Françoise Petitdemange : d’hier à aujourd’hui…


L’enfant et la télévision

Françoise Petitdemange :
d’hier à aujourd’hui…

11ème texte, 27 juin 1976

Michel J. Cuny avait fait suffisamment de droit à la Faculté de Nancy pour savoir ce que valait le Code civil dans les relations de couple. Par ailleurs, nous constations une distance entre l’engagement civil et religieux que la plupart des couples prenaient « devant Dieu et devant les hommes », et ce qu’ils en faisaient. C’est dans ce contexte que j’ai rédigé mon 3ème texte :
« « Il faut bien rire de temps en temps » me dira-t-on, mais c’est que je remarque avec quelque inquiétude que d’aucuns usent de la religion quand ils en ont besoin, et s’en gaussent par la suite : beaucoup se marient, font baptiser leurs enfants, courent à tous les enterrements, et disent tout de go que, de la religion, ils s’en fichent. Et ceux-là sont les premiers à déverser leurs critiques sur autrui.
Bien que ne croyant pas en Dieu, je respecte la religion, et je constate amèrement que les cérémonies religieuses sont devenues des fêtes païennes parce que beaucoup y assistent par pur conformisme, par envie de “parader”, par manque de savoir-vivre.
Comment, Michel et moi, pourrions-nous vous dire qu’il existe autre chose, vous parler de bonheur et d’amour, quand vous ne croyez qu’en une cérémonie ratée ?
Des êtres ne sont humains que s’ils croient en l’amour et au bonheur, que s’ils se comportent comme des êtres capables de paroles, mais aussi d’actes et de réflexion. »
Mais, ainsi que l’a constaté Georges Brassens avant nous… « Les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. » Et « les braves gens n’aiment pas que » quelqu’un(e) leur dise que la voie toute tracée du conformisme n’est peut-être pas la plus exaltante…

12ème texte, 4 juillet 1976

Arrivé(e) à ce point… nous souhaitions faire un bilan de l’écho que trouvaient nos écrits auprès des lecteurs et des lectrices. Michel J. Cuny écrivait :
« Plus le temps s’écoule et plus il est possible de mesurer la valeur et le bien-fondé de ce que nous écrivons. »
« Pour l’instant, nous vous invitons à nous donner votre avis sur ce qui a déjà été fait. »
« Mesurez bien l’importance que peut prendre cet échange que nous voulons créer entre vous et nous, par l’intermédiaire d’un hebdomadaire qui s’étend sur toute une région, et même au-delà. »
Nous avions eu des réponses.

13ème texte, 11 juillet 1976

La société, dans laquelle nous vivions, glissait de l’information, même succincte et à moitié fausse, vers la communication, et d’une possible recherche de la vérité, via des recoupements de documents, vers la diffusion des mensonges les plus gros. Les remarques de Michel J. Cuny étaient d’autant plus acides que nous étions de plus en plus lucides dans notre travail de réflexion. En ce temps-là déjà, le nombre de chômeur(euse)s augmentait de façon inquiétante…
« Nous vous heurtons peut-être par la dureté de nos propos, par la rudesse de nos critiques. C’est que notre société n’est guère belle. C’est que vous êtes trop accoutumés aux caresses mensongères.
Personne ne peut vous obliger à nous croire. Vous avez parfaitement le droit de penser qu’on ne peut rien changer, qu’il vaut mieux faire la sourde oreille à toute invitation à réfléchir. Il est tout à fait normal que vous teniez à garder votre rôle d’esclaves : vous avez été encouragés à cela pendant toute votre vie… Vos chaînes vous tiennent chaud. Le bruit qu’elles font vous rassure. »
« Ils vous prennent pour des enfants, et vous leur donnez raison : que savez-vous de la politique, des problèmes fondamentaux que cela comporte ? Que savez-vous des systèmes économiques, des modes de répartition de la fiscalité ? Que savez-vous du système bancaire ?…
Pourtant, dans tous les journaux, à la radio, à la télévision, on vous laisse croire que vous pouvez juger de tout…, que vous jugez effectivement de tout…
Il n’y a plus de roi, je le sais. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus de serfs. »
2018 : certain(e)s rêvent d’un roi… avec des serfs et des serves ?

14ème texte, 18 juillet 1976

Cette époque était déjà placée sous le règne du « chacun pour soi » qui a magnifiquement produit ses fruits jusques aujourd’hui. J’écrivais alors…
« Essayez de réfléchir sur le bonheur que l’on peut avoir en recherchant l’autre. Ne craignez pas de vous approcher de l’être humain. »

15ème texte, 25 juillet 1976

Durant les années 1970-80, les produits pour bébés se développaient de façon considérable. Le bébé devenait, malgré lui et à travers le comportement de ses parents, un consommateur et entrait ainsi dans les comptes du capital de l’alimentation. Ce qui commençait à nous effrayer sérieusement. C’est pourquoi Michel J. Cuny s’exprimait ainsi :
« Qui croit encore à quelque chose ?
Qui sait, aujourd’hui, s’émerveiller de la naissance d’un enfant ? Qui peut voir, dans ce landau, plus qu’un simple organisme à faire engraisser ? »
« Certes, on “aime” les petits enfants : c’est-à-dire qu’ils sont amusants, qu’ils font “risette” quand on les y invite. Vous les aimez comme on peut aimer des jouets. Malheur à ce jouet, le jour où il montre que lui aussi a des exigences, que lui aussi peut vous juger. Pour ma part, je ne saurais me résoudre à voir, là, de l’amour. Tout au plus du divertissement qu’on ne tardera pas à prendre pour une charge. »
Nous n’en étions pas encore à la GPA (Grossesse Pour Autrui), c’est-à-dire à la fabrication de bébés directement pour la vente. (Cf. Ma collaboration à l’ouvrage intitulé Marchandiser la vie humaine.)

Clic suivant :
Michel J. Cuny – Françoise Petitdemange : en écho au partage du savoir,
une première attaque personnelle…

Françoise Petitdemange
10 juin 2018


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