IV. 81 – Des dirigeants occidentalo-golfico-sionistes à la ramasse

IV. 81 – Des dirigeants occidentalo-golfico-sionistes
à la ramasse

(1ère partie /3)

Discours du président
de la République Arabe Syrienne, Bachar El Assad,
devant le corps diplomatique syrien, 20 août 2017

Depuis des décennies, l’Occident ne passe plus par la diplomatie ; il fond directement sur les populations avec ses bombardiers et ses drones, signe de la faiblesse politique et intellectuelle de ses dirigeants… Le président Bachar El Assad en sait quelque chose de cet Occident aux principes démocratiques et aux pratiques humanistes…
« Pour l’Occident, ce conflit est une occasion précieuse de régler ses comptes et de soumettre nombre de pays qui se sont rebellés contre son hégémonie ces dernières décennies. Parmi ces pays : la Syrie, l’Iran, la République Populaire Démocratique de Corée, la Biélorussie, etc. Même la Russie, une superpuissance et non un pays émergent, n’est pas autorisée à se révolter contre l’hégémonie occidentale. »

Après la chute de l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques), les États-Unis et leurs États coloniaux européens, dont la France, ont exulté. La grande bourgeoisie allait pouvoir faire fructifier son capital sans plus aucun frein. Dès lors, les salarié(e)s, dont le système économique n’a plus besoin, patientent dans les succursales des agences pour l’emploi et/ou sont au chômage à vie, et les salarié(e)s, dont le système a encore besoin, doivent accepter une charge de travail inversement proportionnelle à la baisse de leur rémunération, baisse masquée par une non augmentation de la rémunération. Tout paraissait-tout paraît encore réussir aux pays capitalistes. Or…
« Cet Occident vit aujourd’hui une lutte existentielle, non pas parce qu’un ennemi chercherait à le démolir – un tel ennemi n’existe absolument pas – mais parce qu’il pense que la période jouissive de son hégémonie depuis le démantèlement de l’Union soviétique est sur le déclin ; un déclin qui s’accélère à chaque fois que des États se rebellent contre son hégémonie ; une hégémonie qu’il pense pouvoir prolonger indéfiniment par la répression des États rebelles. »

À défaut de pouvoir stopper son déclin, l’Occident détruit tout État qui se développe :
« Et, aujourd’hui, l’Occident vit un état d’hystérie à chaque fois qu’il sent qu’un État se veut partenaire dans la prise d’une décision internationale, dans n’importe quel domaine et n’importe où dans le monde ; ce qui témoigne de son manque de confiance. Mais un manque de confiance qui se traduit par encore plus de recours à la force et, par conséquent, par moins de politique, moins de raison ou pas de raison du tout. »

L’Occident n’a plus même un vernis de culture. D’une certaine manière, Internet et les réseaux sociaux sont révélateurs du niveau intellectuel des populations et de leurs dirigeants : la population de la France sombre dans l’analphabétisme et ses dirigeants sans éthique peuvent lui raconter ce qu’ils veulent. L’Occident a préféré les mensonges au discours de vérité. D’où la perte de toute raison.
« Car pour l’Occident, le partenariat est refusé d’où qu’il vienne. La dépendance est la seule option possible. Dans ce cas, les États-Unis ne sont même pas les partenaires de leurs alliés occidentaux. Ils leur désignent des rôles, précisent les orientations, chacun de leurs pas étant strictement posé dans le sillage de la ligne américaine. Et, en récompense, les États-Unis leur jettent des miettes économiques.
Ajoutez à la scène qu’aux États-Unis, le président n’est pas le faiseur des politiques, mais l’exécuteur ; ce qui paraît encore plus évident aujourd’hui. Les véritables faiseurs des politiques sont les lobbies, les banques, les grandes entreprises de l’armement, du pétrole, du gaz, de la technologie, et d’autres lobbies, lesquels dirigent l’État via des agents élus démocratiquement mais qui gouvernent dans l’intérêt de l’élite dirigeante. »

