IV. 46 – La coalition du crime attaque l’armée de la République Arabe Syrienne, 17 septembre 2016

IV. 46 – La coalition du crime attaque
l’armée de la République Arabe Syrienne,
17 septembre 2016

Depuis l’intervention de l’armée russe aux côtés de l’armée de la République Arabe Syrienne, le 30 septembre 2015, les États-Unis n’ont cessé d’accuser la Russie de frapper l’opposition « modérée », alors que les groupuscules de l’ASL (Armée syrienne libre) n’ont rien de “modéré” dans la mesure où ils sont armés contre leur propre pays, par les puissances étrangères, et s’acoquinent avec les « terroristes » de Daesh.

John Kerry, Sergueï Lavrov

Le mercredi 7 septembre 2016, le secrétaire d’État, John Kerry, pour les États-Unis, et le ministre des Affaires Étrangères, Sergueï Lavrov, pour la Russie devaient, lors d’une conversation téléphonique, évoquer « les détails de l’accord sur une coopération russo-américaine dans la lutte contre les groupes terroristes en Syrie, l’extension de l’aide humanitaire et le lancement du processus politique ». Enfin… « Il a été convenu de poursuivre les discussions lors d’une rencontre entre MM. Lavrov et Kerry à Genève les 8-9 septembre. » [Saudi Press Agency, Pourparlers Lavrov et Kerry sur la Syrie les 8 et 9 septembre à Genève, 7 septembre 2016. Communiqué du ministère russe des Affaires Étrangères.]

Les jeudi 8 et vendredi 9 septembre 2016, des pourparlers sur la guerre en Syrie avaient effectivement lieu à Genève, lors desquels les deux chefs de la diplomatie russe et états-unienne convenaient d’une nouvelle trêve des combats en Syrie tout en exprimant leur profond désaccord sur le destin du Président syrien qui venait d’être réélu, deux ans plus tôt, le 3 juin 2014 : John Kerry réclamait son départ tandis que Sergueï Lavrov considérait qu’il n’était pas dans les prérogatives russo-états-uniennes de bafouer le vote de la population syrienne.

Alors que le précédent cessez-le-feu, qui datait du 27 février 2016, avait été un échec, dans la nuit du 9 au 10 septembre, après quelque quatorze heures de discussion, un nouveau cessez-le-feu, entre l’armée de la République Arabe Syrienne et l’armée syrienne libre, excluant les « terroristes », était convenu et devait prendre effet à compter du lundi 12 septembre ; par ailleurs, il était question de se mettre d’accord sur ce qu’il faut entendre par « opposition modérée » et « terroristes », sur la nécessité de superviser et de coordonner les livraisons de l’aide humanitaire à la population, et sur une concertation concernant les frappes à mener contre les groupes extrémistes.

Sergueï Karaganov

Le doyen de la faculté d’Économie mondiale et des affaires internationales de l’École supérieure d’économie de Moscou, Sergueï Karaganov, considérait cet accord comme un pas en avant : « La Russie a plus d’une fois proposé de coordonner les opérations en Syrie, mais jusqu’à cette date les États-Unis ont toujours refusé. Il n’y avait même aucun échange d’informations. Aujourd’hui, il s’agit pour la première fois d’une coordination étroite, notamment dans le domaine militaire. » [RBTH (Russia Beyond The Headlines), Oleg Egorov, Russie-États-Unis : un accord capable d’arrêter la guerre en Syrie ?, 11 septembre 2016.]

Igor Konachenkov

Or, les prétendus rebelles « modérés », s’étant empressés de ne pas respecter le cessez-le-feu, la Russie devait rappeler aux États-Unis la décision prise d’un commun accord. Cinq jours plus tard, le 17 septembre, quatre avions et un drone de la coalition internationale (pro-occidentale) “dirigée” par les États-Uniens bombardaient un détachement de l’armée de la République Arabe Syrienne positionné à six kilomètres au sud de l’aérodrome, près de la ville orientale de Deir ez-Zor. Le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, devait déclarer : « Des avions de la coalition internationale anti-Daech (deux F-16 et deux A-10) ont effectué samedi, vers 16h00 ou 16h50 (heure de Paris), quatre frappes contre des unités des troupes gouvernementales syriennes encerclées par les terroristes de Daech. Les avions de la coalition ont pénétré dans l’espace aérien syrien depuis la frontière irakienne. » [Sputnik, La coalition dirigée par les USA frappe l’armée syrienne, 17 septembre 2016.]

