IV. 82 – Une Syrie fière de sa résistance à l’oppression et reconnaissante à l’égard de ses amis

IV. 82 – Une Syrie
fière de sa résistance à l’oppression
et reconnaissante à l’égard de ses amis

(2ème partie /3)

Discours du président
de la République Arabe Syrienne, Bachar El Assad,
devant le corps diplomatique syrien, 20 août 2017

Les groupes qui tirent les ficelles dans le dos des pantins de la politique occidentalo-golfico-sioniste, ce sont – ainsi que le président Bachar El Assad les a énumérés – « les lobbies, les banques, les grandes entreprises de l’armement, du pétrole, du gaz, de la technologie, et d’autres lobbies » : s’ils ne peuvent obtenir que les États, sur lesquels ils voudraient étendre leurs mains crochues, subissent un changement de régime, ils poussent alors leurs pantins à faire la guerre à ces États « dans l’intérêt de l’élite dirigeante », c’est-à-dire dans leur intérêt exclusif. Et les populations de ces États occidentalo-golfico-sionistes, qui croient pouvoir penser qu’elles vont recueillir quelques fruits des rapines effectuées ou à effectuer dans le monde arabe ou africain ou ex-soviétique, ne récoltent que du mépris. Dès après la Révolution du 1er Septembre 1969 et, surtout, à partir de la création de l’État des masses, Muammar Gaddhafi a su qu’il était impossible de discuter avec la poignée de Libyens exilés, très vite devenus des agents de la CIA ou d’autres services étrangers pour perpétrer des attentats sur le sol libyen et attenter à la vie des Révolutionnaires. Une fois la guerre lancée, les agresseurs, voulant se faire passer pour des humanistes, multiplient les réunions pour l’arrêter. Mais Bachar El Assad sait, lui aussi, qu’avec les « esclaves » des « maîtres » étrangers, il n’est guère possible de discuter. Et donc, « la base » et « l’objectif » des actions de la Syrie reste la lutte contre le terrorisme :
« C’est pourquoi, partant de cette base et de cette conviction, nous avons traité avec une grande souplesse les diverses initiatives proposées depuis le premier jour de la crise, bien que nous savions déjà que la plupart partaient de mauvaises intentions.
Le but de ces initiatives était de parvenir à des résultats précis qu’ils n’ont pas pu obtenir par le terrorisme. Et, comme chacun le sait, elles ont abouti à des résultats modestes ou, si nous parlions en langage non diplomatique, inexistants. Pourquoi ? Parce que nos interlocuteurs étaient soit des terroristes, soit des agents, soit les deux à la fois. Ceux-là touchent de l’argent de leurs maîtres et chaque mot qui sort de leur bouche est approuvé par ces derniers, et peut-être même estampillé sur leur langue.
Autrement dit, en pratique nous dialoguions avec des esclaves. Que pouvions-nous espérer d’un tel dialogue ? Que pouvions-nous espérer quand à chaque réunion et à chaque dialogue, direct ou indirect, ils proposaient tout ce qui correspondait aux intérêts des États étrangers, ennemis de la Syrie, et allait contre les intérêts du peuple syrien et contre l’unité territoriale de la patrie ?
Ces groupes [se trouvent] à la solde des étrangers – aujourd’hui je parle très franchement, car au bout de presque sept années, il n’y a plus moyen d’user d’un langage diplomatique, même s’il s’agit ici d’une réunion de diplomates. Naturellement, nous, nous connaissons cette vérité. Nous savons que ces personnages et que ces groupes, [qui] sont des fantômes imaginaires qui n’existent pas et qui ne pèsent pas, ont découvert récemment qu’ils ne pèsent pas grand-chose et qu’ils sont de simples instruments destinés à être utilisés une seule fois avant d’être jetés à la poubelle ; c’est-à-dire, qu’ils sont tel le matériel médical à usage unique, qu’on ouvre, qu’on utilise et qu’on jette, avec la différence essentielle qu’ils ne sont pas stérilisés au départ et contaminés au point de ne pas être recyclables. »

Il en est des prétendus révolutionnaires syriens comme des prétendus révolutionnaires libyens : n’est pas révolutionnaire qui veut, ni même qui croit l’être…
« Ce qui est charmant [“amusant”] est que, récemment, ils ont commencé à parler des « erreurs de la révolution ». Au cours de l’année écoulée, des articles et des déclarations ont parlé de cette révolution pure et immaculée, eux-mêmes étant purs et immaculés, mais salis tantôt par la militarisation de la révolution, tantôt parce qu’ils ont ouvert leur espace à des extrémistes, etc. »

