IV. 98 – Le mensonge organisé sous l’égide de l’OTAN

IV. 98 – Le mensonge organisé
sous l’égide de l’OTAN

Mouche ton nez et dis bonjour à la dame”

Le secrétaire général de l’OTAN,
et le président français

Le 19 décembre 2017, le président français recevait le secrétaire général de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), plus justement appelée Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, Jens Stoltenberg.

« Le processus d’Astana ou de Solchi »
(On coupera au montage…)

Fort de la présence de cet homme à ses côtés, le président Macron répondait effrontément au Président syrien Bachar El Assad en travestissant, sans vergogne, la réalité des faits :
« Bien ! Mesdames, Messieurs, Le Processus dit d’Astana ou de Solchi [sic : il veut dire Sotchi] n’aboutit pas aujourd’hui à un résultat parce qu’il n’est pas inclusif, parce qu’il ne représente pas et ne permet pas une juste représentation des opposants à monsieur Bachar El Assad. Je ne crois pas, pour ma part, qu’on puisse construire une paix durable et une solution politique sans la Syrie et les Syriens. » [Vidéo, Le débat – Passe d’armes entre Paris et Damas, ~ 22 décembre 2017. Note FP : La transcription et les mots entre crochets sont de mon fait.]

Au lieu d’avouer le fiasco des négociations de Genève, le président français préférait reporter le fiasco sur le Processus d’Astana, qui a pu instaurer des zones de désescalade du conflit en Syrie, et sur la Conférence de Sotchi à l’issue de laquelle les trois parties présentes (Russie, Iran, Turquie) ont fait une déclaration conjointe.

De plus, le président Macron oublie, de façon récurrente, un fait essentiel… C’est de notoriété mondiale que la coalition occidentalo-golfico-sioniste, à laquelle appartient, corps et âme, la France servile, forme, arme, finance les « terroristes », comme il les appelle. Cette coalition est en train de perdre la guerre sur le terrain contre l’armée syrienne et ses alliées russe et iranienne, et contre le Hezbollah libanais. Mais M. Macron tente de laisser croire qu’il y a encore une guerre à gagner… sur le terrain, en clamant que la « priorité » de cette coalition, c’est « la guerre contre Daesh », alors que cette coalition n’a comme « priorité », depuis le début de cette guerre, que d’armer les prétendus rebelles et les « terroristes » de Daesh contre le Président et le gouvernement, contre la Syrie et sa population.

Comment le président français pouvait-il parler d’« une juste représentation des opposants » alors que cette « représentation d’opposants » n’existe pas en France, ne serait-ce que dans l’Assemblée nationale ? Comment pouvait-il parler de paix en poursuivant les bombardements sur la Syrie, sur l’armée syrienne qui défend son pays, et sur la population civile qui se fait tuer par les groupes de mercenaires de Daesh ? Comment pouvait-il prononcer la dernière phrase alors que le Président Bachar El Assad a été réélu par le peuple syrien…

Re-mouche ton nez et re-dis bonjour au monsieur”

Voici le petit Macron qui, n’ayant que quelques mois de présidence derrière lui, multiplie les mensonges et les propos pour une ingérence incessante dans les affaires intérieures des autres États, comme, ici, en Syrie :
« Je ne crois pas pour autant que la Syrie se résume à Bachar El Assad. Voilà ma position. Nous avons, sur le plan militaire, une priorité : la guerre contre Daesh. C’est pour ça que ses propos étaient inacceptables. Si quelqu’un a combattu et peut gagner d’ici la fin février contre Daesh, c’est la coalition internationale. Tous les autres ont eu des ambiguïtés. Tous les autres ont eu des priorités. C’était de frapper leurs opposants. Pas de frapper les terroristes. Leurs opposants ! Nous, nous avons été cohérents depuis le début. Parce que nous avons un ennemi : cet ennemi, c’est Daesh. » [Idem.]

Le président Macron peut croire ce qu’il veut : c’est son droit. Mais les Françaises et les Français sont libres de ne pas croire en sa parole. Si la coalition occidentalo-golfico-sioniste, n’avait pas soutenu les « terroristes », la guerre en Syrie serait finie depuis longtemps.

Ce président a-t-il réfléchi à ce qu’il dit ? L’armée syrienne ne frappe pas des « opposants » pacifiques mais des groupes armés par une coalition étrangère contre le pays et sa population. Quand, dans leurs propres pays – notamment en France –, des opposant(e)s à l’enfouissement des déchets nucléaires pouvant mettre en danger la vie de la population locale (par exemple) manifestent, les chefs d’États qui se succèdent les uns aux autres sans jamais changer fondamentalement de politique, les considèrent comme des quantités négligeables n’ayant pas voix au chapitre.

Qu’à un moment donné, des “exilés français” s’opposent au président, au gouvernement et à la population de la France et que des mercenaires, armés jusqu’aux dents par une coalition d’États étrangers, mettent sens dessus dessous la France… que fera le président Macron ?

Le président, ami du peuple syrien,
qui le co-bombarde

Pour montrer au secrétaire général de l’OTAN qu’il a bien appris sa leçon, le voici qui la redonne :
« Est-ce que Bachar El Assad est l’ami de la France ? Non ! Est-ce que Bachar El Assad est notre principal ennemi sur le terrain syrien ? Non, c’est Daesh. Bachar El Assad – je l’ai dit à plusieurs reprises – Bachar El Assad, c’est l’ennemi du peuple syrien. » [Cnews, Emmanuel Macron : Bachar el-Assad n’est pas l’ami de la France, 19 décembre 2017.]

