IV. 111 – « Donc, le droit humanitaire est bafoué tous les jours »

IV. 111 – « Donc, le droit humanitaire
est bafoué tous les jours »

Lors de son passage à la télévision, le Dr Anas Chaker a donné un bilan chiffré en Syrie, qui couvre la période du 19 février jusqu’au 11 mars 2018, jour de l’entretien… « plus de 1.300 victimes et plus de 4.700 blessés ». Mais François Gapihan intervient :
« C’est plus que le bilan affiché par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme. » [BFMTV, Vidéo : Syrie : le calvaire des civils continue dans la Ghouta orientale, 11 mars 2018.]

Un homme, Rami Abdul Rahman, de son vrai nom Oussama Ali Suleiman, a créé son OSDH à Coventry (Angleterre). Il est très apprécié par les opposant(e)s au Président élu, Bachar El Assad, mais aussi par certaines ONG (dont Amnesty International) et les groupes de médias mainstream (AFP, Reuters, Associated Press) qui utilisent le décompte de ses morts et de ses blessés et qui s’appuient sur ses communiqués pour faire de “l’information” : l’OSDH fait “foi”. Pour cela, il disposerait de tout un réseau d’informateurs sur le terrain en Syrie. Mais comment les rémunère-t-il ?

Avec les revenus de la boutique de vêtements qu’il tient avec son épouse ? Un peu court… Avec les pétrodollars de l’Arabie saoudite et du Qatar ? Ces deux monarchies ont intérêt à renverser le Président élu Bachar El Assad. Avec les dollars des États-Unis et les euros de certains pays européens ? Ces pays dits démocratiques ont le même intérêt que les monarchies du Golfe. Et la monarchie de Grande-Bretagne, dans tout cela ? Elle a le même intérêt que les autres. D’ailleurs, Rami Abdul Rahman a été reçu par le chef de la diplomatie britannique, William Hague, quelques mois après le début de la guerre, en novembre 2011 (rien que cela !). Depuis 2013, Bruxelles finance ses activités… C’est dire qu’il rend des services politiques considérables à la coalition occidentalo-golfico-sioniste. Comme le porte-parole de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme, Ali Zeidan, qui faisait passer le Frère Guide, Muammar Gaddhafi, pour un « dictateur » massacrant « son » peuple. Sept ans après, la Libye… le peuple libyen…

Une ombre au tableau d’ Oussama Ali Suleiman : celle de sa propre mère qui le considère comme un “agent de l’étranger. [MProche-Orient, Le comptable de l’hécatombe syrienne, 15 mars 2013.]

Et puis, une autre : les chiffres d’Oussama Ali Suleiman sont parfois dépassés par d’autres estimations, notamment celles du Dr Chaker. Si le petit monsieur de l’OSDH veut rester crédible auprès de toutes les personnes et de tous les organismes qui font boire aux populations le mensonge comme du petit lait, il va falloir qu’il revoit ses chiffres à la hausse.

« Ce qu’il faut savoir, donc, les lignes rouges »

À propos de chiffres, justement, le Dr Anas Chaker répète :
« C’est plus que le bilan affiché et ça, c’est sous réserve parce qu’il y a encore des blessés et encore des victimes sous les décombres. Ce qu’il faut savoir, donc, les lignes rouges proposées par les dirigeants politiques, y compris par monsieur Macron (FG : ligne rouge qui est le recours à l’arme chimique, précisément. Vous, vous assurez que c’est déjà le cas). Ben, c’est déjà le cas depuis très longtemps. » [BFMTV, Vidéo : Syrie : le calvaire des civils continue dans la Ghouta orientale, etc.]

Le Dr Chaker se lance : il assure que « les lignes rouges » « proposées » « par les dirigeants politiques », notamment « par monsieur Macron »… (Nous n’avons pas la suite de la phrase…)

Le président français, Emmanuel Macron, qui a repris le leitmotiv de ses prédécesseurs à l’Élysée, a déclaré, le 13 février 2018, devant l’APP (Association de la Presse Présidentielle) : « Si [la France] a des preuves avérées que des armes chimiques proscrites sont utilisées contre les civils [par le gouvernement, en Syrie], nous frapperons. » « Nous frapperons l’endroit d’où ces envois sont faits ou là où ils sont organisés. La ligne rouge sera respectée. » « Mais aujourd’hui nous n’avons pas, de manière établie par nos services, la preuve que des armes chimiques proscrites par les traités ont été utilisées contre les populations civiles. » [RT (Russia Today), Macron : en cas de preuves avérées d’attaques chimiques, la France « frappera » en Syrie, 13 février 2018.]

