IV. 68 – Président Bachar Al Assad : un homme sans illusion sur l’Occident

IV. 68 – Président Bachar Al Assad :
un homme sans illusion sur l’Occident

2ème partie

Toujours dans le cadre de l’entretien accordé à un journaliste de l’AFP, le 13 avril 2017, le président Bachar Al Assad devait évoquer, après la présumée attaque chimique menée quelques jours auparavant, le 4 avril, sur le sol de son pays, à Khan Cheikhoun, et attribuée sans preuve à l’armée syrienne, les frappes aériennes états-uniennes, non présumées et donc réellement effectuées sur la base militaire de Al-Sharayt… en signe de représailles ! [SANA, L’Agence Arabe Syrienne d’Informations, Le président al-Assad : « Nous ne possédons pas d’armes chimiques et nous avons renoncé à tout notre arsenal », 14 avril 2017. Note de l’Auteuse : Quelques termes modifiés ou ajoutés sont en écriture romaine (non italique) ; la ponctuation n’a guère été changée ; les indications entre crochets sont de mon fait.]

À la 7ème question du journaliste,
« Mais pensez-vous qu’il y aura une deuxième attaque ? »,

« Tant que les États-Unis resteront gouvernés
par ce rassemblement de complexes
d’industries  militaires, d’entreprises financières et bancaires… 
»

le Président Bachar Al Assad répond, sans l’ombre d’un doute…
« Tant que les États-Unis resteront gouvernés par ce rassemblement de complexes d’industries militaires, d’entreprises financières et bancaires – ce qu’on peut appeler le régime profond qui œuvre dans l’intérêt de ces groupes –, bien sûr que cela peut se reproduire n’importe quand et n’importe où, et pas seulement en Syrie. »

C’est effectivement appuyés sur cette collusion entre les complexes capitalistes militaro-industriels, bancaires et financiers, que leurs valets, les dirigeants occidentalo-golfico-sionistes, mènent des guerres contre les populations sous le prétexte fallacieux et criminel de les protéger ! Ces guerres, liberticides pour la majorité des populations, sont préparées de plus ou moins longue date… Non seulement, elles doivent détruire la liberté des peuples de choisir eux-mêmes leur propre destin, mais aussi elles anéantissent des décennies, voire des siècles de travail, voire aussi des millénaires lorsqu’elles touchent aux sites archéologiques qui font partie, non du patrimoine de quelques lobbies, mais de l’histoire de toute l’humanité. Cf., du côté des populations, ce qu’écrivaient les chefs de tribus libyens dans leur « Déclaration » de juin 2011. (FP, La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011), Éditions Paroles Vives 2014, pages 497 à 499.) Cf., du côté de la bourgeoisie, ce qui se manigance à la fois avec l’assentiment muet des populations et contre elles. Texte de MJC : https://unefrancearefaire.com/2015/12/17/une-france-qui-parait-n-avoir-plus-d-autre-ressource-que-la-guerre/

L’Irak, la Côte d’Ivoire, la Libye et la Syrie, le Mali, etc., etc., etc. Et, pas plus en France qu’aux États-Unis, le changement du guignol à la présidence ne peut empêcher les guerres. Pour ce faire, il faudrait des révolutions populaires pour obtenir un changement de structures politico-économiques dont ne veut surtout pas entendre parler l’oligarchie bourgeoise qui construit sa fortune capitalistique et son pouvoir politico-économique en suçant le sang des peuples (exploitation du travail) et, quand cela ne suffit pas, en le versant (guerres).