Le président Bachar El Assad fait la différence entre « les lobbies », « le régime » et « l’État » :
« Donc, les lobbies, l’État ou le régime, et ici, je parlerai plutôt « du régime des États-Unis » et non d’État – ce dont on nous accuse –, car l’État respecte les valeurs de son peuple, respecte ses obligations, respecte les lois internationales, respecte la souveraineté des nations, respecte les principes de l’humanité, et finalement se respecte, tandis que le « régime » ne respecte rien de tout cela, mais travaille uniquement pour l’élite dirigeante, qu’elle soit une élite financière ou autre chose. »

Voici qui situe les États-Unis, l’Europe à leur vraie place…
« Par conséquent, « le régime profond » aux États-Unis ne gouverne pas en partenariat avec le président, mais lui laisse une marge ; le président et son administration ne travaillent pas en partenariat avec les Européens, mais leur laissent une marge ; et les Européens réunis ne sont pas partenaires de leurs agents et clients dans notre région et dans le Monde, ils leur laissent juste une marge, tout en n’étant pas eux-mêmes des partenaires pour le reste du Monde. »

Il y a donc conflit d’intérêts entre « le régime » et l’État », conflit derrière lequel se cache, inavouable, le conflit de classes entre la grande bourgeoisie internationale et les peuples du monde :
« D’où, actuellement, un conflit entre deux forces. La première travaille pour les intérêts des élites dirigeantes, même si cela l’amène à violer toutes les lois et les normes internationales ainsi que la Charte des Nations Unies, même si cela l’amène à assassiner des millions de personnes n’importe où en ce Monde. La deuxième force lui fait face et travaille à préserver la souveraineté des États, le droit international et la Charte des Nations Unies, voyant en cela son propre intérêt et la stabilité pour le Monde. »

Le Monde arabe au milieu de tout cela ? Comme Muammar Gaddhafi, notamment durant les sept mois de guerre en 2011, Bachar El Assad en a vu, non pas les limites, mais les trahisons :
« Telle est donc la résultante des forces actuelles. Et si nous devions parler de la situation arabe au sein de cette résultante, nous dirions que son poids est nul et qu’elle est inexistante sur la scène politique internationale. C’est pourquoi, je ne vois absolument pas la nécessité d’en parler. »

La guerre ? La coalition occidentalo-sioniste la mène depuis longtemps contre la Syrie, coalition à laquelle les monarques du Golfe ont cru bon de se joindre puisque leurs dynasties dépendent du bon vouloir défensif des États-Unis. La guerre de 2011-2017 traduit le déclin de l’Occident poussé à son paroxysme :
« D’aucuns diraient qu’ils ont quand même atteint leur objectif puisqu’ils ont détruit la Syrie. Je dis tout simplement que leur but n’était pas la destruction de la Syrie. Leur but était de la saisir intacte mais subordonnée et soumise, de telle sorte qu’elle était condamnée à se décomposer et à disparaître. Et c’est pourquoi, concernant les pertes et les profits, je répète ce que j’ai déjà dit en 2005 : le prix de la résistance est très inférieur à celui de la capitulation. »

Avant la Libye et la Syrie, il y a eu bien d’autres guerres menées par la coalition occidentalo-sioniste pour détruire toutes relations entre les pays arabo-perses :
« À notre grand regret, douze années sont passées et certains utilisent toujours ce même langage sans avoir tiré les leçons, bien que la prétendue tempête ne se soit pas déchaînée avec la guerre d’Irak, mais avec la guerre Iran-Irak en 1980, suivie de l’entrée au Koweït, puis de l’invasion de l’Irak en 2003, et souffle toujours sur notre région et en Syrie. »

