IV. 4 – D’une hécatombe à l’autre : de Sarkozy à Hollande, en passant par Fabius

 

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Un Libyen tente de rétablir le courant électrique
dans un immeuble de la ville de Benghazi (Libye), 
le 29 février 2016
(Photo Abdullah Doma)

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Dans les ruines d’Alep, après plus de cinq ans de guerre, décembre 2016
(Photo Omar Sanadiki)

IV. 4 – D’une hécatombe à l’autre :
de Sarkozy à Hollande, en passant par Fabius

Il a beau dire, il a beau faire comme s’il n’y était pour rien... Nicolas Sarkozy a été, en tant que président de la république, l’initiateur de la réunion qui a rassemblé une quarantaine de chefs d’État à Paris, le 19 mars 2011, jour même où les premiers bombardiers français étaient lancés contre le peuple libyen et Muammar Gaddhafi. Ces quelque 40 chefs d’État, ayant été mis devant le fait accompli, ne feraient que du suivisme… Sans l’initiative personnelle de Nicolas Sarkozy, relayée par les médias-menteurs et l’« agit-prop » des ONG, l’OTAN n’aurait pu attaquer la Libye comme elle l’a fait ; il est donc à l’origine du désastre politique, économique, social – en un mot : humain – qui a eu lieu en Libye et qui a des conséquences terribles jusqu’à cette fin d’année 2016, en Libye, en Syrie, en France, en Belgique, en Allemagne

Il n’est pas nécessaire d’être diplomé(e) de Sciences-Politiques ou de l’ÉNA (École nationale d’administration) pour savoir que l’OTAN, une fois qu’elle est mise en mouvement, ne sait plus s’arrêter… et que ni l’ONU ni aucune autre organisation ne sont à même de l’arrêter. Et donc l’OTAN a bombardé des maisons habitées par des personnes civiles : des hommes, des femmes, des enfants… Nicolas Sarkozy lui-même, n’étant pas capable d’arrêter la machine otanesque, est à l’origine de l’assassinat de trois hommes qui ont fait la Révolution du 1er Septembre 1969 : Muammar Gaddhafi, Abou Bakr Younis Jaber, Abdelfattah Younès, et d’une tentative d’assassinat sur le révolutionnaire Khouildi El Hamidi ; tous ces hommes étaient âgés, en 2011, de quelque 70 ans. L’OTAN n’a pas hésité à viser la villa de la famille Hamidi où venait d’avoir lieu l’anniversaire d’un enfant, tuant treize civils dont Safa, enceinte, épouse de Khaled, fils de Khouildi, et les deux enfants du couple. Nicolas Sarkozy est partie prenante dans l’élimination de plusieurs membres de la famille Gaddhafi dont les fils de Muammar et de Safiya (Saïf al-Arab, Khamis, Moatassem) et certains de leurs petits-enfants, et dans l’élimination de plus d’un millier de personnes de la tribu Gaddhafi.

Cette guerre, appelée « Protector Unified » (Protecteur unifié), et présentée au monde entier comme destinée à protéger la population qui n’avait rien demandé, ni à Sarkozy ni à l’OTAN, a été menée, de mars à octobre 2011, contre le peuple libyen et le Guide révolutionnaire ; elle a fait plus de 150.000 morts, hommes, femmes et enfants en Libye. Sous le honteux prétexte d’installer une démocratie dans ce pays, laquelle existait – dans toute l’acception du terme – bien avant l’apparition de Nicolas Sarkozy dans le milieu politique français, celui-ci a promu un groupe de prétendus rebelles qui s’est servi du viol et de la torture comme armes de guerre. Par ses décisions à l’emporte-pièce, et par ses manœuvres guerrières, Nicolas Sarkozy, refusant tout recours à la diplomatie, a provoqué la destruction des structures politiques et économiques de la Libye et la mort de nombreux(euses) migrant(e)s (plus de 10.000, principalement des Africain(e)s, depuis 2014, selon l’ONU) qui tentent, depuis 2011, de traverser la Mer Méditerranée pour fuir le groupe de salafistes qui sèment la terreur en Afrique et dans le monde arabe.

