S’il te plaît, dessine-moi un vrai piège à cons

Avec cette tournure de « solution finale » que lui procure la substitution d’ « exterminer » à « éliminer », la phrase de Grigori Zinoviev devient à elle seule tout un programme puisque, dès 1918, elle engage à anéantir… 10 millions d’hommes sur les 100 millions que compte alors la toute nouvelle Russie soviétique.

manipulation

D’avoir pu ainsi épingler tardivement le Juif et bolchevik Zinoviev, voici la double révolution dont l’Allemand Nolte devint lui-même l’objet :
« Sitôt après avoir découvert ces propos je me suis dit : on peut déduire de déclarations tirées de Mein Kampf dont la monstruosité provient justement de ce qu’elles se rapportent au « bolchevisme juif » – par exemple l’idée que la planète recommencera à parcourir l’éther comme elle l’a fait il y a des millions d’années : il n’y aura plus d’hommes à sa surface si « le Juif » parvient, à l’aide du marxisme, à se rendre maître du monde – on peut déduire de tels propos que celui qui les tient mettra à coup sûr en oeuvre, dès que l’occasion s’en présentera, un grand plan d’extermination des Juifs. » (page 21)

Comme nous le voyons, selon notre auteur, c’est la coalescence possible du Juif et du bolchevisme qui détermine « à coup sûr » la « monstruosité » seulement apparente de l’analyse hitlérienne. En conséquence de quoi, c’est bien l’effective adhésion du premier au second qui le condamne à mort. Mais-mais, du mot à la chose, il y a un tout petit quelque chose qu’Ernst Nolte se fait un devoir de nous signaler :
« Pourtant, aucun de ceux qui entendaient ces propos, et peut-être même pas Hitler, ne les comprenait comme l’annonce d’une élimination physique. Zinoviev, en revanche, a très tôt appelé à l’extermination physique de « la bourgeoisie » et de ses appendices ; l’histoire de la « Terreur rouge » des premières années du pouvoir bolchevique mettait en outre tout à fait en évidence le contenu réel de cet appel. » (page 21)

Aussitôt dit, aussitôt fait : la phrase de Zinoviev, savamment corrigée par Ernst Nolte, aura suffi à démontrer le massacre bolchevique. Mieux et concomitamment – et encore cela s’opère-t-il d’un seul coup, d’un seul – elle aura servi à réduire à rien les futurs crimes du nazisme.

Or, la réalité idéologique d’aujourd’hui en fait suffisamment la preuve : le discours pervers, ça marche. Demandez à quiconque le vrai nom d’Hitler : inconsciemment, il vous a déjà répondu « Staline ».

Sans ressentir la moindre honte.

Suite : Comment l’Allemagne a lavé la tache du « judéo-bolchevisme » de conception nazie

Michel J. Cuny


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