IV. 123 – La diplomatie de la bombe, utilisée par les États-Unis et prônée par Mme Haley

IV. 123 – La diplomatie de la bombe,
utilisée par les États-Unis et prônée par Mme Haley

(3/4)

Intervention des États-Unis,
ONU, Samedi 14 avril 2018

Nikki Haley

La représentante des États-Unis à l’ONU poursuit :

« Comme nous l’avons vu, il y a toute une campagne de désinformation syrienne, ce matin, mais cette campagne syrienne, qui vise à détourner l’attention, ne peut pas changer les faits. Toute une série d’informations indique que le régime syrien a utilisé des armes chimiques, le 7 avril, à Douma. Nous avons des informations claires qui démontrent la culpabilité d’Assad.

Les photos d’enfants morts n’étaient pas des nouvelles informations fallacieuses. C’était, là, le résultat de la barbarie du régime syrien. C’est là le résultat du non respect des engagements internationaux, de la part de la Russie et de la Syrie, pour enlever toute arme chimique de Syrie. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont agi après avoir évalué attentivement ces faits. »

La « campagne de désinformation » n’est pas syrienne mais occidentale et nous en avons des exemples à chaque information radiophonique (Michel J. Cuny et moi nous sommes séparé(e) de notre téléviseur depuis près de 40 ans et il ne nous manque pas) ! Mme Haley parle de… « Toute une série d’informations » : il serait intéressant d’en voir au moins… une ! qui fût plausible. Ce n’est pas la « culpabilité d’Assad » que doivent démontrer les informations mais la véracité des faits. Or, comme l’a clairement dit l’ambassadeur de Russie à l’ONU, M. Vassily Nebenzia, la population sur place n’a rien vu de ces bombardements à Douma le 7 avril.

Vassily Nebenzia

Qui ment, M. Nebenzia ou Mme Haley ? Pour ma part, j’ai la réponse… Et chacun(e) peut la faire en son âme et conscience.

Quel bénéfice pourraient tirer le président, le gouvernement et l’armée de la République Arabe Syrienne de bombardements de la population à l’arme chimique qui les mèneraient tout droit à la CPI (Cour Pénale Internationale) ou, plutôt, à la Cour Pénale Occidentale ? Le 7, ils étaient en train de gagner la bataille dans la Ghouta orientale. Et ils l’ont gagnée ! Sans les armes chimiques.

Mme Haley aime les enfants, surtout pour se servir des images de leurs petits cadavres contre tel ou tel État prétendument violent et dictatorial, images qui pourraient avoir été prises en Irak, lors des guerres du Golfe assorties de l’arme de la faim : du honteux embargo « Pétrole contre nourriture » qui a fait mourir plus de 500.000 enfants irakiens, ou lors de la guerre anglo-saxonne de 2003 qui a cassé les superstructures de l’Irak pour en finir avec Saddam Hussein.

Les enfants états-uniens
vivent dans une violence constante

Mme Haley, qui aime tant les enfants, ne peut ignorer cela… les États-Uniens sont les champions du colt dans leur propre pays : ils tuent dans la rue, dans les écoles, un peu partout, et leurs militaires sont les champions des bombardements chimiques sur les populations des autres pays du monde : tout a été visible, tout est connu, mais rien ne leur est dit, rien ne leur est demandé.

Ces sept dernières années, par leurs bras mercenaires, ils ont détruit la Syrie : un jour, les langues se délieront et apprendront au monde entier que les États-Unis ont bombardé à l’arme chimique, ici et là, en Syrie, pour salir la réputation du Président élu Bachar El Assad, du gouvernement légitime et de l’armée syrienne…

La représentante des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, continue son petit topo…

« Les cibles que nous avons choisies étaient au cœur du programme illégal de production d’armes chimiques du régime syrien. Les frappes ont été planifiées très précisément pour éviter des victimes civiles. Ces frappes étaient justifiées, proportionnelles et légitimes.

Nous avons fait tout ce que nous avons pu en utilisant l’outil de la diplomatie pour débarrasser de ces armes chimiques un tel régime syrien. Nous avons donné une chance à la diplomatie, sans arrêt, six fois : voilà le nombre de fois que la Russie a opposé son veto lors des résolutions du Conseil de sécurité pour essayer de régler le problème des armes chimiques en Syrie. »

La représentante des États-Unis à l’ONU croit pouvoir s’appuyer sur un prétendu « programme illégal de production » pour justifier de vrais bombardements illégaux, en contravention avec les textes de l’ONU et le droit international. À quoi servent le Conseil de sécurité de l’ONU et l’ONU elle-même si trois pays peuvent se passer des décisions de la communauté internationale pour n’en faire qu’à leur guise ?