Bachar El Assad fait le même constat que Muammar Gaddhafi a fait avant de mourir assassiné. Ce que les régimes occidentaux détruisent, c’est ce dont ils ne peuvent s’emparer : le travail effectué par des générations durant des décennies pour développer leur propre pays. Leurs dirigeants, porte-parole de la grande bourgeoisie capitaliste, avancent, à chaque fois, la protection des populations civiles pour faire accepter leurs interventions alors qu’ils n’ont rien à faire de ces populations puisqu’ils s’empressent de les bombarder.
« Je souhaiterais que nous comprenions que ce que nous vivons n’est pas une étape isolée, mais liée à celles qui l’ont précédée depuis plusieurs décennies. Nous avons perdu les meilleurs de nos jeunes et une infrastructure qui nous a coûté beaucoup d’argent et de sueur sur plusieurs générations. Mais en retour, nous avons gagné une société plus saine et plus harmonieuse. C’est la vérité, non de simples paroles dites pour plaire aux uns et aux autres. Cette harmonie est aux fondements de la cohésion nationale quelles que soient les croyances, les idées, les traditions, les coutumes, les conceptions et opinions. »

La religion a toujours été utilisée pour mener les peuples là où les intérêts de la grande bourgeoisie capitaliste l’exigent. La Libye, dont la population est à majorité musulmane, était une société laïque : en 2011, la reconnaissance par la France du CNT (Conseil National de Transition) dit « modéré », au détriment de la population libyenne dans son ensemble, a réservé quelque surprise… Le premier président de la Libye contre-révolutionnaire, Mohamed El Megharief, qui avait été secrétaire du FNSL (Front National pour le Salut de la Libye) financé par la CIA et les services secrets français, et qui n’avait cessé de conspirer de l’extérieur contre son pays natal pour prendre le pouvoir, n’a pas fait long feu : il a dû démissionner. La Syrie, dont la population est elle aussi à majorité musulmane, est une société laïque : en 2011, elle a été attaquée en même temps que la Libye. Bachar El Assad l’a dit : la guerre contre la Syrie est destinée à installer au pouvoir la confrérie des Frères Musulmans qui, d’anti-impérialistes qu’ils étaient à leur naissance, sont devenus, de nos jours, des instruments des États impérialistes.
« C’est la première année de la guerre qui fut la plus dangereuse car une « dimension sectaire », bien que limitée, était quelque part présente dans les âmes comme le feu sous la cendre. Si elle avait pu se propager parmi les Syriens quelques années de plus après le déclenchement de cette guerre, nous aurions peut-être vécu une réalité encore plus dangereuse. »

En janvier 2012, des experts russes, qui avaient participé à la rédaction d’un projet de Constitution, d’où la mention de l’arabité désignant la République syrienne et la référence à la loi islamique (la charia) avaient disparu, s’étaient attiré une volée de bois vert de certains Arabes. Un autre projet de Constitution de la République Arabe Syrienne serait soumis à référendum populaire et approuvé le 27 février 2012. C’est à cet épisode que Bachar El Assad fait allusion lorsqu’il déclare…
« Le meilleur exemple tiré de cette guerre est la réaction consécutive à un projet de Constitution parlant d’une République syrienne et non plus de la République « arabe » syrienne. Or, que de fois l’arabité n’a-t-elle été insultée au cours de cette guerre, parce que certains Arabes, et même une grande partie des Arabes, ont trahi, alors que d’autres n’ont pas été d’un grand secours. Il a suffi que les médias parlent de la suppression du mot « arabe » pour que ces mêmes Arabes en fassent toute une histoire. »

