1 – Garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy… un multirécidiviste ? (20-21 mars 2018)

1 – Garde à vue et mise en examen
de Nicolas Sarkozy… un multirécidiviste ?
(20-21 mars 2018)

Gilles Bouleau recevait l’ancien président de la république,
le 22 mars 2018, au 20 heures, sur TF1
https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/20-heures-22-mars-2018.html

« Les raisons de la mise en examen de Nicolas Sarkozy :
1. Corruption passive.
2. Financement illégal de campagne électorale.
3. Recel de détournement de fonds publics libyens. »

*

Journaliste : Gilles Bouleau


« Nicolas Sarkozy, on l’a dit :
vous avez passé plus de 25 heures en garde à vue, dans les locaux de l’office anti-corruption. »

Journaliste :
« Nicolas Sarkozy, on l’a dit : vous avez passé plus de 25 heures en garde à vue, dans les locaux de l’office anti-corruption. C’était à Nanterre. Dans quelles conditions s’est déroulée cette garde à vue ? »

« D’abord, je veux dire la profondeur de mon indignation. »
C’est lui la victime.

N. Sarkozy :
« D’abord, je veux dire la profondeur de mon indignation. Je ne suis pas venu ici pour parler de politique. Je suis venu ici parce que je dois aux Français la vérité : je n’ai jamais trahi leur confiance. »

[D’emblée, le voici victime.
« la vérité » : ce mot-là, est-il pour lui ?]

« J’ai été mis en garde à vue, pas pendant 25 heures. »

Journaliste :
« Pendant 48 heures moins quelques heures de sommeil chez vous. »

[Quelle personne, mise en examen, et n’ayant pas le passé politique de Nicolas Sarkozy, aurait pu bénéficier d’un tel traitement d’exception ? La possibilité de rentrer chez lui pour se reposer quelques heures… Il n’est guère possible de penser que les magistrats se sont comportés comme des bourreaux avec Nicolas Sarkozy.]

« Je dois avoir dépassé les 150 heures
de garde à vue et d’interrogatoires divers
dans tous les dossiers »
Qui dit mieux ? Et qui a fait mieux ?

N. Sarkozy :
« Les faits remontent à dix ans. L’enquête a commencé il y a cinq ans. Je dois avoir dépassé les 150 heures de garde à vue et d’interrogatoires divers dans tous les dossiers qu’on a essayé de construire contre moi. Je ne me suis jamais soustrait une seconde aux obligations de la justice. »

[« Les faits remontent à dix ans », soit à 2007. « L’enquête a commencé il y a cinq ans », soit en 2013, à partir du moment où l’ex-président n’était plus couvert par l’immunité présidentielle et pouvait répondre devant la justice.
Monsieur Sarkozy donne lui-même le bilan de sa carrière politique au service de la république française… « 150 heures de garde à vue et d’interrogatoires ». Et tout ça, pour quoi ? Pour des « dossiers qu’on a essayé de construire contre moi ». Le voici victime d’une machination. Tout de même, les magistrats ce qu’ils sont méchants avec lui…
À considérer ce nombre, « 150 heures », il est aisé de comprendre pourquoi il était urgent, pour lui, de se faire réélire en 2012 : par sa reconduite à la présidence de la république, il se serait trouvé de nouveau au-dessus de l’application, à son propre cas, des lois de la république pendant cinq ans.
Avec cela… un ancien président de la république, Nicolas-Paul Sarkozy-Bismuth, peut-il se faire un mérite de ne pas s’être « soustrait une seconde aux obligations de la justice » ?]