Le président Bachar El Assad ne s’y trompe pas. À propos de ces prétendus révolutionnaires dont les ficelles dans le dos sont trop grossières pour n’être pas remarquées, il dit, non sans humour…
« Je suis en désaccord avec eux sur ce point et je pense que vous êtes d’accord avec moi. Ils ne se sont pas trompés. Ils ont fait leur devoir. Ils ont été chargés de collaborer et ont rempli leur rôle de collaborateurs. Dans ce domaine, ils ont presque atteint l’infaillibilité en termes de discipline, de dévouement et de loyauté, avec un professionnalisme irréprochable. Mais ils ont fait quelques erreurs : la première lorsqu’ils ont cru que le maître accorde de l’importance à son esclave, je veux parler de leurs maîtres ; la deuxième lorsqu’ils ont cru qu’un peuple maître de lui-même, tel le peuple arabe syrien, accepte de se soumettre à des collaborateurs et des traîtres de leur espèce ; quant à la troisième erreur c’est lorsqu’ils ont dit que la révolution avait échoué.
La vérité est que la révolution n’a pas échoué. Elle a été un modèle de réussite et nous en sommes fiers. Mais je ne parle pas de leur révolution. Je parle de la révolution de l’Armée syrienne face aux terroristes et de la révolution du peuple syrien face aux collaborateurs et aux traîtres. »

De même que les Libyens, traîtres à leur pays, ont tenté de se faire passer pour des révolutionnaires alors qu’ils n’étaient que des traîtres en appelant les bombes occidentales sur leur pays natal ou/et, même, des agents de la CIA revenus en Libye pour détruire la Jamahiriya, les Syriens, parmi lesquels des exilés traîtres à leur pays, se sont pris pour des révolutionnaires, ne trompant qu’eux-mêmes et ceux-celles qui, par intérêt, voulaient bien l’être…
« Ils ont cru avoir monopolisé le terme « révolution », devenu un titre collé à d’autres titres et dont l’usage était interdit à quiconque : le Professeur révolutionnaire untel, le Docteur révolutionnaire untel, etc. Face à cela, nombre de patriotes syriens ont pris ce terme en aversion, juste parce qu’ils se l’étaient accaparé. Non… le terme « révolution » fait partie de notre langage, nous en sommes toujours fiers et nous ne l’avons remis à personne. Qu’ils aient été qualifiés de révolutionnaires ne signifie pas qu’ils le sont et ne change rien à ce qu’ils sont vraiment. Que de personnes portent des noms de Prophètes, paix et bénédiction soient sur eux, sans rien posséder de la foi ? Il en est de même en ce qui les concerne. Qu’on les présente comme révolutionnaires ne signifie pas qu’ils le sont. Nous leurs disons maintenant : “Les véritables révolutionnaires sont l’élite patriote, l’élite humaine et l’élite morale ; mais vous, humainement, moralement et patriotiquement, vous n’êtes pas plus que des déchets.” »

Les dirigeants des États, qui ont répandu le sang du peuple libyen, du peuple syrien, ne pourront plus se faire passer pour des démocrates, défenseurs des populations civiles. Quant à la Turquie, le président syrien Bachar El Assad lève toute ambiguïté quant au rôle qu’elle joue dans cette guerre :
« La véritable raison de la participation de la Turquie aux congrès d’Astana est qu’Erdogan n’a plus d’autres options devant lui. Les terroristes tombent partout, les défaites se succèdent, les scandales aussi du fait de ses relations avec les terroristes. Par conséquent, entrer dans le processus d’Astana est, d’une part, une sorte de couverture et, d’autre part, lui permet de protéger les terroristes. C’est ce qu’il a fait et, comme vous le savez, le blocage de nombre de sessions a eu lieu.
D’un autre côté, Par ailleurs, la participation d’une délégation d’Erdogan aux réunions d’Astana lui confère un rôle en Syrie, un rôle qu’il cherche et dont le but est de légitimer la présence des unités turques en Syrie, c’est-à-dire de légitimer l’occupation, alors que notre position était d’emblée très claire : tout individu turc présent sur le sol syrien, sans le consentement du gouvernement syrien, est un occupant.
Ce qui signifie qu’Erdogan est pratiquement devenu une sorte de mendiant politique sur le bord de la route suppliant pour qu’on lui accorde n’importe quel rôle, parce qu’il sent le déséquilibre qui sévit en Turquie et que le scandale de sa relation avec les terroristes est clairement découvert.
Et, s’il est resté au pouvoir, ce n’est pas pour son ingéniosité comme certains tentent de le présenter, mais parce qu’il a encore un rôle à jouer dans le soutien des terroristes en Syrie. Mais si jamais la situation syrienne se soldait en [dé]faveur du terrorisme ou d’autres forces soutenant le terrorisme, il deviendrait inutile. Il est donc resté au pouvoir à cause de son rôle du moment en Syrie : un rôle destructeur. »