Le vice-président de l’organisation “Les Casques Blancs”, Abdulrahman Almawwas, avait rencontré à la mi-février un conseiller du président Emmanuel Macron à Paris : s’il s’agissait de demander des subsides supplémentaires à la France pour faire fonctionner l’organisation, il s’est agi peut-être aussi d’évoquer la « ligne rouge » que tous les opposants au Président syrien, Bachar El Assad, voudraient voir dépassée…

Le Dr Chaker, qui fait peut-être davantage de la politique que de la médecine, a dit, lui-même, quelques minutes plus tôt : « Attaque chimique. Bien entendu, la confirmation, par des prélèvements, est impossible. » Et alors ?

« Donc, le droit humanitaire est bafoué tous les jours »

Le Dr Anas Chaker persiste et signe sans preuve :
« Je rappelle que la Ghouta a été la cible d’une attaque chimique par le gaz sarin en 2013. Donc, le droit humanitaire international est bafoué tous les jours. Euh, mettre la pression sur la population civile pour les [la] transférer, ça fait partie des crimes de guerre. Donc, le crime de guerre, tous les jours en Syrie, on le voit depuis plusieurs années. » [Idem.]

Serait-il en service commandé par la France ? Serait-il venu à BFMTV pour dire que « les lignes rouges »… sont dépassées et que Macron doit frapper ?

Après « les lignes rouges », « les crimes de guerre ». Le Dr Chaker affirme : « le droit humanitaire international est bafoué tous les jours » : « mettre la pression sur la population civile pour la transférer, ça fait partie des crimes de guerre ». Le Dr Chaker, qui se trouve dans la zone de combat de la Ghouta orientale, ne peut ignorer ce qui s’y passe. Donc, ce ne peut être que, de façon délibérée, qu’il confond deux choses : le maintien de la population civile comme otage dans une zone de combat, ainsi imposé par les groupes de « terroristes » mercenaires de la coalition, est un crime de guerre ; le transfert de la population civile, ainsi que l’assure le Croissant Rouge syrien par exemple, pour l’éloigner des zones de combat, ne peut en être un puisqu’il s’agit de la protéger…

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« Donc, il y a un ciblage prémédité
des ambulanciers, des centres de soins et des médecins »

F. G. :
« Comment, en ces circonstances, vos équipes peuvent-elles travailler, actuellement, dans la Ghouta orientale ? » [Idem.]

Dr Anas Chaker :
« Ben, écoutez, très très difficile[ment]. Depuis février, la région de la Ghouta a perdu 30 centres de soins et plusieurs médecins et de secouristes. Nous ne pouvons. Il n’y a pas d’aide. (FG : Tous les centres médicaux sont autant de cibles.) Tout à fait et le Centre qui contient le bureau de l’OSSM a été attaqué avant-hier. Donc, il y a un ciblage prémédité des ambulanciers, des centres de soins et des médecins. » [Idem. Note FP : Le mot complété et le mot barré sont de mon fait.]

Le Dr Chaker complète, au fil des questions, le répertoire des crimes… « il y a un ciblage prémédité des ambulanciers, des centres de soins et des médecins ». La double question qui se pose est celle-ci : si les ambulanciers, les centres de soins et les médecins sont à proximité des civils, ils ne sont pas directement dans les zones de combat ; s’ils sont à proximité des groupes « terroristes », ils sont nécessairement proches des zones de combat et donc sous les bombardements, sans qu’eux-mêmes soient ciblés pour autant…

La Ghouta orientale est peuplée de civils et de mercenaires. Quel rôle ont les “Casques Blancs” dans cette région ? Les civils auraient dû être évacués des zones de combat. Or, il semble que les mercenaires gardent les civils comme otages et tirent dès qu’ils veulent fuir avec leurs familles… ce qui oblige les médecins à s’avancer dans les zones de combat. Que fait l’armée syrienne ? Au fur et à mesure de son avancée sur le terrain, elle parvient à libérer les civils et à leur faire quitter la zone dangereuse, par des couloirs humanitaires qu’elle contrôle, vers des zones libérées. En tant que médecin sur le terrain, le Dr Anas Chaker doit savoir cela.

« Les civils sont donc livrés à eux-mêmes »

FG :
« Que peuvent faire les équipes médicales dans ce cas ?… »

Le Dr Anas Chaker :
« Ben, écoutez, nous sommes presque paralysés. On fait avec les moyens qu’on a, actuellement, sur le terrain. Les gens prennent un risque énorme. Tant qu’il n’y a pas de protection des civils et des médecins sur place, nos équipes restent la cible privilégiée des bombardements. Aujourd’hui, il y a eu 70 raids aériens sur la Ghouta, 70. (FG : Les civils sont donc livrés à eux-mêmes, à vous entendre ?) Les civils sont livrés à eux-mêmes. Ils ne croient plus à la communauté internationale [que] qui dont, normalement, le Conseil de sécurité est censé de les protéger, mais ce [qui] n’est pas le cas, aujourd’hui, en Syrie. » [Idem.]