« Qu’est-ce qui pouvait bien justifier la garde à vue ? Mais, peu importe ! Les policiers ont fait leur travail, en professionnels, et je n’ai rien à dire là-dessus. Après tout, je ne suis pas au-dessus des lois, mais je ne suis pas en dessous non plus. »

[Monsieur Sarkozy pose la question : « Qu’est-ce qui pouvait bien justifier la garde à vue ? » Selon lui, sans doute… rien !
Cependant, durant ses « 150 heures de garde à vue et d’interrogatoires divers dans tous les dossiers », les magistrats ont tout de même bien dû lui signaler quelque chose qui ne concordait pas avec les lois ? « 150 heures », cela fait du temps. Et lorsqu’il dit lui-même : « tous les dossiers », il a bien une idée de toutes les questions qui lui ont été posées à partir d’éléments plus que troublants.
Le « Après tout » est assez cocasse. Lui, par son statut de président, s’était habitué à être, au moins momentanément, « au-dessus des lois ». Mais en 2012, alors qu’il voulait, coûte que coûte, prolonger son séjour au sommet de l’État – ce qui lui aurait permis de se protéger lui-même et de protéger d’éventuels complices – il se retrouvait comme un justiciable ordinaire.
Malgré l’arrivée de François Hollande à l’Élysée et de son équipe au gouvernement, Nicolas Sarkozy s’est longtemps comporté comme s’il était encore président et la plupart de ses ministres comme s’ils étaient encore au pouvoir : c’en était à la fois comique et pathétique. Mais, pour lui, sans doute, il était inacceptable de changer de statut.
Retour à la réalité : en tant qu’ex-président, le voici qui se découvre mis en garde à vue puis mis en examen.]

Journaliste :
« Pendant cette garde à vue, est-ce que les policiers ont produit des pièces nouvelles, des enregistrements, des documents, des écoutes pour étayer leur raisonnement, des documents dont vous n’aviez pas connaissance avant cette garde à vue ? »

« aucun élément nouveau,
par rapport aux calomnies qui courent certaines rédactions »

N. Sarkozy :
« Monsieur Bouleau, je n’avais connaissance d’aucun élément puisque je n’avais pas accès au dossier. J’ai donc répondu pendant près de deux jours à des questions qui m’ont été posées sans n’être jamais, à aucun moment, en difficulté : aucun élément nouveau, par rapport aux calomnies qui courent certaines rédactions, n’a été produit, aucun. D’ailleurs, monsieur Bouleau, si tel était n’était pas le cas, j’imagine que les médias du monde entier en auraient été informés. »

[Monsieur Sarkozy n’ayant « connaissance d’aucun élément » puisqu’il n’avait « pas accès au dossier », s’est nécessairement trouvé en difficulté pour répondre – comme n’importe qui le serait – après avoir perdu de vue, pendant au moins cinq années dans son cas, les éléments qui pouvaient lui être reprochés.
Quant aux magistrats, ils ne peuvent instruire des dossiers à partir de « calomnies qui courent certaines rédactions ». Ils décident d’une mise en garde à vue à partir du moment où ils disposent d’éléments précis, sérieux qui peuvent donner lieu à des chefs d’accusation en vue d’une éventuelle mise en examen. Pendant cette garde à vue, il leur fallait obtenir de Nicolas Sarkozy des explications tout aussi précises.
Nicolas Sarkozy a probablement découvert qu’il existait des témoignages précis, avec dates, lieux, circonstances, etc., qui exigent de lui un travail de réflexion pour apporter des réponses motivées.
Durant sa garde à vue, les magistrats instructeurs ont dû se relayer pour lui poser des questions, chacun à partir d’un éclairage différent mais en s’en tenant toujours à des éléments précis qui demandent des réponses précises, lesquelles sont nécessairement consignées dans le dossier par des greffiers.]

Il vient de dire :
« Mais, moi, j’ai des documents à produire. Devant les Français »

« Mais, moi, j’ai des documents à produire. Devant les Français. Car je veux qu’ils sachent ce qui est en train de se jouer, et ce qui se passe. »

[Voici le grand moment de l’émission qui va, à coup sûr, renverser la situation dans laquelle il s’est trouvé jusqu’ici et balayer inéluctablement toutes les calomnies qui courent contre lui. Vous allez voir ce que vous allez voir : Nicolas Sarkozy a « des documents ». Combien ? Un document, deux documents, une masse de documents ?]