Nicolas Sarkozy est responsable (c’est-à-dire qu’il doit rendre des comptes devant les peuples français, libyen mais aussi devant l’ensemble des peuples africains, du carnage en Libye et des dommages qu’il a causés aux États-Unis d’Afrique en train de se créer, et doit supporter toutes les conséquences de ses décisions et des actes qu’elles ont entraînés avant qu’il n’y ait prescription).

L’équipe du nouveau président, François Hollande, ayant accédé au pouvoir en 2012, ne voulait sans doute pas être en reste. Alors que la Syrie se trouvait déstabilisée, depuis mars 2011, tout comme la Libye, par des « manifestants pacifistes » armés qui avaient attaqué des casernes et des commissariats de police pour s’emparer de stocks d’armes, que des pays étrangers dont la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Turquie, le Qatar… au service de l’État sioniste, faisaient tout pour, selon la menace proférée, en 2008, par Nicolas Sarkozy à Bachar El Assad, « mettre la Syrie à feu et à sang », et que l’Armée de la République Arabe Syrienne défendait le pays et sa population contre les groupes de “rebelles” armés, monsieur Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, qui terminait sa tournée au Proche et Moyen Orient (Jordanie, Liban), par la visite d’un camp de réfugié(e)s à Kilis, à la frontière turco-syrienne, déclarait, le 17 août 2012, à des journalistes français : « Des personnes que je viens de voir qui sont heu… des heu… Syriens d’un village qui a été bombardé juste de l’autre côté de la frontière, heu, ces témoignages sont absolument bouleversants. J’ai dit à mes interlocuteurs que quand on entend ça et je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : monsieur Bachar El Assad ne mériterait pas d’être sur la terre. Parce que c’est une opération de destruction d’un peuple qu’il est en train de… d’accomplir. » [Vidéo Youtube, France 2, Fabius : « J’ai vu des témoignages bouleversants, Bashar ne mériterait pas d’être sur la terre », 17 août 2012. Les « heu » et le « de », qui marquent l’hésitation de monsieur Fabius, n’apparaissent pas du tout dans la phrase où il met en cause la vie même de monsieur Bachar El Assad.] Pour ses bonnes phrases tout empreintes d’une diplomatie exemplaire, le ministre des Affaires étrangères et du développement international sera hautement récompensé : nommé, par le président de la république, François Hollande, président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius occupe cette fonction depuis le 8 mars 2016.

Le village, a-t-il été bombardé par l’Armée syrienne de la République Arabe Unie ou par l’ASL (Armée syrienne… “libre”) ? Ces paroles provenant d’un homme – qui pèse ses mots avant de les prononcer – méritaient une forte sanction politique, judiciaire et financière. Chaque homme, chaque femme sait maintenant – sauf si le mensonge est préféré à la vérité – ce qu’il en était des affirmations, proférées et répétées sans production d’aucune preuve, contre Muammar Gaddhafi qui « bombardait son peuple » et ce qu’a été la fin de cet homme qui, arrêté comme prisonnier, a été sauvagement lynché, sous l’œil de rares caméras et appareils photographiques dont les images ont été diffusées dans le monde entier, puis assassiné, nécessairement sur ordre du président français, Nicolas Sarkozy (dont la mère est juive séfarade), sans que monsieur Fabius (issu d’une famille d’antiquaires juifs ashkénazes qui se sont convertis, durant la Seconde guerre mondiale, au catholicisme) n’y voie rien à redire… Comme monsieur Bachar El Assad, monsieur Muammar Gaddhafi ne méritait pas d’être sur la terre ? Chaque homme, chaque femme sait à quoi s’en tenir quant à « une opération de destruction d’un peuple » par Bachar El Assad… Monsieur Fabius, a-t-il protesté contre les bombardements ordonnés par les chefs d’États français et anglo-saxons sur le peuple irakien ? sur les peuples dans les Balkans ? sur les peuples africains ? Etc. Il est difficile de pousser plus loin l’abaissement qui transparaît dans la déclaration d’un ministre contre un homme… Monsieur Fabius aurait bien dû prolonger sa visite jusqu’au camp de Gaza et voir comment l’État sioniste bombarde le peuple palestinien pour le punir de revendiquer sa patrie et l’empêcher de vivre.

