II 1. Avec pareil curriculum vitae, que peut dire cette spécialiste sur le sort réservé par l’Occident au monde arabe ?

(Emission radio, Le Club de la Presse, Europe 1, 20 mai 2015. Analyse) 

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Avec pareil curriculum vitae, que peut dire cette spécialiste
sur le sort réservé par l’Occident au monde arabe ?

Le 20 mai 2015, Agnès Levallois était l’invitée du Club de la Presse, sur Europe 1.
(À noter que le logo de la radio se trouve, effectivement, sur son site.)

Après l’avoir présentée comme la « spécialiste du Moyen Orient et du monde arabe, chargée de cours à l’ENA et à Sciences Po », Nicolas Poincaré tente de dresser un bilan rapide de la situation du moment.
« Faut-il s’inquiéter des récentes progressions de l’État islamique en Syrie et en Irak ? L’État islamique, qui n’est plus qu’à 100 kilomètres de Bagdad après la prise de Ramadi, qui se serait emparé aujourd’hui d’une partie de la cité antique de Palmyre en Syrie… Daesh, est-il en train de progresser, faut-il s’en inquiéter ? On vous pose la question jusqu’à 20 heures avec nos trois grandes voix du soir : Gérard Carreyrou, Serge July et Olivier Duhamel. »

Mais, d’abord, qu’en est-il de la situation au Mali ?

C’est l’animateur de l’émission, Nicolas Poincaré, qui pose la première question…
« Est-ce que c’est une guerre qu’on peut gagner ? »

Agnès Levallois :
« Très difficile, hein, puisqu’on voit bien surtout sur un terrain comme le Mali qui est un terrain extrêmement large et très, très grand. Et donc, la grande difficulté est d’arriver à repérer où sont les terroristes ou ceux qui sont contre nous et la difficulté à pouvoir atteindre puisqu’on sait très bien que, même si on atteint un groupe ou un responsable, il peut y en avoir d’autres et qui se meuvent très facilement sur ces terrains qu’ils connaissent évidemment beaucoup mieux que nous et qui leur donne un avantage certain sur la capacité que l’on a à réagir. »
« Contre nous », c’est-à-dire ? Après son élection en 2012, le nouveau président, François Hollande, n’a pas hésité à marcher sur les pas de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui, en faisant la guerre contre le peuple libyen et le Guide révolutionnaire, Muammar Gaddhafi, a non seulement détruit la Libye mais achevé de déstabiliser toute la région sahélienne. En dépit de plusieurs déclarations, François Hollande, s’ingérant dans les problèmes intérieurs du Mali, lançait le 11 janvier 2013, une importante opération militaire sur le sol de ce pays africain autant que dans les airs, et imposait la date des élections présidentielles au peuple malien pour faire élire l’un de ses favoris. Car, intervenir au Mali, c’est protéger les intérêts français – ou, plutôt, les intérêts de certains Français – dans les mines d’uranium du pays voisin, le Niger.

L’invitée veut croire, quant à elle, que tout va bien, pour la France, dans le meilleur des mondes…
« Ce qu’y a de vrai, c’est que…, non c’est vrai que l’opération française au Mali a été plutôt réussie, mais, là, nous sommes sur des espaces avec peu de population. C’est la grande différence, je crois, quand même, avec l’Irak et la Syrie où la situation, du coup, est beaucoup plus compliquée, heu, qu’on n’a pas vraiment un projet politique au Mali parce que la situation politique, dans ce pays, est autrement différente de celle qui existe en Irak, qu’en Irak, on sort quand même de plus de dix ans de guerre ou, en tous les cas, d’un pays qui a été complètement cassé, déstructuré, lors de l’invasion américaine. »

Comme le dit madame Levallois, « L’opération française au Mali a été plutôt réussie ». En effet… France Diplomatie se trouvait dans l’obligation, en ce mois de mai 2015 – soit, deux ans après l’opération guerrière de François Hollande – d’alerter toute personne, résidant au Mali ou désirant s’y rendre, quant au degré du danger.
« En raison des menaces terroristes prévalant dans la zone sahélienne et des opérations militaires en cours sur une partie du territoire malien, il est recommandé aux personnes devant se rendre en mission au Mali et à nos compatriotes résidant sur place de faire preuve de vigilance et de se tenir informés de l’évolution de la situation. Pour rappel, il est formellement déconseillé de se rendre en zone rouge (cf. carte en rubrique sécurité) et il est déconseillé, sauf raison impérative liée notamment à des déplacements professionnels, de se rendre en zone orange. » Enfin… « Le tourisme au Mali reste formellement déconseillé. » [Citation et carte dans http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/mali-12287/]

1 - Carte du Mali - mai 2015

Carte du Mali – mai 2015
La légende de cette carte est instructive…
En rouge, « Formellement déconseillé »,
En orange, « Déconseillé sauf raisons impératives »

« Le tourisme au Mali reste formellement déconseillé. » Outre que parler de tourisme, lorsque les Occidentaux déstabilisent, pays après pays, un continent en lui faisant la guerre, il est vrai que, à consulter la carte produite par le site, il est difficile de savoir où il serait possible de poser un pied sûr au Mali…

Madame Levallois, spécialiste ès monde arabe, pourra dire, dans la suite de sa prestation au Club de la Presse qui fera l’objet de l’article suivant, que… casser la colonne vertébrale d’un pays ne suffit pas…

http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr/#LA_LIBYE_REVOLUTIONNAIRE_.A

Suite : II 2. Qu’en est-il de l’Irak ?  « complètement cassé »,
« destructuré »…

Françoise Petitdemange

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