8ème question :
« Et votre armée et les Russes réagiront-ils en représailles si cela se reproduit ? »

« Cependant, la vraie guerre en Syrie
ne dépend pas de ces missiles, mais… »

Président Bachar Al Assad :
« Si vous voulez parler de représailles, nous parlons de missiles qui parcourent des centaines de kilomètres, chose que nous ne pouvons pas atteindre. Cependant, la vraie guerre en Syrie ne dépend pas de ces missiles, mais du soutien apporté aux terroristes. C’est la partie la plus dangereuse dans cette guerre.
Notre riposte sera la même qu’au premier jour : écraser les terroristes partout en Syrie. Lorsque nous nous en débarrasserons, rien ne nous inquiétera plus jamais. Telle est donc notre riposte, et ce n’est pas une réaction à un événement précis. »

Voilà qui ne peut convenir aux puissances occidentalo-golfico-sionistes qui ont besoin de mercenaires à leur solde, et qui tantôt les utilisent en leur procurant des armes – quelles armes ? – contre la RDA (République Démocratique Afghane) soutenue par l’armée soviétique qui n’a fait que répondre à son appel, et contre le peuple afghan, contre la République d’Irak et le peuple irakien, contre la Jamahiriya et le peuple libyen, contre la République Arabe Syrienne et le peuple syrien.., tantôt les anéantissent en les pourchassant comme du gibier pour les tuer.

La 9ème question montre que les États belliqueux profitent au maximum de leur suprématie militaro-industrielle…
« Vous dites donc que la riposte par l’armée syrienne ou par les Russes sera très difficile car les navires sont très éloignés. »
…jusqu’au moment où… Car l’histoire est là pour rappeler que les impérialismes ne sont pas ad vitam æternam (pour toujours). D’où la haine occidentalo-golfico-sioniste tournée contre la Russie, l’Iran, le Hezbollah libanais, la Chine, la Corée du Nord

« C’est-à-dire qu’ils peuvent lancer des missiles
à partir d’un autre continent… »

Le Président Bachar Al Assad :
« C’est tout à fait vrai pour nous qui sommes un petit pays, tout le monde le sait d’ailleurs. Nous ne pouvons pas atteindre ces navires. C’est-à-dire qu’ils peuvent lancer des missiles à partir d’un autre continent, tout le monde le sait. C’est une grande puissance, nous ne le sommes pas. Quant aux Russes, c’est une autre affaire. »

Napoléon, Hitler en ont su quelque chose de la Russie et du peuple russe (pour le premier), et de l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) et du peuple soviétique pour le deuxième. Et Vladimir Poutine n’est pas du genre à se laisser attendrir par les sourires carnassiers de l’Occident. Avis aux Trump and C° et à leurs complexes militaro-industriels… Les populations occidentales, qui regardent, sur leurs écrans de télévision, les bombes tomber sur l’Afghanistan, le Liban, l’Irak, la Libye, la Syrie…, ne pourront pas toujours rester stupides et passives, surtout lorsque les bombes les atteindront elles-mêmes, et leurs enfants et petits-enfants…

10ème question :
« Allez-vous accepter les résultats d’une enquête menée par l’OPCW ? »

L’OPCW (Organisation for the Prohibition of Chemical Weapons) est l’acronyme anglais qui correspond à celui en français de l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques)… Il a été vu, dans la 1ère partie de cet entretien, que certains membres de l’ONU et de l’OIAC se gargarisaient de mots : « mission d’établissement des faits », « mission d’enquête conjointe de l’OIAC »… et cachaient leur allégeance aux États-Unis derrière leur vantardise, mais ils ne font que se tromper eux-mêmes.

« Mais cette enquête doit être impartiale… »

Le Président Bachar Al Assad se souvient… À la lumière des expériences récentes, il faut obtenir de sérieuses garanties :
« Dès 2013, lorsque les terroristes ont lancé leurs premières attaques contre l’armée syrienne en utilisant des missiles chimiques, nous avons réclamé une enquête. C’était nous qui avions demandé que des enquêtes soient menées. Cette fois-ci, nous avons discuté avec les Russes durant les quelque derniers jours qui ont suivi l’attaque, et hier encore afin d’œuvrer ensemble en vue d’une enquête internationale. Mais cette enquête doit être impartiale. Nous pouvons permettre toute enquête si, et seulement si, elle est impartiale, et si nous pouvons nous assurer que des pays impartiaux y prendront part, pour être certains qu’elle ne sera pas utilisée à des fins politiques. »

La 11ème question indique que le camp occidentalo-golfico-sioniste est prêt à tout :
« Et s’ils accusent le gouvernement, renoncerez-vous au pouvoir ? »