Est-ce sa phrase ignominieuse, qui dégrade encore un peu plus la France, qui a permis à monsieur Fabius de quitter, le 11 février 2016, le ministère des Affaires étrangères… avec une promotion à la clef puisqu’il a été nommé président du Conseil constitutionnel, le 8 mars, par François Hollande ?… Oui, il en est ainsi dans une oligarchie bourgeoise : la justice est à la solde du pouvoir et de la finance.

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Suite : IV. 5 – Un matamore à la tribune de l’ONU 

Françoise Petitdemange
22 décembre 2016

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4 réflexions sur “IV. 4 – D’une hécatombe à l’autre : de Sarkozy à Hollande, en passant par Fabius

  1. Bonjour ;
    Les choses et les Affaires Français français ne concernent sue les françaises et les Français je n’ai pas à m’y mêler ni de prêt ni de loin.
    Ici, je porte des éclaircissements sur ce que vous avez conté sur la cause du bombardement du ‘domaine et nom pas d’une simple demeure’ des Khouildi. J’ai remarqué que vous êtes partie et non pas neutre comme vous avez essayé de paraître dans votre écrit.
    Ma fille est parmi les personnes assassinées par M. Sarkozy avec la main de l’OTAN donc la triste vérité détournée par vous est comme suit :
    1- Ce bombardement était le lundi 20 juin 2011 vers 03 heures du matin ;
    2- Feue ma fille Aicha qui s’y trouvait comme baby Sitter (puéricultrice de formation) à notre insu, était retenue contre son gré et de force sans cela elle aurait due fuir le pays en guerre.
    3- Khaled n’était pas loin. Il était caché dans un autre endroit avec son père le général Khouildi. A- Ils savaient que ce bombardement aura lieu un jour ou l’autre étant donné, d’une part ils sont des militaires de carrière (Directeur des Renseignements militaires – Commandant de Corps d’armées à la guerre du Tchad – …) et d’une autre part leurs propriétés à Tripoli furent démolie avant suite à quatre raid. .
    4- J’ai intenté deux procès auprès de deux juridictions pénales et bientôt vous aurez des nouvelles.
    J’espère que vous rectifierez ces et merci beaucoup de votre attention
    Écrit par : Chlih | mardi, 17 janvier 2017

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  2. Je vous remercie, monsieur Abdellatif Chlih, pour votre commentaire.

    J’ai évoqué – seulement évoqué – la Libye, comme exemple, dans ce texte où il était question d’autres problèmes. J’ai rédigé plusieurs textes qui ont été consacrés uniquement à votre pays. Par ailleurs, j’ai écrit deux livres, l’un sur La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011), l’autre sur la guerre en Libye telle que je l’ai perçue depuis la France où je vis.

    Dans ce texte intitulé “D’une hécatombe à l’autre : de Sarkozy à Hollande, en passant par Fabius”, je ne vois pas ce que vous me reprochez précisément. J’ai écrit : « L’OTAN n’a pas hésité à viser la villa de la famille Hamidi où venait d’avoir lieu l’anniversaire d’un enfant, tuant treize civils dont Safa, enceinte, épouse de Khaled, fils de Khouildi, et les deux enfants du couple. »
    J’ai bien indiqué que « treize civils » avaient été tués. Je suis désolée que votre fille, Aïcha, ait perdu la vie lors de ce bombardement et je vous prie de trouver, ici, l’expression de ma profonde tristesse. Je n’ai jamais trouvé, nulle part dans les médias, les prénom et nom de votre fille ; je n’ai pas trouvé davantage les prénoms et noms des autres personnes tuées dans cette villa. D’une façon générale, je ne connais pas les noms et prénoms de toutes les personnes ayant eu leur vie abrégée dans cette guerre qui a eu lieu de mars à octobre 2011, et de celles qui meurent encore, semaine après semaine, noyées dans la Mer Méditerranée. La guerre, c’est terrible : beaucoup de personnes meurent dans l’anonymat total.