En plein cessez-le-feu,
la coalition occidentalo-golfico-sioniste attaque
l’armée de la République Arabe Syrienne

Le commandement de l’armée de la République Arabe Syrienne devait signaler que ces frappes, menées contre les militaires syriens, avaient fait 62 tués et près de 100 blessés. « Les terroristes ont commencé à attaquer les positions de l’armée syrienne immédiatement après la frappe. Cela ressemblait à une couverture aérienne. Des combats intenses sont en cours. » [Idem.] Voilà sans doute pourquoi le cessez-le-feu excluait les « terroristes » : par cette clause, les États-Unis se réservaient la possibilité, sous le prétexte de frapper les « terroristes », d’utiliser ces derniers contre l’armée syrienne.

L’armée de la République Arabe Syrienne
et Bachar El Assad

Les États-Unis parleront de frappes pour couper les lignes d’approvisionnement de Daesh… Comme à l’accoutumée, il s’agit, pour eux, de « bavures », d’une « erreur »… Mais la parole et la signature de ces gens-là, au XXIème siècle, ne sont pas plus dignes de foi que la parole et la signature de leurs ancêtres, du XVème au XIXème siècle, lorsqu’ils promettaient, aux tribus vivant depuis des millénaires sur les immenses territoires entre les deux mers (Atlantique et Pacifique), de ne pas franchir certaines limites : le contrat à peine signé, ils empiétaient sur les territoires des tribus et massacraient celles-ci. Ces États-Uniens demeurent des ex-Européens incapables de vivre en paix avec le reste du monde : ou ils sont des tueurs, ou ils protègent les « terroristes » de Daesh, ou les deux.

Selon le commandement syrien, ces frappes « ont clairement pavé la route aux terroristes de l’État islamique pour qu’ils attaquent les positions et en prennent le contrôle ». [RT (Russia Today), 62 soldats syriens tués dans une frappe attribuée à la coalition menée par les États-Unis, 17 septembre 2016.]

Général Igor Konachenkov

Le général Igor Konachenkov apportait cette précision, renforçant l’idée de certaines personnes, en France, selon laquelle les États-Uniens sont des crétins ou des criminels mais il est possible, aussi, qu’ils soient les deux… « Si cette frappe aérienne repose sur de mauvaises coordonnées, c’est alors une conséquence directe du refus des États-Unis de coordonner leurs efforts antiterroristes avec la Russie sur le territoire syrien. » [Sputnik, La coalition dirigée par les USA frappe l’armée syrienne, 17 septembre 2016.]

L’armée syrienne visée par la coalition du crime,
17 septembre 2016

Le commandement états-unien devait mentir effrontément en disant que le commandement russe avait été prévenu de ces frappes, ce que le commandement russe a infirmé, et, ajoutant l’outrecuidance au mensonge… La coalition « pensait viser des positions de combat de Daesh » alors qu’il s’agissait de positions de combat de l’armée syrienne… La coalition « ne frapperait pas intentionnellement une unité militaire syrienne reconnue », voire… Après avoir fait des morts et des blessés, il s’agit, pour les responsables de la coalition, d’analyser le contexte dans lequel ont eu lieu ces frappes « pour voir si l’on peut en tirer certaines leçons ». [RT, 62 soldats syriens tués dans une frappe attribuée à la coalition menée par les États-Unis, 17 septembre 2016.]

Maria Zakharova

Lors d’un entretien accordé à la chaîne russe Rossiya 24, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, préciserait la pensée russe : « Si nous pouvions déjà auparavant nous douter que la Maison Blanche protégeait le front al-Nosra, maintenant, après la frappe sur l’armée syrienne, nous pouvons tirer une conclusion effrayante pour le monde entier ; la Maison Blanche protège Daesh. » [Idem.]

Suite : IV. 47 – Incompétence de la coalition occidentalo-golfico-sioniste ou action criminelle ?

Françoise Petitdemange
21 avril 2017

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