Quand Ursula von der Leyen fait dans le « social » de l’ « économie sociale de marché » !

Sans perdre de vue la question que pose plus particulièrement à la population française le fait de découvrir qu’étant donné la domination allemande sur l’ensemble des grands intérêts européens, elle se trouve désormais prise, elle aussi, au piège d’un héritage dans lequel figure, tout en haut, une « économie sociale de marché » dont elle ignore à peu près tout, nous allons suivre les développements offerts par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours initial du 16 septembre 2020. Elle en venait à la question des merveilles économiques qu’allait permettre de mettre en chantier le plan d’investissement né en réponse à la crise engendrée par l’apparition et le développement du coronavirus : NextGenerationEU.

Mais, auparavant, elle rappelait que, justement, l’ « économie sociale de marché » nous faisait trois promesses… Résumons-les à partir de la dernière des citations que j’ai données de la présidente de la Commission européenne dans le précédent article :

 – établir une économie humaine qui nous protège contre les grands risques de la vie ;

 – offrir une stabilité économique ;

 – créer des opportunités et de la prospérité.

A priori, nous ne sommes pas tout à fait sûr(e)s de vraiment bénéficier de tout ceci depuis maintenant une année… De sorte que nous pouvons dès maintenant nous inquiéter du contenu réel de… NextGenerationEU qui prétend répondre à nos pires angoisses…

En tout cas, il y a six mois, Ursula von der Leyen ne voyait, elle, aucune raison de désespérer… Tout au contraire…
« Permettez-moi de vous expliquer pourquoi. Premièrement, l’Europe doit continuer à protéger les vies et sauver les emplois. » 

Face à une collectivité humaine quelle qu’elle soit, il semble bien s’agir là d’un minimum… Pour survivre, il paraît que nous avons besoin de différents produits… qui ne peuvent nous venir que du travail humain en général, et donc, plus précisément, de l’activité de travailleuses ou de travailleurs qu’il convient de maintenir dans un état de santé suffisant pour leur permettre de remplir correctement leur office. L’urgence paraît même être telle, désormais, qu’il n’est pas certain qu’il faille se consacrer, avant longtemps, à l’amélioration des conditions de travail ou des rémunérations… En effet, que demander de plus, puisque…
« Au cours des six derniers mois, nos systèmes de santé et nos travailleurs ont fait des miracles. » 

C’est beau ! C’est magnifique ! Pourvu seulement que cela dure… Mais pourquoi donc cela ne durerait-il pas ? Ursula nous le dit avec une certaine émotion sans doute…
« Lorsque j’ai pris mes fonctions, j’ai promis de créer un instrument pour protéger les travailleurs et les entreprises des chocs externes. Parce que mon expérience de ministre du travail et des affaires sociales m’avait appris que ces dispositifs sont efficaces. Grâce à eux, les personnes gardent leur emploi, les entreprises, leurs compétences, et les PME, leur activité. Ces PME sont le moteur de notre économie et elles seront le moteur de notre reprise. » 

Nous le voyons – et avec, nous aussi, une certaine émotion -, la présidente de la Commission européenne est tout autant au chevet des humains que des entreprises… Voilà qui promet !…

En tout cas, il est clair que, grâce à elle, chacun pourra rester à sa vraie place : les travailleuses et travailleurs d’un côté, et les entrepreneuses et entrepreneurs de l’autre, les seconds devant aider à la mise en œuvre de quelque chose à quoi la chère Ursula tient évidemment beaucoup, et qui vise tout simplement la « dignité » des premiers :
« C’est la véritable solidarité européenne en action. Et cela traduit le fait que dans notre Union, la dignité du travail doit être sacrée. »

Bravo ! Bravo !…
« Mais la vérité est que, pour trop de personnes, le travail ne paie plus. » 

Allons bon… Alors que tout était pourtant si bien engagé… Que se passe-t-il donc ? Y compris, à ce qu’il semble, dans la chère « économie sociale de marché » ?… Ainsi, dans l’ensemble européen, une partie de la main-d’œuvre serait occupée à se faire décrocher par un… progrès… sans doute très général… Curieux !… Très curieux !… En France aussi ?…

Nous ne le saurons pas cette fois-ci. Mais, d’ailleurs, ce n’est pas si grave. Ou alors, cela ne l’est que pour des raisons qui ne sont pas celles auxquelles un vain peuple ne ferait qu’attacher une trop grande importance. Voyons, en effet, où le bat blesse réellement selon Ursula von der Leyen :
« Le dumping salarial détruit la dignité du travail, pénalise l’entrepreneur qui paie des salaires décents et fausse la concurrence loyale sur le marché unique. » 

Sans doute est-ce là ce « marché » que nous allons apprendre à reconnaître de mieux en mieux dans la formule : « économie sociale de marché », avec dans le sandwich… au beau milieu… le « travail » qui n’est plus ici qu’une vague question « sociale »… qui ne doit surtout pas fausser le sacro-saint « marché unique »…

C’est donc pourquoi…
« La Commission présentera une proposition législative en vue d’aider les États membres à mettre en place un cadre pour les salaires minimum. Chacun doit avoir accès à un salaire minimum, que ce soit au titre d’une convention collective ou d’un salaire minimum légal. » 

Dans ce cas, bien sûr, la solidarité européenne devra respecter les différences qui ne peuvent être que très favorables au prétendu « marché unique »…
« Je suis une fervente partisane de la négociation collective et la proposition respectera pleinement les compétences et les traditions nationales. » 

Qui aime bien châtie bien, et autant du côté du travail que du côté des entreprises, ainsi…
« Nous avons vu dans nombre d’États membres comment un salaire minimum bien négocié assure l’emploi et l’équité, tant pour les travailleurs que pour les entreprises qui les apprécient vraiment. » 

Vraiment ! vraiment !… Tandis que nous touchons ici au maximum de ce que peut promettre la première ligne des… avantages que présente la mise en œuvre de l’ « économie sociale de marché »…
« Le salaire minimum fonctionne – et il est temps que le travail paie. » 

Qu’il paie sa part de « solidarité » pour l’économie allemande… Euh, pardon : européenne, bien sûr…

Michel J. Cuny

La suite est ici

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