IV. 81 - 17 - Bachar El Assad dev.t le corps diplo syrien, 20 at 2017

Les dirigeants va-t-en guerre des États occidentaux qui apportent tout leur soutien aux groupes d’opposants dits modérés qui, pourtant, incluent dans leurs rangs des djihadistes de l’ex-Al-Qaïda rattachés à l’État Islamique, doivent faire face au retour des combattants dans leurs pays respectifs et à des attentats perpétrés sur le sol français, britannique, belge… Bachar El Assad dresse le constat suivant :
« Le résultat de cette résistance et du prix que nous avons payé fait que les revirements récents au niveau des déclarations occidentales ne sont pas dus au réveil soudain de leur conscience humaine face à une Syrie qui aurait été injustement maltraitée, ou une quelconque autre raison de ce genre. Ils ont changé leur discours à cause de la résistance de notre peuple, de la résistance de notre État, de la résistance de nos Forces armées, et évidemment à cause du soutien de nos amis. Ils ont changé, non pour des raisons morales, que nous n’avons jamais eu à constater avant cette guerre, mais à cause des réalités sur le terrain syrien et dans leurs pays, sur leur propre terrain.
En effet, aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine ou un mois sans que survienne un événement résultant directement de leurs décisions stupides et de leur soutien au terrorisme dans cette région. Ce sont ces réalités qui les ont obligés à modifier leurs déclarations, même partiellement, avec une certaine gêne et sans conviction. Des vérités qui se sont imposées d’elles-mêmes. »

Pour mener la guerre contre l’État des masses libyen, contre le peuple et contre le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi, les dirigeants de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis, rejoints par certains monarques du Golfe et leur ami sioniste, n’avaient pas hésité à prétexter la protection du peuple libyen contre les « menées sanguinaires de Kadhafi ». Le peuple libyen sait, six ans après la destruction de son pays, à quoi s’en tenir quant à la protection occidentale… Tout ce que ces dirigeants ont fait a été de détruire les infrastructures du pays, de bombarder l’armée et la police du peuple, de lâcher des bombes sur la population civile, de semer le chaos politique et de laisser les crétins manœuvrés par la CIA, qui avaient cru en la parole de leurs maîtres occidentaux, dans le marasme total. Bachar El Assad ne peut pas oublier cela quand il considère le comportement et les élucubrations de ces dirigeants au début de la guerre menée contre son pays :
« Au début, ils disaient soutenir « le mouvement populaire » ; lequel, au mieux, ne comptait pas plus de 200.000 personnes dans un pays qui en compte 24 millions. Lorsque toutes leurs tentatives ont échoué, ils sont ouvertement passés au soutien des milices armées sous couverture du terme politique « opposition » et de l’adjectif « modérée », suggérant qu’ils sont une « opposition politique », ni des extrémistes, ni des terroristes. Cette deuxième tactique ayant échoué à son tour, et leur comportement scandaleux découvert par l’opinion publique internationale et leur propre opinion publique, ils sont passés à la tactique de la raison humanitaire toujours en vigueur à ce stade de la guerre.
Le résultat de leur positionnement humanitaire est le silence total tant que les terroristes avancent dans n’importe quelle direction et massacrent des civils, mais, dès que l’Armée prend le pas sur les terroristes, fusent les cris, les suppliques et les lamentations réclamant une trêve pour prétendument arrêter l’effusion du sang, acheminer les aides humanitaires et d’autres raisons que nous, Syriens, connaissons bien ; le véritable objectif de toutes ces tactiques étant de permettre aux milices armées de se réorganiser et de se réarmer, tout en leur envoyant encore plus de recrues, de continuer à les soutenir et à les laisser poursuivre leurs actions terroristes.
En vérité, toutes ces tactiques n’ont absolument pas réussi à nous berner. Dès le début, et à chacune des trois étapes précitées, nous avons frappé le terrorisme et nous continuerons tant qu’il restera un seul terroriste en Syrie. Quant à la guerre médiatique et psychologique ininterrompue depuis des années, elle n’a jamais pu nous détourner de cet objectif de lutte contre le terrorisme, pas plus qu’elle n’a suscité notre peur ou nos doutes. » [Note de FP : Pour plus de clarté dans le texte, un mot a été changé par un autre et la ponctuation a été légèrement modifiée.]

Les populations des pays occidentaux devraient se réveiller pour ne pas être écrasées. Mais ce réveil supposerait pour elles de retrouver le chemin de leur propre histoire dont elles se sont laissé détourner. Ce qui est devenu quasi impossible.

Suite : IV. 82 – Une Syrie fière de sa résistance à l’oppression et reconnaissante à l’égard de ses amis 

Françoise Petitdemange
17 octobre 2017

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