Évidemment, il s’agit, ici, pour Mme Haley, de faire d’une pierre deux coups : attaquer à la fois la Syrie qui ne respecte pas, selon elle, le droit onusien et le droit international qui lui correspond, et la Russie qui s’est portée garante de la Syrie et qui, toujours selon elle, ne tient pas sa parole. Ce qui gêne considérablement les États-Unis, c’est que la Russie, en se portant garante dans la question des armes chimiques, est entrée dans le concert des tractations concernant la situation en Syrie et peut contrecarrer, par le rôle qu’elle a dans la région, l’emprise que les anciens pays colonisateurs cherchent à retrouver sur le Proche et le Moyen-Orient.

Mme Haley dénonce, sans le vouloir, la stratégie de son pays : son discours glisse des armes chimiques prétendument détenues par la Syrie vers les vetos qu’oppose la Russie aux accusations non prouvées, en attendant le moment de s’en prendre à la Chine. La Russie et, parfois la Chine, imposent leur veto parce que ces pays considèrent que les allégations répétées du trio infernal (France, Royaume-Uni, États-Unis) sont aussi ineptes que mensongères et nuisent à la stabilité internationale. La politique étrangère de Vladimir Poutine, liée aux armes chimiques en Syrie, a permis à la Russie de revenir sur le terrain des grands enjeux stratégiques mondiaux dont, jusqu’à présent, le trio infernal ne parvient pas à la faire sortir. Manifestement, la Chine accompagne d’aussi près que possible la démarche russe.

Mme Haley :

« Nous sommes allés même plus loin en 2013. Nous avons adopté une résolution pour amener le régime d’Assad à détruire son stock. La Syrie a dit qu’elle allait respecter la convention, c’est-à-dire qu’elle ne pouvait plus avoir d’armes chimiques sur son sol.

Le président Poutine a dit que la Russie allait garantir le respect de ces règles par la Syrie. Nous espérions que cette diplomatie fonctionnerait pour mettre un terme à l’horreur des attaques à l’arme chimique en Syrie. Mais comme nous le voyons, comme nous l’avons vu durant l’année écoulée, cela n’a pas été le cas. »

L’OIAC n’a rien vu des supposés stocks importants d’armes chimiques sur le sol syrien. À quoi sert l’OIAC si elle ne voit rien ? N’est-ce pas plutôt que l’OIAC ne peut pas – comme Mme Haley (États-Unis), Mme Pierce (Grande-Bretagne) et M. Delattre (France) – voir les stocks invisibles de n’exister pas ?

Ce qui est curieux tout de même, c’est que les États-Unis puissent utiliser toutes les « armes barbares » qu’ils veulent contre les peuples du monde afin d’écouler leurs stocks et de produire d’autres armes toujours plus sophistiquées et plus destructrices, et plus « barbares » encore, sans qu’il leur soit demandé des comptes : sans que l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques), par exemple, demande à voir les fabriques et les stocks de ces armes !

Les trois compères français, britannique, états-unien se répandent en paroles si peu dignes de foi et multiplient tellement les actes barbares, qu’ils ont peur d’eux-mêmes, et, pour ne pas être vus tels qu’ils sont, ils préfèrent attribuer aux chefs des États syrien, russe, iranien, etc., leurs paroles mensongères et leurs actes morbides. Ce sont des générations de larrons en foire franco-britannico-états-uniens qui sévissent, au sein du Conseil de sécurité, depuis des décennies, et, ce, au détriment des 192 pays membres de l’ONU.

[ONU (Organisation des Nations Unies), Intervention de l’ambassadrice Nikki Haley pour les États-Unis, Samedi 14 avril 2018. Note FP : La transcription et les deux captures d’écran sont de mon fait. Remerciements à la personne qui a effectué la traduction simultanée de l’intervention. Vidéo RT (Russia Today, La Russie convoque une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, 14 avril 2018.]

https://francais.rt.com/international/49830-russie-convoque-reunion-urgence-conseil

Suite : IV. 124 – Des bombardements pour détruire quoi ?

Françoise Petitdemange
19 avril 2018


2 réflexions sur “IV. 123 – La diplomatie de la bombe, utilisée par les États-Unis et prônée par Mme Haley

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