9 – « Un fou », « un illuminé »… Qui ça ?

9 – « Un fou », « un illuminé »
Qui ça ?

(suite)

Gilles Bouleau recevait l’ancien président de la république,
le 22 mars 2018, au 20 heures, sur TF1
https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/20-heures-22-mars-2018.html

« C’était un fou,
un illuminé,
qui prenait sans doute des produits stupéfiants. »

N. Sarkozy :
« Des témoins libyens ont dit : de telles sommes ne pouvaient pas sortir sans qu’il y ait la moindre preuve, la moindre trace. » 

[Il est question, ici, de la comptabilité nécessaire des États.
En Libye comme ailleurs, les mouvements d’argent étaient consignés. Lors des bombardements, beaucoup de bâtiments officiels ont été détruits. Reste à savoir si les documents, qui pourraient servir de preuves au financement de la campagne, ont échappé à cette destruction. Cela dépend de la volonté mais aussi de la possibilité de certains responsables d’emporter telle ou telle pièce qui leur paraissait essentielle…]

N. Sarkozy :
« Kadhafi avait l’habitude de tout enregistrer, de tout photographier.
C’était un fou, un illuminé, qui prenait sans doute des produits stupéfiants. Peu importe !
Il n’y a pas la moindre preuve. Il n’y a pas le moindre élément. Il n’y a pas le plus petit commencement d’une preuve. »

[Dans les propos de Nicolas Sarkozy, il y a une nouvelle contradiction… Muammar Gaddhafi, en tant que Guide révolutionnaire et représentant de l’État des masses, notait tout : ce comportement n’est guère celui « d’un fou », « d’un illuminé ».
Deux mois après le début de la guerre, en mai 2011, l’un des premiers bâtiments officiels bombardés et détruits a été – comme par hasard – celui de la « Lutte contre la corruption ».

Le 17 mai 2011 j’écrivais ceci :
« La question se pose alors : les rebelles, pas seulement les débarqués des États-Unis mais aussi les autres, qu’ont-ils donc à cacher, pour faire bombarder certains ministères, et pas n’importe lesquels, ceux de la « sécurité intérieure » et de « lutte contre la corruption », mettant en péril la vie d’employés, donc de civils ? » « NB : Plus précisément, il ne s’agit pas de ministères mais de secrétariats de CPG (Comités Populaires Généraux) à la Sécurité intérieure et à la Lutte contre la corruption, etc. » [FP, La guerre coloniale et la contre-révolution en Libye (mars 2011-octobre 2013), Éditions Paroles Vives 2016, pages 59-60, note page 58.]
https://unefrancearefaire.com/2016/08/23/la-guerre-coloniale-et-la-contre-revolution-en-libye-mars-2011-octobre-2013/

Quant au mis en examen, comment qualifier son comportement ? Il retourne à ses insultes et, quand les insultes ne suffisent pas, il reste les ragots qui, bien sûr, n’appellent pas les preuves : « Il prenait sans doute des produits stupéfiants. »
Comment Muammar Gaddhafi, s’il avait pris des stupéfiants, aurait-il pu envisager la création et la réalisation des États-Unis d’Afrique avec autant de clairvoyance ? De plus, l’État libyen gérait des sommes extraordinairement élevées pour un pays de 6 millions d’habitant(e)s.]

Journaliste :
« Monsieur Sarkozy, est-ce que vous pensez que les trois magistrats, qui vous ont mis en examen, règlent des comptes, qu’ils veulent – pour dire les choses familièrement – ils veulent se payer Sarkozy. Parce que, pour des raisons politiques, ou parce que vous feriez un beau trophée, je ne sais pas. »

Pressentant que son moulin à paroles s’est un peu emballé, N. Sarkozy se reprend quelque peu :
« D’abord, je voudrais vous dire, je ne suis pas là pour attaquer qui que ce soit, ni les policiers. »

[Bien évidemment, il sait qu’il vaut mieux faire profil bas lorsqu’il s’agit de policiers, surtout d’officiers de police judiciaire…]

Journaliste :
« Non, mais, quel est votre sentiment ? »

« j’ai été chef de l’État,
je ne me comporte pas comme cela. »

N. Sarkozy :
« Non. Permettez-moi de vous dire que j’ai été chef de l’État, je ne me comporte pas comme cela. D’ailleurs, avant de me mettre en examen, ils ont pris le soin de me dire que ça ne valait pas culpabilité. »

[Juste après avoir insulté le représentant de l’État libyen, Muammar Gaddhafi, Nicolas Sarkozy met en avant la fonction de « chef d’État » pour dire que, lui, Nicolas Sarkozy, est obligatoirement correct.
Chef d’État ou pas… les magistrats prononcent nécessairement la parole consacrée devant toute personne mise en examen. Ici, Nicolas Sarkozy ne fait que tenter de se rassurer.]

« on met un ancien président de la république
c’est la France, c’est la fonction qui est en cause –
au même niveau qu’une bande d’assassins et d’escrocs »

Un moment à plat, voici l’ex-chef d’État qui rebondit :
« Et chacun doit être prudent puisque j’ai été mis en examen dans l’affaire Bettencourt, puis j’ai eu un non-lieu. Puisque, vous le savez, il faut passer, pour entrer en condamnation, des indices aux charges et des charges aux preuves. »

[Le « non-lieu » pour une affaire ne vaut pas pour une autre.]

Nicolas Sarkozy :
« Mais je pose une question devant les Français : comment se fait-il qu’il n’y ait pas la moindre preuve, le moindre document ? »

[Nicolas Bismuth ne sait-il pas que les transactions interdites, au moment où elles se font, ne passent pas au journal de 20 heures ?Patience ! Monsieur le Président déchu… Il est question d’une découverte de carnets qui, peut-être…]

Nicolas Sarkozy :

« Et il se trouve qu’on met un ancien président de la république – c’est la France, c’est la fonction qui est en cause – au même niveau qu’une bande d’assassins et d’escrocs condamnés pour cela ».

[Quel est le problème ? Un futur président, un président, un « ancien président » peut appartenir à une bande « d’assassins et d’escrocs »… Ce n’est pas parce qu’il n’est pas condamné pour ses escroqueries et ses lynchages et assassinats commandités qu’il n’est pas coupable… D’ailleurs, “l’immunité présidentielle” et toutes les autres, qui permettent aux détenteurs de tel ou tel pouvoir, exécutif, législatif, judiciaire, de n’être jamais responsables de rien, est à revoir.
Quant à « la bande d’assassins et d’escrocs »… De qui parle monsieur Sarkozy. La trêve des mots-chocs n’a été que de courte durée… “Chassez le naturel, il revient au galop.”]

Suite : 10« Je pourfendrai cette bande. Je ferai triompher mon honneur. » Quel honneur ?

Françoise Petitdemange
5 avril 2018


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.