III 24. Muammar Gaddhafi ? « Un fou », bien sûr…

(Le torchon de papier d’A.C.)

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III 24. Muammar Gaddhafi ? « Un fou », bien sûr…

Depuis(Voici sans doute, sous le prénom de Salma, une Femme en armes pourvoyeuse d’objets pornographiques.) « Salma débarquait dans ma chambre cinq minutes plus tard, avec un lecteur de DVD, pris à une autre pensionnaire, et une pile de disques. « Tiens, voilà du porno. Regarde bien et apprends ! Le maître sera furieux si tu n’es pas au point. C’est ton devoir d’école. ». » (P.62) (L’alcool, la drogue, la pornographie, la prostitution, la mendicité étaient interdit(e)s dans la Libye révolutionnaire de 1969 à 2011. Depuis la guerre capitaliste-impérialiste-colonialiste de 2011, ces fléaux qui pourrissent la vie de nos prétendues démocraties, rampent en Libye.
En 2011, tandis que les bombes de l’OTAN détruisaient la Libye et tuaient des hommes, des femmes, des enfants, certain(e)s invité(e)s dans les médias mainstream répétaient à qui voulait les entendre que Muammar Gaddhafi se droguait. Certains journalistes s’étaient laissé aller jusqu’à écrire qu’il fournissait ses soldats en viagra pour qu’ils violent les femmes : ce qui avait laissé Maître Ceccaldi, avocat de l’État libyen, quasiment sans voix tant le mensonge médiatique était gros. Comme si l’armée du peuple n’avait rien d’autre à faire, pendant que son pays était bombardé, qu’à violer ses propres enfants !
Mettre dans la bouche d’une jeune fille, « Salma », cette phrase : « C’est ton devoir d’école », c’est faire passer Muammar Gaddhafi, qui, avec ses amis révolutionnaires, avait pris les mesures nécessaires pour permettre aux fillettes et aux jeunes filles de s’instruire dans les écoles, les lycées et les universités, et qui ne transigeait pas avec le respect dû aux jeunes filles et aux femmes, pour l’inverse de ce qu’il était.)

(Dans les sociétés musulmanes, l’enfant est protégé par la famille, le clan, la tribu. En Libye, enlever des jeunes filles à leurs familles pour les prostituer au Guide révolutionnaire aurait déchaîné l’ire des familles (des pères comme des mères), l’ire des chefs de clans et de tribus… Muammar Gaddhafi aurait eu toute la société libyenne contre lui.)
« Mon Dieu, l’école… C’était déjà si loin. Je me suis douchée. Amal, qui avait pourtant sa propre chambre, s’est installée dans le lit d’à côté. Cela faisait une semaine que je n’avais parlé à personne et je n’en pouvais plus d’angoisse et de solitude. « Amal, je ne sais pas ce que je fais ici. Ce n’est pas ma vie, ce n’est pas normal. Maman me manque à chaque instant. Est-ce que je peux au moins lui téléphoner ?
– Je vais en parler à Mabrouka. »
Je me suis endormie, épuisée. » (P.62)

