L’Europe conquérante de la princesse allemande Ursula von der Leyen : c’est parti !

L’iconographie du Livre blanc allemand de la Défense publié en 2016, sous la responsabilité d’une Ursula von der Leyen qui avait alors en charge le ministère fédéral de la Défense, nous a révélé une extraordinaire montée en puissance de la digitalisation dans l’organisation des forces armées du pays qui domine actuellement l’Europe de la tête et des épaules…

Cette nouvelle technologie paraît avoir trouvé, en la future présidente de la Commission européenne, une sorte de porte-parole de tout premier choix… Ne serait-ce qu’une illusion dont répondraient seulement quelques vagues photographies ?…

Revenons, pour le vérifier, au désormais célèbre discours du 16 septembre 2020, à Bruxelles, devant le Parlement européen… S’avançant sur le terrain de la digitalisation telle qu’elle l’envisage, cette fois, au plan européen, Ursula von der Leyen affirme :
« Il y a trois domaines sur lesquels nous devrions, selon moi, nous concentrer. Premièrement les données. » 

De quel côté celles-ci vont-elles pouvoir – ou devoir – converger ? Tout de suite, nous constatons qu’ici, il n’y a que deux pôles à considérer… D’une part, nous trouvons… « les données à caractère personnel », qu’il n’est évidemment pas question de protéger, ni de mettre en situation de servir, d’une façon ou d’une autre, à l’information des citoyennes et des citoyens. De fait, elles paraissent ne devoir entrer en fonction que pour « le commerce entre entreprises et consommateurs ».

Or, de ce côté, Ursula von der Leyen n’hésite pas à faire un constat qui n’est, d’ailleurs, peut-être pas aussi amer que nous pourrions d’abord le croire. En matière de captation des données personnelles…
« l’Europe a été trop lente et dépend désormais des autres ». 

Insistons-y : sur ce point, la présidente de la Commission européenne ne verse aucune larme. Voyons la suite :
« Il ne faut pas que cela se répète avec les données industrielles. La bonne nouvelle, c’est que, dans ce domaine, l’Europe est encore en tête – nous avons la technologie, et surtout l’industrie. » 

Quel est ce « nous » qui, en Europe, a « la technologie et surtout l’industrie » ? La Grèce ? Le Portugal ? L’Espagne ? La France ?… Cherchons… Cherchons bien… Sur ce point, inutile de venir avec des photographies… L’affaire est réglée depuis bien longtemps, et toutes les Européennes et tous les Européens le savent jusqu’à plus soif.

C’est donc ce pays-là (?) qui va devoir s’activer pour récupérer prioritairement les chères « données industrielles ». Et ce ne sera que justice, sans doute, puisque, de toutes façons, aux quatre coins de l’Europe – si ce n’est en son centre où l’on a l’intelligence et les moyens de la mettre en œuvre – tout cela serait plus ou moins définitivement perdu…

En effet, s’exclame l’ancienne ministre allemande de la Défense qui sait ce qu’il en est en matière d’armement sitôt qu’on s’éloigne un peu trop de Berlin :
« La réalité, malheureusement, est que 80 % des données industrielles sont collectées mais ne sont jamais utilisées. C’est du gaspillage. » 

Ajoutons que cela est tout spécialement vrai en France où l’on sait quel sort peu reluisant a frappé l’industrie en général et ses travailleurs et travailleuses les plus brillant(e)s et les plus dévoué(e)s… que ce soit du côté des ingénieurs, des ouvriers de production, ou ailleurs…

En tout cas, le festin qui s’annonce ici ne sera pas nécessairement ouvert à tous les vents européens :
« Il nous faut des espaces de données communs, par exemple dans les secteurs de l’énergie ou des soins de santé. Cela renforcerait les écosystèmes d’innovation où les universités, les entreprises et les institutions de recherche bénéficieraient d’un accès sécurisé aux données et pourraient collaborer sur cette thématique. » 

Passons au deuxième point, c’est-à-dire à ce qui doit permettre de faire valoir l’excellente alimentation précédemment rassemblée :
« Le deuxième domaine sur lequel nous devons concentrer nos efforts, c’est la technologie – et en particulier celle de l’intelligence artificielle. » 

C’est là que les plus forts trouveront les armes informationnelles qu’il leur faudra dans la nouvelle Europe qui s’annonce… et puis les systèmes de diffusion adaptés qui se rangent sous le troisième point soulevé par Ursula von der Leyen :
« Le coup de fouet que NextGenerationEU va donner à l’investissement est une occasion unique de stimuler la croissance jusqu’au moindre village. C’est pourquoi nous voulons concentrer nos investissements sur la connectivité sécurisée et sur le déploiement de la 5G, de la 6G et de la fibre. NextGenerationEU est aussi une occasion unique d’élaborer une approche européenne plus cohérente en matière de connectivité et de déploiement d’infrastructures numériques. »

Quelques exemples encore, et soudainement la présidente de la Commission européenne s’arrête juste le temps de nous redonner cette formule que nous commençons à lui bien connaître :
« Une Europe pleine de vitalité dans un monde fragile. »  

Et puis elle reprend vigoureusement les rênes pour emmener tout son petit monde un peu plus loin…
« Mesdames et Messieurs les députés,
L’Europe est résolue à profiter de cette période de transition pour construire le monde dans lequel nous voulons vivre. Bien sûr, cela ne s’arrête pas à nos frontières. » 

Tiens donc !…

Michel J. Cuny

La suite est ici.

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