Le Dr Chaker, manifestement en quête de subsides pour son organisation, évoque maintenant des bombardements qui sont, selon lui, à sens unique, effectués par les armées syrienne et alliées sur la Ghouta orientale peuplée apparemment uniquement de civils… Il omet de parler des tirs des groupes « terroristes » destinés à retenir les civils et des bombardements effectués par ces mêmes groupes, au service de la coalition occidentalo-golfico-sioniste, sur la capitale Damas où des civils se font tuer…

Il réaffirme : « nos équipes restent la cible privilégiée des bombardements ». L’armée syrienne, dont les militaires peuvent avoir, par ailleurs, des membres de leur famille restés dans la Ghouta orientale, et les armées alliées n’ont aucun intérêt à détruire les infrastructures médicales et le personnel. Les unités médicales et les soignant(e)s, qui sont touché(e)s par les bombardements, se trouvent dans les zones de combat pour soigner les civils qui y sont demeurés de gré ou de force, et pour soigner les combattants « terroristes ». Qui sont ces « civils » qui « ne croient plus à la communauté internationale » ? Ceux qui ont cru « à la communauté internationale ». Ces civils, qui ont pu se tenir volontairement auprès des groupes armés « terroristes » en croyant être du côté des gagnants, voudraient désormais sortir des zones de combat, où se trouvent ces nouveaux perdants, et gagner l’autre camp, en prévision de la fin de la guerre. Mais les voici, pour un temps du moins, contraints de rester dans la zone dangereuse sous peine de se faire tirer comme des lapins, dans leur fuite, par les groupes « terroristes ».

François Gapihan, en haut à droite :
« il peut y avoir des rebelles qui eux-mêmes sont membres de groupes islamistes armés »

FG :
« À qui venez-vous en aide, parce qu’il y a un doute sur l’identité finalement des gens qui peuplent la Ghouta orientale, notamment cette zone-là. Parmi les blessés, il peut y avoir des rebelles qui eux-mêmes sont membres de groupes islamistes armés. Est-ce que vos équipes savent à chaque fois à qui elles ont précisément affaire ? »

Cette guerre a commencé par un mensonge : le « dictateur » Bachar El Assad faisait tirer sur des manifestants pacifiques… La suite a très rapidement montré qu’en fait de manifestants, il s’agissait de groupes armés syriens et étrangers qui voulaient renverser le gouvernement syrien, chasser voire assassiner le Président élu Bachar El Assad, pour le compte de la coalition occidentalo-golfico-sioniste qui traite les groupes les plus actifs sur le terrain de « terroristes » pour masquer le fait qu’elle les utilise comme mercenaires. Face au Dr Anas Chaker – qui ne fait pas de politique – d’après ses dires, François Gapihan met le doigt sur le point le plus important de la guerre… « À qui venez-vous en aide, parce qu’il y a un doute sur l’identité finalement des gens qui peuplent la Ghouta orientale, notamment cette zone-là. »

Le Dr Anas Chaker répond :
« Ben, écoutez, le médecin ou le secouriste n’a pas le droit de poser la question : on reçoit des victimes, on a l’obligation morale et éthique de les soigner. » (FG : « D’accord. ») Peu importe qui fait quoi sur le terrain. Nous ne cherchons pas qui fait quoi. Le plus important, pour nous, c’est d’épargner les civils qui tombent tous les jours sous les bombardements et les missiles sol-sol. Aujourd’hui, il y a eu 110 missiles sol-sol vers la Ghouta. » [Idem.]

« Peu importe qui fait quoi sur le terrain. Nous ne cherchons pas qui fait quoi. » C’est avouer qu’il n’y a pas que des civils dans la Ghouta orientale… Il a beau ensuite se donner bonne conscience en déviant sa réponse vers l’éthique médicale : « on reçoit des victimes, on a l’obligation morale et éthique de les soigner », il ne peut tromper effrontément le monde en se rabattant sur les civils : « Le plus important, pour nous, c’est d’épargner les civils ». D’ailleurs, la Ghouta orientale était tenue, depuis 2012, par les groupes « terroristes » composés de nombreux djihadistes, accourus de pays européens, dont la France, pour servir, contre Bachar El Assad et le peuple syrien, ces pays où ils vivaient jusque-là et qui, pourtant, ne leur font vraiment pas de cadeau.

Voilà ! C’est la fin de l’entretien. Dans la Ghouta orientale, il y a bien des groupes armés terroristes qui vivent parmi la population civile, qui maintiennent celle-ci en otage, et qui envoient des obus de mortier et des roquettes sur la capitale Damas, faisant des blessé(e)s et semant la mort dans la population civile. Le médecin ne peut faire l’impasse là-dessus sauf à être du côté de l’opposition à Bachar El Assad. Il ne peut ignorer que les groupes « terroristes » sont armés contre l’armée syrienne qui – tout compte fait – défend son pays contre une coalition étrangère belliqueuse.

Suite : IV. 112 – En Syrie, la lutte se poursuit contre la pègre occidentalo-golfico-sioniste

Françoise Petitdemange
17 mars 2018


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