    Lorsque vous affirmez… « J’ai remarqué que vous êtes partie et non pas neutre comme vous avez essayé de paraître dans votre écrit » et lorsque vous me prêtez une intention… « donc la triste vérité détournée par vous », je puis vous dire, en toute cordialité, que la douleur d’avoir perdu votre fille – douleur que je comprends – vous égare dans votre lecture. Car, dans les nombreux textes que j’ai écrits sur la guerre en Libye, je n’ai jamais omis de citer les vrais responsables (personnes et organisations).

    Dans le cadre du procès que vous intentez, j’espère, pour vous, que, lorsque vous affirmez dans votre point n° 2 : « Feue ma fille Aïcha qui s’y trouvait comme baby sitter (puéricultrice de formation) à notre insu, était retenue contre son gré et de force », et dans votre point n° 3 : « Khaled n’était pas loin. Il était caché dans un autre endroit avec son père », vous pouvez fournir les preuves de ce que vous avancez là, sans lesquelles il pourrait vous être dit que vos propos relèvent de la diffamation.

    Je souhaite que ce procès puisse vous apporter toute la lumière sur les événements qui ont causé le décès de votre fille.

    Bien cordialement à vous,
    Françoise Petitdemange

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  3. Bonsoir monsieur Abdellatif Chlih,

    Il me faut vous dire que, depuis 2011, je poursuis mon travail sur la Libye. Cela n’est pas facile. D’autant que la guerre contre le peuple libyen est quasiment oubliée par les médias et les hommes et les femmes qui l’ont fait faire se comportent comme des irresponsables.
    En France, les mort(e)s ont été passé(e)s sous silence. Il n’a jamais été question, dans les médias, du nombre de mort(e)s que la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, etc., ont fait en Libye. Jamais ! Ce sujet est tabou.

    Dans le livre « La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011) », (Éditions Paroles Vives 2014), j’ai apporté plus de précisions, à propos des événements qui vous touchent, que dans le texte ci-dessus qui n’était pas consacré à la Libye. J’y écris : « D’autres personnes, qui avaient participé à la fête, sont tuées : une tante, un neveu, un cousin, deux jeunes filles au pair, originaires du Maroc, deux enfants du village et des membres du personnel, dont un garde. » (Page 500)
    Je suppose que votre fille Aïcha est l’une de ces deux jeunes filles frappées en plein sommeil par les bombes de l’OTAN. Et j’en déduis que vous êtes Marocain.

    Les guerres sont décidées par une minorité de personnes sur cette planète pour le plus grand profit des marchands d’armes et de tout le “business” qui va avec. Elles frappent, d’abord et avant tout, les populations.
    En détruisant des vies, elles détruisent le patrimoine humain de l’humanité.
    En faisant détruire des habitations, des routes et tout ce qui permet aux populations de vivre au quotidien, les quelques personnes, qui décident des guerres, font détruire le travail de la majorité des peuples et font reculer le développement de ces pays.
    Si ces quelques personnes étaient obligées de fournir elles-mêmes un vrai travail, elles rangeraient leurs bombes – peut-être même les feraient-elles détruire au plus vite – pour sauvegarder le résultat de leurs heures, de leurs jours, de leurs années, de leur vie passé(e)s dans un bureau, une usine, etc.

    N’hésitez pas à me tenir au courant – si vous le voulez – de l’évolution du procès que vous avez engagé en mémoire de votre fille.

    Avec mes bien cordiales salutations,
    Madame Françoise Petitdemange

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