« Si vous parlez de l’OIAC,
s’ils arrivent à prouver qu’une attaque a eu lieu,
il faudra enquêter pour savoir qui a donné l’ordre
de lancer une telle attaque. 
»

Le Président Bachar Al Assad sait à quoi s’en tenir en ce qui concerne « l’Occident » :
« S’ils accusent ou s’ils le prouvent ? Il y a une grande différence. Car déjà ils accusent le gouvernement. Et si vous entendez par “ils” l’Occident, non, car l’Occident ne nous intéresse pas. Si vous parlez de l’OIAC, s’ils arrivent à prouver qu’une attaque a eu lieu, il faudra enquêter pour savoir qui a donné l’ordre de lancer une telle attaque. Mais pour ce qui est de l’armée syrienne, une chose est à cent pour cent certaine : nous ne possédons pas de telles armes, et nous ne pouvons pas, même si nous le voulions, nous ne pouvons pas et nous n’avons pas les moyens nécessaires de lancer une telle attaque, ni la volonté de le faire. »

Alors, l’OIAC peut toujours enquêter…

À question franche, la 12ème
« Vous voulez dire que vous ne possédez pas d’armes chimiques ? »

« Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé
à tout notre arsenal… 
»

…réponse franche du Président Bachar Al Assad :
« Non, absolument pas. Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal. L’OIAC a déclaré que la Syrie est vide de toute matière chimique. »

D’où la lenteur de cette organisation à réagir. Il devient difficile, pour l’OIAC, de délivrer des résultats selon les volontés occidentalo-golfico-sionistes.

La 13ème question se rapporte à la base aérienne d’Al-Sharayt attaquée, le 7 avril, par la coalition états-unienne sous le prétexte que les avions syriens avaient décollé de cette base censée détenir des entrepôts d’armes interdites pour attaquer Khan Cheykhoun à l’arme chimique ! Le journaliste, pour que cela soit bien clair…
« Je pose la question parce que les Américains ont [le Pentagone a] dit qu’il y avait des armes chimiques dans la base aérienne, le niez-vous ? »

« Ils (les secouristes) ne portaient
ni masques, ni gants de protection… »

Le Président Bachar Al Assad :
« Ils ont attaqué la base et détruit les dépôts qui contiennent différents matériels mais il n’y avait pas de gaz sarin. Alors, comment peuvent-ils dire que nous avons lancé notre attaque au sarin à partir de cette même base aérienne ? Qu’est-ce qui est arrivé au sarin quand ils ont attaqué les dépôts ? A-t-on entendu parler du sarin ?
Notre chef d’État-major est arrivé dans la base quelques heures seulement après l’attaque. Comment a-t-il pu y aller s’il y avait du sarin ? Comment le nombre de martyres pouvait-il être de six sur les centaines de soldats et d’officiers présents sur les lieux ? S’il y avait du sarin dans la base, comment se fait-il que les autres n’en soient pas morts ?
Sur les mêmes images-vidéos truquées de Khan Cheikhoun, lorsque les secouristes essayaient de venir en aide aux victimes ou aux personnes supposées affectées, ils ne portaient ni masques, ni gants de protection. Comment est-ce possible ? Où est donc le sarin ? Ils auraient dû en être directement affectés.
Tout cela n’est donc que des allégations. Je veux dire que cette attaque américaine et ces allégations constituent une preuve supplémentaire du fait qu’il n’y a de fabrication de sarin nulle part. »

Les États-Unis ont accusé l’Irak, puis la Libye, et accusent dorénavant la Syrie d’utiliser des armes de destruction massive qu’ils ont utilisées, quant à eux – impunément – sur le Japon (bombes nucléaires), au Viêt Nam (gaz napalm), et qu’ils ont continué à utiliser – toujours aussi impunément – en Afghanistan, en Yougoslavie, au Kosovo, en Irak, en Libye. Et en Syrie… aussi ?

Suite : IV. 69 – Président Bachar Al Assad : un homme de parole, loin de la logorrhée occidentale

Françoise Petitdemange
8 juillet 2017

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