Hiérarchiser les dangers courus par le camp occidental

En gros, voici comment, selon le Livre blanc de 2008, tout cela se tient :
« La croissance économique des nouvelles puissances va de pair avec celle de la consommation d’énergie, ainsi qu’un besoin accru en ressources naturelles et en matières premières stratégiques, ce qui contribue à deux types de désordres.
Le premier concerne les atteintes à la biosphère, dont le réchauffement climatique, qui exercera d’ici 2025 des effets encore difficiles à mesurer sur l’équilibre des zones polaires, le niveau des océans, la géographie des migrations humaines, la sécurité alimentaire, et l’extension des aires de répartition de certaines maladies […].

Le second est la tension accrue sur les approvisionnements stratégiques. » (page 25)

Et au beau milieu de cela, il y a donc deux monstres qui grandissent à vue d’oeil  à l’intérieur de cette Asie à la redoutable croissance elle-même  :
« A l’horizon 2025, l’Asie sera devenue l’un des pôles majeurs de la vie internationale, avec l’Europe et l’Amérique. De nouvelles puissances auront émergé, la Chine et l’Inde se situant aux premiers rangs.
Plus de la moitié de la population mondiale sera d’origine asiatique à cette date, soit environ 4,7 milliards d’habitants. La Chine devrait devenir le premier importateur et exportateur mondial. Sauf rupture majeure sur le plan interne ou international, le produit intérieur brut (PIB) de la Chine et celui de l’Inde pourraient être multipliés par trois d’ici deux décennies, et l’Asie devrait alors représenter la moitié de la consommation mondiale de pétrole. » (page 34)

Inde et Chine

Comme on le constate avec une certaine surprise, il est fort bonhomme, cet empire, en ce qu’il considère que le péril ne tient qu’à la quête des ressources naturelles : même s’il évoque importations et exportations, la question de la concurrence strictement économique ne paraît pas pouvoir se ranger sous sa compétence. Sur ce terrain, sans doute pense-t-il que l’économie capitaliste occidentale n’a rien à redouter… Ce qui n’est évidemment pas sûr du tout. Mais ce n’est effectivement pas de la compétence de l’impérialisme : lui n’est que très indirectement impliqué dans l’extorsion de la plus-value. Son rôle est de tirer dans le tas des corps et des consciences. Pas d’organiser la production, une fois la soumission obtenue…

Or, selon le Livre blanc, il semble que la faille se situe effectivement dans le champ d’action réservé à l’impérialisme guerrier :
« L’essor de l’Asie n’est pas exempt de fragilités, comme en témoigne les risques de surchauffe économique, le sous-développement persistant de pans entiers de la population, l’exposition à des risques naturels majeurs ou à des catastrophes écologiques. Il n’est pas non plus irréversible, si l’une des causes de conflits potentiels débouche sur une guerre qui, dans les conditions de la région, pourrait être dévastatrice. » (page 34)

Dévastatrice… C’est pour cela qu’on l’aime tant, en Occident otanisé, la guerre qu’on fait un peu loin de la patrie, et dont on peut constater les jolis dégâts à la télévision quand vient le soir…

Clic suivant : Pour en finir avec la Cinquième République

Michel J. Cuny


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