Jalons pour une analyse rétrospective de l’histoire de la Sécurité sociale

À l’occasion d’un colloque tenu au Sénat les 24, 25, 26 octobre 1996 (il y a donc maintenant plus de quinze ans), Antoine Prost (photographie jointe) s’est engagé dans une démarche que nous allons pouvoir reprendre à notre compte et développer, si possible, jusque dans le détail…

Voici de quoi il s’agissait :
« On se propose ici d’interroger le passé à partir d’un diagnostic présent pour retrouver les racines du système de protection sociale que connaît aujourd’hui la France. »

Nous ne sommes certes pas dans la situation d’Antoine Prost qui avait déjà, à ce moment-là, une très longue expérience de la thématique de la protection sociale à la française. Pour notre part, nous ne pouvons pas établir immédiatement un diagnostic.

Mais, en analysant plus particulièrement l’histoire de la Sécurité sociale et de ce qui s’y rattache (comme toute la question des assurances complémentaires, par exemple), il doit nous être possible de retrouver, par capillarité, les lignes essentielles des rapports de classe dans leur développement, en particulier depuis la Libération

Remontée qui ne devrait pas manquer d’être passionnante et passionnée s’il s’agit de l’effectuer collectivement et au plus près de la vie quotidienne de tout un chacun (santé, famille, retraite, chômage, accidents du travail, logement, etc.) et, au surplus, en touchant l’essentiel des grandes questions que pose la vie dans une société « organisée » autour de l’exploitation des uns par les autres.

Peut-être même, en réalisant cette tâche avec une ampleur et une lucidité suffisantes, aurons-nous quelques chances d’apercevoir parfois au bout de notre chemin les lignes d’ouverture vers une organisation différente qui, pour partie, avait été entrevue à la Libération, justement, mais avec le potentiel qu’ajoutent les nouveaux moyens d’information et de diffusion, et après l’expérience difficile d’un « secteur social » en économie capitaliste.

En économie capitaliste?… Oui. Mais une économie capitaliste dont la structuration autour de la dichotomie travail/capital peut aujourd’hui échapper même aux regards les plus vigilants, tant le « social », plutôt moribond désormais, y a déversé de quoi nous faire prendre, pour quelques temps encore, des vessies pour des lanternes.

Michel J. Cuny


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