IV.114 – À quoi joue Recep Tayyip Erdogăn ?

IV. 114 – À quoi joue Recep Tayyip Erdogăn ?

Malgré la guerre lancée pour la détruire, la République Arabe Syrienne se maintient : le président de l’Assemblée du Peuple, Hamouda Sabbagh, recevait, à la mi-mars, le député du Parlement indonésien, Tawfiq Hadi. Voici ce que l’agence SANA pouvait relater :
« Sabbagh a fait noter que les délégations étrangères, qui visitent la Syrie, jouent un grand rôle dans la transmission de la réalité de ce qui s’y passe, à l’ombre de l’ignorance permanente, [entretenue] par la majorité des médias occidentaux, des faits en Syrie. » [SANA (L’Agence Arabe Syrienne d’Informations), D.H./A. Chatta, Sabbagh : Les médias occidentaux font partie de la guerre terroriste déclenchée contre la Syrie, 13 mars 2018. Note FP : Le mot entre crochets est de mon fait.]

Ceux et celles qui vivent dans les pays occidentaux arriérés jusqu’à vouloir encore coloniser le monde et imposer un système d’exploitation de l’être humain par l’être humain n’ont pas de quoi être fier(ière)s. Ce système permet à une classe dirigeante de vivre largement au-delà de ses moyens, protégée, par la bourgeoisie moyenne, de la classe des petits salariés qui travaillent pour faire vivre tout ce beau monde qui la méprise et la laisse vivoter.

Contrairement aux affirmations des médias-menteurs occidentaux, l’armée syrienne et ses alliées ont toujours été soucieuses d’aménager des couloirs humanitaires pour permettre l’évacuation de la population civile. Les secours du Croissant-Rouge syrien se tiennent tout particulièrement à la disposition des personnes malades et/ou blessées pour les aider à évacuer les zones où elles étaient recluses : à la date du 18 mars 2018, 68.000 personnes avaient pu sortir de l’enclave de la Ghouta orientale. L’armée syrienne étant parvenue à reprendre le contrôle de points stratégiques dans la banlieue de Damas, l’évacuation de la population civile peut se poursuivre.

L’évacuation est prévue dans une tranche horaire de 7 heures à 14 heures. Confronté à l’hésitation de la population civile, le gouvernement syrien a fait diffuser des tracts par voie aérienne afin de lui donner des indications précises. Après avoir reçu l’assurance qu’ils pouvaient sortir, qu’ils seraient protégés, que des ambulances attendaient les plus faibles d’entre eux pour les transporter, que des vivres leur seraient distribués, et que des centres d’accueil étaient prêts à les héberger et à prodiguer des soins aux malades et aux blessé(e)s, les civils se sont risqués hors de leurs habitations.

Comme dans toute guerre civile, si certains hommes ont combattu volontairement aux côtés des groupes d’opposition armés, d’autres ont été enrôlés de force, contraints de combattre sous peine de représailles et, souvent, placés en première ligne. Les personnes, qui se sont armées contre l’État syrien et qui veulent continuer à vivre en Syrie, peuvent bénéficier d’une amnistie en rendant leurs armes.

Le nord de la Syrie attaqué
par la Turquie qui voudrait s’adjuger cette zone

Depuis le 20 janvier 2018, l’armée turque a lancé une offensive dans le nord de la Syrie, contre l’YPG (Unités de protection du peuple kurde) qui sont à la base des FDS (Forces Démocratiques Syriennes). L’YPG se dit autonome alors qu’elle s’acoquine avec les États-Unis pour prétendument combattre Daesh… Mais les États-Unis combattent davantage l’armée syrienne que Daesh. L’YPG dit vouloir une Syrie unie mais n’en parle pas moins de revendiquer les territoires syriens qu’elle cherche à contrôler. Se rend-elle compte qu’elle renforce les positions des États-Unis au Proche-Orient ? D’où viennent les armes lourdes dont elle dispose sinon des États-Unis qui mènent la coalition occidentalo-golfico-sioniste…

Le président turc, Recep Tayyip Erdogăn,
18 mars 2018

Ce 18 mars, le président turc, Recep Tayyip Erdogăn, déclarait :
« Aujourd’hui, à 8 h 30, avec le soutien des forces armées turques, les divisions de l’armée syrienne libre [qui combattent l’armée de la République Arabe Syrienne] sont entrées à Afrin [bastion Kurde]. La ville est complètement passée sous leur contrôle. La plupart des terroristes ont fui. Nos militaires et l’opposition syrienne sont en train de désamorcer les mines qu’ils ont laissées. Des drapeaux turcs et de l’opposition syrienne sont brandis dans la ville en ce moment. » [PressTV, Vidéo, Journal du 18 mars 2018. note FP : Les indications entre crochets sont de mon fait.]

Le président turc joue un drôle de jeu : ses forces armées violent la souveraineté et le territoire de l’État syrien pour appuyer les forces armées d’opposition à l’État, au gouvernement et au président syriens, parmi lesquelles se trouvent des « terroristes ». Par ailleurs, que font les drapeaux turcs et de l’opposition syrienne sur le territoire de la République Arabe Syrienne ? Et si le phénomène était inversé : si le drapeau syrien et un drapeau de l’armée d’opposition turque étaient brandis dans une ville turque, que dirait, que ferait monsieur Erdogăn, président de la Turquie ?

Konstantin Kosachev

Les États-Unis ne combattent pas les terroristes ; ils leur portent secours. Le 19 mars, à l’aube, trois hélicoptères de la coalition occidentalo-golfico-sioniste se sont posés dans la zone sud-est de Qamichli, à proximité de la frontière syro-turque, pour évacuer quatre chefs irakiens de combattants « terroristes ». Le président du Comité des Affaires Étrangères du Conseil de la Fédération de Russie, Konstantin Kosachev, a dénoncé ce soutien des États-Unis à l’opposition syrienne « terroriste ».

Les puissances de la coalition (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Arabie saoudite, Qatar, Israël, et la Turquie) devront passer devant la CPI : elles ont violé l’espace aérien, maritime et terrestre d’un État souverain, qui n’avait manifesté aucune menace contre elles ; elles ont attaqué militairement le pays en vue de changer son système politico-économique : elles ont bombardé la population, et l’ont assujettie à des groupes « terroristes » qu’elles ont armés et financés pour déstabiliser un État souverain, renverser un gouvernement légitime et remplacer un Président élu ; elles ont bombardé, sans avoir été menacées, l’armée syrienne et les forces populaires syriennes. Elles ont dépêché des conseillers militaires et des officiers de renseignement, sur le terrain, aux côtés de leurs groupes de mercenaires. Ce sont ces conseillers et ces officiers qu’elles veulent protéger en cette fin de guerre qu’elles sont en train de perdre… Elles veulent opérer la partition de la Syrie comme elles ont fait et font partout : en Somalie, au Soudan, en Libye

La CPI (Cour Pénale Internationale) devra se pencher sur les « crimes de guerre » et les « crimes contre l’humanité » perpétrés par la coalition occidentalo-golfico-sioniste et par les groupes terroristes armés que cette coalition très démocratique a soutenus contre un pays souverain, la Syrie.

Suite : IV. 115 – Les attaques chimiques par l’armée syrienne ? « Un disque rayé »…

Françoise Petitdemange
24 mars 2018


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