IV. 105 – « Mi-fin février »… Alors, la France… Elle la gagne ou elle la perd ?

IV. 105 – « Mi-fin février »… Alors, la France…
Elle la gagne ou elle la perd ?

Le président français aux Émirats Arabes Unis,
3 novembre 2017

Lors d’un voyage aux ÉAU (Émirats Arabes Unis), le 3 novembre 2017, où il avait, à la fois, inauguré le Louvre et rendu visite aux militaires français qui se trouvent dans la Péninsule arabique, le président de la monarchie élective française, Emmanuel Macron, avait déclaré tout de go devant les troupes françaises, sur la base d’Abou Dabi :
« Nous avons gagné à Raqqa. Et les prochaines semaines et les prochains mois, je le crois profondément, nous permettrons de gagner complètement sur le plan militaire dans la zone irako-syrienne. Mais il n’en sera pas terminé pour autant de ce combat. »
« Dans plusieurs endroits, de la Corne de l’Afrique au Golfe, en passant par l’Asie du sud-est et la bande sahélo-saharienne, nombreux sont encore les lieux où ce combat restera pour les années qui viennent un combat aussi militaire. » [Youtube, “Nous avons gagné à Raqqa” dit Emmanuel Macron depuis Abou Dabi, 9 novembre 2017.]
Les voilà prévenus… Certains pourront reprendre du service. La paix n’est pas pour demain.

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan

Mais le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lui, apparaissait beaucoup moins sûr d’une victoire en Syrie. Dans un discours, le 8 novembre, il avait annoncé…
« Nous devons nous préparer au fait que la lutte contre l’ÉI est une guerre de génération, cela prendra du temps. Préparez-vous à ce que Daesh ou ce qu’il en reste, continue d’être une menace pour les pays membres de l’OTAN. » [LeMuslimPost, Macron affirme que la France a gagné à Raqqa : l’OTAN le contredit, 9 novembre 2017.]
Une « menace »… Pour l’OTAN ou pour les populations ?…

« …d’ici mi-fin février, nous aurons gagné la guerre »

À l’Élysée, lors de son entretien avec Laurent Delahousse, le 17 décembre 2017, le président Macron avait, comme cela a déjà été souligné, continué à prendre ses désirs pour des réalités…
« On vient de gagner la guerre en Irak, avec la coalition. Le 9 décembre, le Premier ministre irakien, Abadi [Haïder al-Abadi], a annoncé la fin de la guerre et la victoire face à Daesh. »
en ajoutant, pour la Syrie, une pointe de regret :
« Et je pense que d’ici mi-fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie. Bachar El Assad sera là. Il sera là aussi parce qu’il est protégé par ceux qui, sur le terrain, ont gagné la guerre. Que ce soit l’Iran ou la Russie. » [France 2 TV, L’entretien avec le président de la république, 17 décembre 2017. Propos recueillis par Laurent Delahousse. Note FP : La retranscription à partir d’une vidéo est de mon fait.]
« ceux qui, sur le terrain, ont gagné la guerre. Que ce soit l’Iran ou la Russie »… N’avait-il pas dit que la France avait gagné ici et là et encore là ?…

Jean-Yves Le Drian

Le 8 février, le ministre des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian, n’avait pas hésité à dire :
« Toutes les indications nous montrent aujourd’hui qu’il y a l’usage du chlore par le régime en ce moment en Syrie. » [Le Parisien, Emmanuel Macron : « Je n’oublie pas d’où je viens », 13 février 2018.]

Grand restaurant du mini-palais, Paris éco

Cinq jours plus tard, le 13 février, le président français avait reçu 120 journalistes pour une conférence de presse avant de leur donner un dîner au mini-palais dans le grand restaurant du Café du Grand-Palais, en bord de Seine, à quelques mètres du pont Alexandre-III. Comme s’il lui fallait masquer le cadre luxueux de cette soirée, la condition posée à l’APP (Association de la Presse Présidentielle) était celle-ci : sans caméra, sans appareil photo, et sans micro, donc sans image et sans son.
À la question d’un journaliste : « À quand les frappes en Syrie ? », le président français, qui, sans avoir rompu avec la politique étrangère calamiteuse de Nicolas Sarkozy, François Hollande et du ministre Laurent Fabius, était cependant moins affirmatif que le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian, avait cru pouvoir mettre la pression sur l’État syrien avec un « si »…
« Si la France a des preuves avérées que des armes chimiques proscrites sont utilisées contre les civils en Syrie, nous frapperons. Dès que la preuve sera établie, je ferai ce que j’ai dit. » [Idem.]
Cela fait des années maintenant que les chefs d’États occidentalo-golfico-sionistes, qui se succèdent au pouvoir, ne parviennent pas à produire les preuves de l’utilisation d’ADM (Armes de Destruction Massive) par l’armée syrienne. Ne serait-ce pas parce que ces ADM proviennent, non pas de l’arsenal de l’armée syrienne, mais de celui des groupes djihadistes ? Ne serait-ce pas parce que ces ADM, qu’ils utilisent comme un prétexte récurrent, font partie des armes de destruction massive mises en avant par les médias pour tromper les masses ?

« La France demande une trêve »,
21 février 2018

Le président Macron, le 21 février 2018, était soudainement revenu à la réalité. Il n’avait pas gagné la guerre et, donc, il se trouvait dans une situation de quémandeur auprès du Président de la République Arabe Syrienne, Bachar El Assad :
« La France demande une trêve dans la Ghouta orientale afin de s’assurer des évacuations nécessaires des civils, du maintien, plutôt de la création de tous les accès humanitaires indispensables, dans les meilleurs délais. Nous demandons ainsi l’adoption immédiate de la résolution des Nations Unies sur ce sujet. » [Vidéo, Syrie : Macron demande “une trêve” dans la Ghouta, Paris, 21 février 2018.]
Mais, sur le plan des « accès humanitaires », l’État syrien sait à quoi s’en tenir… S’agit-il de secourir la population civile ? les familles des combattants « terroristes » ? ou d’apporter des armes aux groupes qui luttent contre l’Armée arabe syrienne ? ou d’offrir des échappatoires aux djihadistes ? comme à Alep, par exemple..

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Les trumpettes de la renommée

Oubliant qu’il ne faut pas confondre une équipe de football avec un groupe de musulmans djihadistes appartenant à un ÉI (État Islamique) en déliquescence du côté syrien comme du côté irakien, le président Emmanuel Macron faisait écho aux Trumpettes de la renommée, comme si la coalition, dont la France fait partie, avait vaincu ceux qu’elle a formés, entraînés, financés, armés contre l’armée syrienne. Et pourtant, dans un passé pas si lointain, Emmanuel Macron n’était-il pas dans l’équipe des perdants du piètre François Hollande qui, manifestant une haine incurable contre le président de la République Arabe Syrienne à tendance socialiste, Bachar El Assad, multipliait les fanfaronnades ?…

Suite : IV. 106 – La résolution 2401 de l’ONU : une épine dans le pied de la coalition occidentalo-golfico-sioniste ?

Françoise Petitdemange
8 mars 2018


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