Les réunions d’Astana ont supplanté les réunions de Genève et permis à l’État syrien et aux forces amies de reprendre la main, voire de prendre la main dans les discussions.
« L’un des résultats d’Astana correspond aux « zones de désescalade ». Elles ont suscité nombre d’interrogations. Correspondent-elles à un fait accompli en direction de la partition ? Bénéficieront-elles aux terroristes ? Seraient-elles équivalentes aux zones sécurisées ?
La vérité est que, dans les grandes lignes, elles ne sont pas fondamentalement différentes des initiatives précédentes concernant la cessation des hostilités. Les différences sont dans la forme et concernent la géographie, la formulation et, dans une certaine limite, les procédures légèrement différentes par rapport aux initiatives précédentes, mais leur essence est la même : stopper l’effusion du sang, permettre le retour des déplacés, acheminer les aides humanitaires, donner une chance aux terroristes pour qu’ils quittent la chape terroriste et régler leur situation afin qu’ils reviennent dans le giron de l’État. Tels sont l’aspect général et le but ultime, lequel inclut naturellement la réconciliation nationale, la restauration de l’autorité de l’État, la sortie des terroristes qui déposeraient les armes ; autrement dit, le retour à l’état normal sur tout le territoire. »

Tandis que les États capitalistes se regroupent en entités importantes (États-Unis d’Amérique, Union Européenne…), ils refusent toute idée de création d’entités à d’autres États : ainsi, ils ont tout fait pour obtenir le démantèlement de la Yougoslavie, de l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) ; par contre, alors qu’ils avaient coupé en deux l’Allemagne, au sortir de la seconde guerre mondiale, pour qu’elle ne bascule pas du côté de l’URSS, ils ont miné la RDA (République Démocratique Allemande) jusqu’à obtenir la réunification des deux Allemagnes, etc. Ils ont fait la guerre à la Libye et obtenu une sorte de partition en trois qui l’a ramenée plus de 42 années en arrière. Le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre David Cameron, le président Barack Obama et leurs gouvernements ne supportaient pas l’idée de la création des États-Unis d’Afrique : l’assassinat de Muammar Gaddhafi avait aussi pour but de priver l’Afrique de l’un de ses fils les plus actifs dans la réalisation de l’union des États africains. Les mêmes dirigeants ont fait la guerre contre la Syrie avec l’idée, entre autres, de la diviser. Or, la Syrie est une et indivisible. Le président Bachar El Assad le rappelle pour le cas où certains seraient tentés par la partition du pays.
« Concernant le « fait accompli » : il n’y a pas de fait accompli tant que nous n’arrêtons pas le combat. Nous parlons d’une seule arène, d’un même terrorisme quelles que soient ses différentes bases passant d’un groupe à un autre et d’un gang à un autre. Tant que nous continuerons de frapper le terrorisme dans cette même arène, il ne pourra que s’affaiblir partout ailleurs. Nous le frappons en un endroit, il s’affaiblit dans tous les d’autres. Et, tant que les combats se poursuivent, la situation demeure limitée dans le temps, non l’inverse. Cela signifie qu’il n’y a pas de fait accompli et qu’il n’est pas question qu’en tant que gouvernement syrien nous acceptions une proposition de partition sous n’importe quel titre. Ceci au cas où une telle proposition aurait été avancée, ce qui n’est pas le cas. » [Vidéo SANA (Syrian Arab News Agency), transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal. Note de FP : Pour plus de clarté dans le texte, quelques mots ont été changés par d’autres et la ponctuation a été légèrement modifiée.]

Suite : IV. 83 – Une défaite des dirigeants occidentalo-golfico-sionistes sur tous les plans

Françoise Petitdemange
21 octobre 2017

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