Les crimes de Staline (de Poutine ???…), quelles preuves ? 10. Quand la jouissance perverse vient à la rescousse du mensonge historique

Hannah Arendt a un très grand mérite qui laisse sans excuses toutes celles et tous ceux qui, depuis plusieurs décennies, n’ont cessé de prendre « Les origines du totalitarisme » pour tout autre chose qu’un canular : elle répète à satiété qu’elle se fiche éperdument des documents, et, par ailleurs, elle s’enchante de faire avaler les pires incongruités à qui n’y prend garde.

C’est un schéma bien connu en psychanalyse puisqu’il s’agit tout simplement du discours dans sa modalité perverse, ainsi qu’on pourra, par exemple, en prendre la référence chez cet auteur de chansons à succès qui a établi – en toute conscience – sa réussite professionnelle et médiatique sur ce discours pervers qui vint à culminer lorsqu’il fit publiquement « aimer les sucettes » sur toutes les ondes radiophoniques à telle jeune vedette de la scène « yéyé » qui n’en savait manifestement pas tout…

Reprenons la sucette proposée par Hannah Arendt : 
« C’est une des étrangetés de la littérature sur le totalitarisme que les toutes premières tentatives des contemporains pour écrire l’ «
histoire » de celui-ci, qui, selon toutes les règles scientifiques, étaient destinées à s’effondrer faute de sources irréprochables et par excès d’engagement émotionnel, ont remarquablement bien résisté à l’épreuve du temps. »

Dans l’activité perverse, il est obligatoire de fixer les limites qu’impose la loi. Il faut ensuite définir un quidam, à qui l’on va faire franchir, sans qu’il le sache et pour le plaisir de spectateurs complices qui n’attendent que cela, cette loi qu’en toute connaissance de cause il ne franchirait en aucun cas, tant cela serait pour lui une source d’inquiétude, de honte, etc… Le plaisir que procure l’ensemble de la scène à celles et ceux qui en sont les témoins conscients s’accentue avec la répétition de franchissements qui doivent rester inconscients pour la personne qui est devenue l’instrument du jeu. Quant à la jouissance inconsciente qui règne sur l’ensemble du système et qui fait vibrer les corps des spectatrices et spectateurs (rires, frissons, etc.), elle est produite par l’humiliation et l’anéantissement « mental » très réel de la décisivement bien nommée : « victime ».

Significativement, comme la phrase d’Hannah Arendt en témoigne : il faut que notre auteur pervers sache masquer son émotion (et la jouissance qui l’étreint d’autant mieux qu’il devient rigide), pour ne laisser aucune chance à sa victime de rencontrer même le plus léger doute. Malheur aux auteurs qui n’ont pas su ou pas voulu se livrer à ce petit jeu par excès de sensibilité : à l’origine d’un plaisir pervers (qui saisit aujourd’hui encore celles et ceux qui restent travaillé(e)s par l’alliance Staline-Hitler et ce petit tiret (oui, oui) qui lui sert d’anneau), ils n’ont su en retirer, eux, aucun plaisir, là où Hannah aura joui…

Voilà donc que, sous nos yeux, les « règles scientifiques » de la recherche historique sont bafouées : elles exigent des « sources irréprochables ». Or, il est très clair qu’Hannah Arendt a eu « bien raison » de piétiner et de re-piétiner ces règles comme elle n’aurait d’ailleurs pas oser le faire pour une vulgaire crotte de chien : ça marche très bien sans elles.

C’est-à-dire que les mensonges les plus gros et les moins susceptibles de preuves « ont remarquablement bien résisté à l’épreuve du temps ». Voilà pour les lecteurs et lectrices patentés d’Hannah Arendt qui ont bien voulu s’abaisser jusqu’à devenir ses complices dans ce « jouissons en corps et encore » – établi au détriment du grand peuple soviétique -, un « jouissons » qui disqualifie l’Histoire française officielle de la seconde moitié du XXème siècle.

Michel J. Cuny


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