« Car, au fond, on m’interroge sur ma campagne et son financement de 2007. Mais, monsieur Bouleau, rappelez-vous : entre 2011 et 2013, j’ai été poursuivi et interrogé sur ma campagne de 2007, cette fois-ci parce qu’elle aurait été financée par du liquide obtenu par abus de faiblesse de ma part sur une vieille dame : c’est l’affaire Bettencourt. »

[À ce moment, le journaliste constate que Nicolas Sarkozy passe à autre chose…]

Journaliste :
« Et c’est un autre dossier. »

« par un ignoble dictateur qui s’appelle Kadhafi »
Eh oui, il arrive
que les morts fassent plus de mal que les vivants…

N. Sarkozy :
« Non, ce dossier est fini. L’incrimination de délit illégal de financement de campagne : il y a eu un non-lieu. Plusieurs années après, on revient sur la campagne de 2007 mais, cette fois-ci, elle n’aurait pas été financée par de l’argent extorqué d’une vieille dame : madame Bettencourt, mais par un ignoble dictateur qui s’appelle Kadhafi. Quel est le candidat qui a jamais vu sa campagne et son financement mis au laser comme moi ? Savez-vous ce… »

[Selon Nicolas Sarkozy, s’il « y a eu un non-lieu » concernant le financement de sa campagne avec de l’argent extorqué à une « vieille dame », pourquoi donc instruire un autre procès sur le financement de sa campagne par « un ignoble dictateur qui s’appelle Kadhafi » ?
Selon Nicolas Sarkozy, les magistrats s’acharnent contre lui en passant sa « campagne et son financement » « au laser », c’est-à-dire à une analyse aussi fine que possible, alors que, toujours selon lui, il a débarrassé le peuple libyen d’un « ignoble dictateur ».]

Journaliste :
« Édouard Balladur en 95. Édouard Balladur en 95. (N. Sarkozy : Ben, je ne pense pas…) Il y avait des soupçons de de sommes en liquide. »

[Le journaliste évoque, ici, une affaire qui avait, pendant un temps, défrayé la chronique et qui a été dénommée “Affaire de Karachi”.]

« On est bien loin des allégations folles
de monsieur Kadhafi et de Médiapart »

N. Sarkozy :
« Parfait. (Journaliste : pour financer cette campagne.) Je ne pense pas qu’il ait été mis en garde en vue. Tant mieux pour lui. Savez-vous le chiffre qu’ont formulé les policiers… Ils m’ont interrogé sur le liquide qui aurait circulé dans ma campagne de 2007 : 38.000 euros ; ce qui représente, sur une campagne qui a coûté 21 millions d’euros : 0,0018 %. On est bien loin des allégations folles de monsieur Kadhafi et de Médiapart parlant de 50 millions d’euros. »

[Fuyant Karachi et le Pakistan, il préfère revenir à ses attaques contre Muammar Gaddhafi et Médiapart.
Pendant cinq ans, il y a eu des magistrats, des journalistes qui ont travaillé sur le financement de cette campagne et, tout ça, pour faire quoi ? Pour ennuyer monsieur Sarkozy pendant près de 48 heures avec des questions qui portent sur aucun élément nouveau et à propos d’une somme en liquide de « 38.000 euros » qui aurait exigé près de 48 heures d’audition dans les locaux de l’office anti-corruption de Nanterre.
La campagne présidentielle de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire) [sic] a-t-elle été financée par l’État des masses libyen ? C’est ce que les magistrats veulent savoir.
À cet endroit précis, il faut se rappeler le début de l’émission…]

« Les raisons de la mise en examen de Nicolas Sarkozy :
1. Corruption passive.
2. Financement illégal de campagne électorale.
3. Recel de détournement de fonds publics libyens. »

*

Autrement dit, monsieur Sarkozy prend les Français et les Françaises pour des imbéciles. Et ça marche ! (Cf. Facebook et Twitter)…

Suite : 2 – De « faux-vrais » documents pour étayer sa défense ?

Françoise Petitdemange
25 mars 2018


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