Les crimes de Staline (de Poutine ???…), quelles preuves ? 16. Selon le rapport Khrouchtchev, la bonne foi de Staline est entièrement hors de cause

Peu à peu, nous en arrivons à la fin du discours de Khrouchtchev devant le XXème Congrès du parti communiste soviétique en 1956. Et nous allons, encore et toujours, de surprise en surprise… Voici d’abord une conclusion  qui ne fait pas vraiment de Staline ce monstre assoiffé de sang dont on voudrait voir, dans le rapport Khrouchtchev, l’acte d’accusation. Nous en sommes même très loin (page 91) :
« Nous considérons que 
Staline a été encensé à l’excès. Mais, dans le passé, Staline a incontestablement rendu de grand services au parti, à la classe ouvrière, et au mouvement international ouvrier. »

…A ce mouvement international ouvrier dont on voit ce qu’en Europe, il est maintenant devenu, et dans quelle déshérence intellectuelle il a été complètement délaissé par des partis communistes nationaux dont on pourrait dire qu’ils n’ont jamais su, par eux-mêmes, ni faire fructifier le travail d’analyse de Marx et d’Engels, ni éclairer, pour leur propre usage, l’action politique déterminante de Lénine et de Staline.

Et voici maintenant l’adieu que Khrouchtchev lui-même adresse à celui dont il sait pertinemment en quoi il a été pour lui et pour toute une génération de militants et de militantes communistes de par le monde un grand-frère extrêmement méconnu, après sa mort, comme il l’avait fondamentalement été durant toute sa vie :
« Cette question se complique du fait que tout ce que nous venons de discuter s’est produit du vivant de 
Staline, sous sa direction et avec son concours ; Staline était convaincu que c’était nécessaire pour la défense des intérêts de la classe ouvrière contre les intrigues des ennemis et contre les attaques du camp impérialiste. En agissant comme il l’avait fait, Staline était convaincu qu’il agissait dans l’intérêt de la classe laborieuse, dans l’intérêt du peuple, pour la victoire du socialisme et du communisme. Nous ne pouvons pas dire que ses actes étaient ceux d’un despote pris de vertige. Il était convaincu que cela était nécessaire dans l’intérêt du parti, des masses laborieuses, pour défendre les conquêtes de la révolution. C’est là que réside la tragédie. » (page 91)

Ce moment de recueillement sur la personnalité de Staline ne serait évidemment pas complet si nous n’en venions pas, pour finir, au témoignage de Lénine lui-même, témoignage qui s’offre dans ce qu’il est convenu d’appeler son « Testament », c’est-à-dire dans un document qui porte les dates du 22 décembre 1922 et du 4 janvier 1923, celle-ci précédant sa mort d’un an et quelques jours…

Selon sa façon très personnelle de prendre tous les problèmes qu’il souhaite aborder, Lénine définit d’abord un cadre général :
« Notre Parti s’appuie sur deux classes, et c’est pourquoi son instabilité est possible et inévitable sa désagrégation, si, entre ces deux classes, un accord ne peut s’établir. Dans ce cas, il serait même inutile de prendre telles ou telles mesures, voire de délibérer sur la stabilité de notre comité central. Nulle mesure, dans un tel cas, ne se montrerait propre à prévenir la scission. Mais j’espère que c’est là un avenir trop lointain et un événement trop improbable pour en parler ici. » (page 101)

Cette scission possible, qu’il laisse comme un problème entièrement irrésolu à ses successeurs quels qu’ils soient, concerne la classe ouvrière et la classe paysanne réunies dans le parti bolchevique. Il s’agit d’une question, celle de l’unité d’action, qui se présente comme l’un des fils rouges qui parcourent les travaux de MarxEngels et Lénine. Voilà la tragédie dont Staline a dû se rendre maître jusqu’à pouvoir produire, à travers elle, la victoire de 1945, dont il n’y a jamais eu de véritables héritiers, ni en URSS ni en Europe.

Revenons au texte de Lénine (page 101) :
« Ce que j’ai en vue, c’est la stabilité du comité central comme garantie contre la scission dans le proche avenir et j’ai l’intention d’examiner ici une série de considérations de caractère purement personnel. »

Vont alors défiler six personnages que Lénine doit départager selon la thématique de la scission à éviter dans un proche avenir, car, pour des temps plus lointains, il est clair que c’est la classe ouvrière qui devra l’emporter pour des raisons que nous n’avons pas à étudier ici. Or, ce qui porte la scission en son coeur, en termes marxiens, cela s’appelle un processus dialectique. Par conséquent, le souci premier de Lénine ne peut être que de définir, parmi les six cas étudiés, le personnage qui aura les meilleures aptitudes à l’analyse dialectique et à la mise en oeuvre des lignes d’action définies par cette même analyse dialectique.

Le décor étant fixé, voici venir, selon l’ordre de passage que Lénine leur attribue : Staline, Trotsky, Zinoviev, Kamenev, Boukharine, Piatakov. Nous retenons notre souffle.

Michel J. Cuny


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