Remettre la Russie dans le droit chemin

Le Livre blanc (2008) en est fermement convaincu, quelle que soit sa tentative de retour sur la scène militaire, la Russie est minée de l’intérieur :
« Les faiblesses auxquelles la Russie doit faire face, reconnues par les autorités russes elles-mêmes, ne sont pas moins évidentes : bas niveau d’investissements y compris dans le secteur énergétique, décroissance démographique, problèmes de santé publique, par exemple. » (page 38)

Russie

Eléments dont on voit qu’ils sont à même de jouer un rôle central dans le long terme. Il suffirait d’aider à les bousculer, pour que la Russie se retrouve condamnée à un avenir sombre pour plus d’une génération…

Il n’est donc ensuite plus nécessaire d’appuyer sur le trait… Il suffit d’utiliser un langage tout ce qu’il y a de plus délicat pour faire entendre le pire :
« Une démarche commune des pays européens pour proposer à la Russie une coopération à la fois ambitieuse et équilibrée est nécessaire. Une telle démarche permettra également d’inciter la Russie à un exercice responsable de sa puissance retrouvée, élément indispensable d’un partenariat pour faire face efficacement aux défis internationaux. » (page 38)

Va pour la démarche… Dans l’Ukraine de 2014, nous voyons effectivement une « communauté internationale » qui incite et propose

Incite la Russie à quoi ? Et lui propose quoi ?

C’est ce que nous allons considérer, tout juste pendant un très bref instant…

D’où venait le contentement initial de cette même « communauté internationale » face à la Russie de Boris Eltsine ? C’est ce à quoi va nous aider à répondre l’ouvrage publié chez L’Harmattan en 2009 par Olga Garanina, citoyenne russe, à partir de sa thèse de doctorat. Nous y lisons ceci :
« Dans le cas russe, les réformes semblent conforter les intérêts des élites (qui ont pu se recycler en occupant des postes d’importance ou bien en s’appropriant des richesses) et les intérêts des pays du G7, tant d’un point de vue politique (disparition de la menace soviétique) qu’économique (accès à ses marchés et à ses ressources). « (page 35)

Ses marchés et ses ressources…, livrés à la liberté d’entreprise du capitalisme occidental. Moment d’intense jubilation ! Qui correspondait à une sortie, à vive allure, de l’économie administrée (ce qu’en Occident on appelle la « dictature »). Ainsi qu’Olga Garanina nous le rappelle :
« Officiellement, la privatisation a commencé en 1992. Le programme de privatisation privilégiait une approche rapide des réformes, afin d’assurer l’irréversibilité de la transition vers le marché. La rapidité de la privatisation trouve son appui théorique dans le théorème de Coase selon lequel une fois que les droits de propriété deviennent privés, peu importe que l’allocation initiale ait été irrationnelle, ils seront échangés (vendus) jusqu’à ce qu’ils trouvent leur utilisation la plus productive. » (page 56)

Processus que Vladimir Poutine est venu freiner, autant que faire se peut, dans la situation de ce qu’est désormais devenue l’économie russe, et ceci pour protéger l’ancienne population soviétique des exactions les plus rudes de l’exploitation de l’être humain par l’être humain que les Occidentaux savent si bien déployer partout où les peuples ne sont pas en situation de se défendre avec suffisamment d’opiniâtreté.

Suite : Russie – Une mise à genoux dûment programmée

Michel J. Cuny

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