III 19. Un rapt ou une fuite volontaire ? ou un conte ?

(Le torchon de papier d’A.C.)

*

III 19. Un rapt ou une fuite volontaire ?
ou un conte ?

« Les femmes de Kadhafi ont poussé la porte vers 15 heures. D’abord Faïza, puis Salma et enfin Mabrouka. Salma était dans son uniforme de garde du corps, un révolver au ceinturon. (Ici, il est question de jeter le discrédit sur les Femmes en armes. « Les femmes de Kadhafi » n’existent pas. Les femmes en armes étaient des militaires : elles étaient militaires à plein temps ou à mi-temps. Elles pouvaient avoir un autre métier en dehors des gardes. Certaines ont payé de leur vie la défense de la Révolution du 1er Septembre 1969, notamment lors de la contre-révolution, doublée de la guerre coloniale, de 2011.) Les autres portaient des tenues classiques. Elles ont regardé autour d’elles – c’était un jour d’affluence – et ont demandé à une employée : « Où se trouve la mère de Soraya ? » Et elles ont marché droit vers elle.

« Nous faisons partie du Comité de la Révolution et nous étions avec Mouammar, hier matin, quand il a visité l’école. Soraya y a été remarquée. Elle était superbe dans l’habit traditionnel, elle s’est bien acquittée de sa tâche. On aimerait qu’elle offre à nouveau un bouquet à papa Mouammar. Il faudrait qu’elle vienne tout de suite avec nous. » (PP.39-40) (Les Comités révolutionnaires avaient autre chose à faire que de surgir dans un salon de coiffure pour enlever une fille à sa mère, sous un prétexte aussi franchement grotesque : ils avaient été créés pour faire face à des groupes armés, ennemis de la Révolution, qui tentaient de déstabiliser la Libye avec l’appui de services étrangers.)
– Ce n’est pas un très bon moment ! Vous voyez, le salon est plein. J’ai besoin de ma fille !
– Ça ne prendra pas plus d’une heure
– Il s’agit uniquement d’offrir des fleurs ?
– Il se pourrait qu’elle doive aussi maquiller des femmes de l’entourage du Guide.
– Dans ce cas, c’est différent. C’est à moi d’y aller !
– Non non ! C’est à Soraya de remettre le bouquet. » (P.40)
(Il ne faut rien connaître de la pensée, de la parole et de l’action de Muammar Gaddhafi et de l’histoire de la Libye pour dire et écrire de telles balivernes.)

 

III 19. Des Libyennes manifestent à Tripoli, 2011

Des Libyens et des Libyennes manifestent à Tripoli, 2011,
pour soutenir l’Armée du Peuple
contre les criminels occidentaux

« J’assistais à la conversation, intriguée puis excitée. Maman, c’est vrai, était débordée ce jour-là, mais j’étais un peu gênée qu’elle affiche ainsi sa réticence. Si c’était pour le Guide, on ne pouvait quand même pas dire non ! Ma mère a fini par acquiescer – elle n’avait pas le choix – et j’ai suivi les trois femmes. (L’attitude de la mère est en contradiction avec la phrase de “Soraya” disant d’elle : « Elle n’a jamais courbé l’échine. » (P.33), et, à propos de Muammar Gaddhafi : « Maman le détestait, très clairement. » (P.30)) Un gros 4 X 4 était garé devant la boutique. Le chauffeur a démarré le moteur avant même qu’on s’installe. Mabrouka à l’avant ; moi, coincée à l’arrière entre Salma et Faïza. Nous sommes partis en trombe, suivis par deux voitures de gardes que j’ai tout de suite repérées. Je pouvais dire adieu à mon enfance. » (P.40) (Tout ceci est d’autant moins crédible que le pays n’était peuplé alors que de 5 à 6 millions d’habitant(e)s principalement installé(e)s le long de la côte méditerranéenne, et que la structure politique horizontale permettait aux Libyens et Libyennes d’intervenir dans les CPB (Congrès et les Comités Populaires de Base) et au CGP (Congrès Général du Peuple). Par ailleurs, “Soraya”-Cojean, n’a-t-elle pas affirmé à propos des familles libyennes… « Les gens s’espionnent, les voisins observent les allées et venues de la maison d’en face, les familles se jalousent, protègent leurs filles et cancanent sur les autres. » (P.35) Plus loin dans le prétendu récit, elle dira que tout le monde était au courant des “turpitudes” du Guide qui duraient depuis la Révolution…)

 (Cette scène – très discrète, puisque au su et au vu des clientes, dans un salon de coiffure « un jour d’affluence », et des voisin(e)s – qui paraît tout droit sortie des films de série états-uniens, pourrait bien avoir été inventée par “Soraya”-Annick Cojean pour mettre sur le compte de Muammar Gaddhafi, des Femmes en armes, du chauffeur, etc., le départ de “Soraya” du salon de coiffure, mais aussi du domicile familial, pour d’autres raisons que celles racontées dans ce torchon de papier.

Enfin, cette scène, située en 2004, vient tout juste après un embargo imposé au peuple libyen par l’ONU, c’est-à-dire par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, de 1992 à septembre 2003. Les Comités Révolutionnaires et Muammar Gaddhafi avaient autre chose à faire que d’enlever les filles à leurs familles. Ceci est en totale contradiction avec l’évolution du statut de la femme dans la Libye révolutionnaire de 1969 à 2011.)

Clic suivant : III 20. Prisonnière dans le désert pendant six jours…

http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr/#LA_LIBYE_REVOLUTIONNAIRE_.A

Françoise Petitdemange

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