pages du torchon de papier d’une journaliste en mal de publicité – mais la réalité laissée par cette guerre coloniale.) « Les Libyens se sentent collectivement salis et veulent tourner la page. » (De quels faits, ce ministre, veut-il parler ? Des prétendus viols attribués à Muammar Gaddhafi ou du lynchage, du viol et de l’assassinat perpétrés, par des Libyens escortés par des troupes spéciales étrangères, sur la personne de Muammar Gaddhafi ? Au final, un homme a été lynché, violé et assassiné, au su et au vu du monde entier, sur ordre d’un chef d’État français, Nicolas Sarkozy, avec la complicité de David Cameron, de Barack Obama et d’Hillary Clinton. Un Libyen, un Arabo-Africain…)

(Mme Cojean, journaliste française, s’est bien gardée d’aller raconter ses salades infectes aux Libyens et Libyennes qui se sont opposé(e)s à la contre-révolution et à la guerre coloniale de 2011 ; elle s’est bien gardée de mener sa prétendue enquête auprès de ces Libyens et de ces Libyennes fidèles à l’État des masses, de leur permettre de s’exprimer, car il lui aurait fallu donner l’autre partie du discours qui manque à son torchon partial et qui aurait envoyé ce torchon à la poubelle…)

Clic suivant : III 6. Un conte diffamatoire n’est pas un document

Françoise Petitdemange

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