(Voici un exemple de la prose descriptive de la journaliste inspirée par son héroïne anonyme. Sa seule défense – bien fragile – réside dans le fait qu’elle écrit « sous sa dictée » (P.21).)
« On a cogné à la porte de ma chambre et Salma est entrée brusquement. « Monte telle que tu es ! Vite ! Ton maître veut te voir ! » Il était 8 heures du matin, je n’avais dormi que quelques heures. Kadhafi, visiblement, venait lui aussi de se réveiller. Il était encore au lit, les cheveux ébouriffés, et s’étirait. « Viens dans mon lit, salope ! » Salma m’a poussée violemment. « Et toi, apporte-nous le petit-déjeuner au lit. » Il m’a arraché mon jogging et m’a sauté dessus avec rage. « Tu as regardé les films, salope ? Tu dois savoir faire maintenant ! » Il rugissait et me mordait partout. Il m’a violée une nouvelle fois. Puis il s’est levé pour manger sa gousse d’ail qui lui donnait en permanence une haleine détestable. « Fous l’camp maintenant, salope. » En sortant, j’ai croisé Galina et deux autres infirmières ukrainiennes qui entraient dans sa chambre. Et j’ai compris ce matin-là que j’avais affaire à un fou. » (PP.62-63)
(Déjà, Mme Cojean avait écrit : « Il prenait son petit-déjeuner : des gousses d’ail. » (P.53) Neuf-dix pages plus loin (PP.62-63), Mme Cojean reprend l’un de ses clichés : un homme du peuple ne peut qu’être grossier, brutal, et ne peut guère manger autre chose au petit-déjeuner que des « gousses d’ail ». À moins qu’étant la sœur d’Alain Cojean, ex-directeur de la R&D (Recherche et Développement) pour McDonald’s France, et fondateur d’une chaîne de restauration rapide “haut-de-gamme”, elle ne soit obnubilée par cette plante potagère.)
(Voilà ce que la journaliste veut faire entrer dans la tête de ses lecteurs et de ses lectrices et par la bouche d’une « Soraya » qui paraît tout aussi imaginaire que son récit : « Kadhafi » est un animal qui « rugit », doublé d’« un fou ». Rien que dans ce dernier paragraphe ci-dessus qui comprend 17 lignes (soit la moitié d’une page du torchon de papier), sont écrits…  3 fois le mot « salope », 1 fois le mot « maître », 1 fois le mot « violée », 1 fois le mot « fou ».)

(“Soraya” avait affirmé : « Les gens s’espionnent, les voisins observent les allées et venues de la maison d’en face, les familles se jalousent, protègent leurs filles et cancanent sur les autres. La machine à ragots est perpétuellement en marche. » (P.31) Quelque 30 pages plus loin, la voici qui affirme le contraire  : « Mais qui le savait ? Papa, maman, les Libyens… Tout le monde ignorait ce qui se passait à Bab al-Azizia. » (P.63) (Les 4 X 4, qui se seraient approchés des maisons libyennes, auraient déversé, durant 42 ans, des équipes qui auraient fait irruption dans les maisons ou les boutiques pour pratiquer le rapt de jeunes filles, puis emmené leurs “produits du rapt” sans trouver la moindre interposition de la part des parents, voire des voisin(e)s, et seraient reparties sans rencontrer la moindre opposition. Le ballet – très discret – des 4 X 4 qui auraient sillonné – depuis 42 ans – les grandes villes comme le désert, dans une Libye de quelque cinq à six millions d’habitant(e)s, pour y prendre des jeunes filles destinées à être emmenées jusqu’à la caravane dans le désert, ou à Bab al-Azizia, et à être utilisées comme objets de débauche, serait passé, selon “Soraya”, inaperçu !
Les Libyens et Libyennes n’auraient jamais évoqué, dans les Congrès Populaires de Base, ces allées et venues entre leurs maisons et Bab al-Azizia ; ils-elles n’auraient jamais évoqué, lors du Congrès Général du Peuple qui se tenait une ou deux fois par an, souvent en présence du Guide, la disparition de jeunes filles retenues prisonnières dans les caves de la caserne, résidence de la famille Gaddhafi. Les chefs de tribus auraient laissé un homme, fût-il Muammar Gaddhafi, se vautrer dans une vie de débauche avec des jeunes filles, membres de leurs tribus ? « Le récit de Soraya » n’étant pas crédible, A.C. prend les devants et y va de ce petit couplet, mis dans la bouche de son héroïne, pour les lecteurs et lectrices qu’il s’agit de prendre pour des “gogos” : ils-elles doivent croire sur paroles.) « Je ne pourrais jamais raconter mon histoire. […], c’est moi qui serais prise pour une folle. » (P.63) (Mais pourquoi donc ? Parce que la famille de “Soraya” elle-même – en admettant qu’elle existât -, aurait su que Muammar Gaddhafi n’était pour rien dans la débauche de leur fille… dans le cas contraire, le père et la mère (qui détestait Muammar Gaddhafi, selon les dires de “Soraya” elle-même) n’auraient pas laissé faire, les frères non plus, d’ailleurs.)

III 24-2. La population libyenne et Muammar Gaddhafi

Les femmes libyennes – parmi lesquelles des mères – et Muammar Gaddhafi

Clic suivant : III 25. Un petit tour du côté de la restauration rapide

Françoise Petitdemange

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