Le président français peut multiplier les interventions disant que l’ennemi, c’est Daesh : les Français et Françaises, qui suivent les événements en Syrie, savent très bien que leur pays a apporté une aide aux rebelles et aux groupes de Daesh, du début de la guerre jusqu’à la fin.

Il peut répéter ses phrases toutes faites à l’envi : il ne convainc que lui-même et quelques personnes qui veulent bien être trompées. Mais le peuple syrien, lui, ne s’y trompe pas qui sait d’où viennent les armées qui détruisent son pays – donc son travail – et tuent ses familles depuis des années.

« le maintien de Bachar El Assad contre son peuple »
qui l’a réélu en plein massacre

Le président Macron tourne tellement le dos à la vérité qu’il en perd de plus en plus le sens de l’orientation jusqu’à bafouiller :
« Bachar El Assad, c’est le pouvoir en place en Syrie. Pouvons l’ign, pouvons-nous l’ignorer dans la période de transition ?… Non ! Il faut être réaliste. Donc, ce que je souhaite éviter, c’est que nous ayons une sortie de cette guerre, qui ne se traduise par une forme de statu quo parce que certaines puissances ont un intérêt qui est le statu quo et le maintien de Bachar El Assad contre son peuple. » [Idem.]

Le président Macron peut tourner et retourner son problème dans tous les sens… Les faits sont têtus. Et, puisqu’il dit : « Il faut être réaliste », alors qu’il le soit jusqu’au bout… Bachar El Assad est le Président de la République Arabe Syrienne et c’est le peuple syrien qui l’a reconduit dans ses fonctions présidentielles, en pleine guerre, sous les bombes occidentalo-golfico-sionistes. N’en déplaise au président français qui a une fâcheuse tendance à nier les élections quand les résultats ne lui conviennent pas. Et, donc, lorsqu’il dit et répète que Bachar El Assad est l’ennemi du peuple syrien, le président français, en mentant effrontément, discréditerait sa parole… si c’était encore à faire.

Complètement soumis à Jens Stoltenberg, le président Macron, lors d’un communiqué conjoint, devait flagorner, à plusieurs reprises, son visiteur et se répandre en louanges sur le rôle de l’OTAN, cette organisation destructrice des États, des pays et des peuples.

Bachar El Assad…
« tant qu’il est dépendant de la Russie et de l’Iran »
c’est-à-dire protégé, la coalition ne peut l’assassiner…

Quant au ministre des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian, il manque toutes les occasions de se taire. Passant d’un gouvernement à l’autre, il fait partie de ceux qui font couler le sang du peuple syrien depuis le début. Ce même 19 décembre 2017, avant l’intervention du président Macron faite sous le contrôle du secrétaire général de l’OTAN, il avait déclaré depuis Washington où il s’était peut-être fait remonter les bretelles :
« M. Bachar el-Assad [ne] me semble pas vraiment en situation de pouvoir affirmer une prise de position politique tant qu’il est dépendant de la Russie et de l’Iran. Ensuite, quand on a été le premier à libérer les jihadistes de Daech [acronyme arabe de l’État islamique], on ne donne pas de leçons. Et enfin, quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion. » [Vidéo, Le Parisien, Jean-Yves Le Drian répond aux accusations de Bachar al-Assad, 19 décembre 2017. Note FP : Le [ne] est de mon fait. Comme Macron, Le Drian paraît fâché avec les négations.]

Pour prononcer la dernière phrase, M. Le Drian ne regarde pas son interlocuteur ou son interlocutrice en face : il baisse plutôt la tête comme quelqu’un qui dit un tellement gros mensonge qu’il ne peut l’assumer.

Le peuple français pourrait rappeler à M. Le Drian que la France est dépendante des États-Unis depuis un siècle maintenant, et de l’organisation terroriste qu’est l’OTAN. Et la France, quoi que dise le ministre des AÉ, est dans la coalition qui a soutenu Al-Qaïda contre le peuple libyen et qui soutient Daesh contre le peuple syrien depuis 2011.

« Ce qui est clair, c’est que la France a été dès le départ dans l’action de la coalition contre Daech et qu’aujourd’hui, c’est la coalition qui a permis la victoire. Aujourd’hui, Daech n’a pas encore perdu complètement la guerre, donc il faut continuer le combat. » [rfi, Syrie : échange musclé entre Bachar el-Assad et les autorités françaises, 19 décembre 2017. ]

Propos de menteur et de looser qui ne veut pas reconnaître sa défaite.

L’État français, par ses présidents et ses gouvernements successifs, peut tenter de tromper ses concitoyen(ne)s, mais la France – c’est de notoriété mondiale – est partie prenante dans les 350.000 hommes, femmes, enfants tué(e)s en Syrie, les centaines de milliers de blessé(e)s et les millions de déplacé(e)s…

Suite : IV. 99 – Les 8èmes Pourpalers d’Astana (Kazakhstan) 21-22 décembre 2017

Françoise Petitdemange
26 février 2018


Une réflexion sur “IV. 98 – Le mensonge organisé sous l’égide de l’OTAN

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