IV. 118 – Syrie : les appels aux meurtres se multiplient

IV. 118 – Syrie : les appels aux meurtres
se multiplient

(2/2)

Marc-Olivier Fogiel (RTL)…
parler d’assassinat en gardant le sourire

http://www.rtl.fr/emission/on-refait-le-monde/attaque-chimique-a-douma-la-france-doit-elle-frapper-en-syrie-7792981858
[RTL, “On refait le monde”, Attaque chimique à Douma : la France doit-elle frapper en Syrie ?, 11 avril 2018, sous la responsabilité de Marc-Olivier Fogiel.]

Invité(e) du mercredi 11 avril 2018 :
journaliste Aude Rossigneux, écrivain Denis Tillinac, journaliste politique Antoine André, journaliste Jean-Louis Burgat

L’écrivain Denis Tillinac :
« Non, ben non. Sans les États-Unis, on ne peut rien faire. Quand, à partir du moment où les États-Unis ont balancé quelques bombes sur Kadhafi, Kadhafi a cessé de nourrir le terrorisme international. »

[Faute d’avoir analysé le système politico-économique en Libye révolutionnaire (1969-2011), “l’écrivain” Denis Tillinac a beaucoup de lacunes, ce qui lui donne sans doute le droit de dire n’importe quoi dans les médias : « à partir du moment où les États-Unis ont balancé quelques bombes sur Kadhafi »…

Il faudrait qu’il parle des provocations exercées par les États-Unis, surtout depuis 1973, dans les eaux territoriales, dans l’espace aérien et sur le sol de la Libye…

Il faudrait qu’il parle de cette allégation mensongère parmi tant d’autres répertoriées dans la petite politique du monde occidentalo-sioniste : l’utilisation d’une explosion dans une discothèque de Berlin-Ouest, le 5 avril 1986, fréquentée par les troupes d’occupation, qui avait tué deux soldats états-uniens et une dame turque et blessé quelque 200 personnes. Le 11, l’Allemagne avait joué le jeu des forces occupantes états-uniennes et accusé, sans produire la moindre preuve, la Libye. Et Muammar Gaddhafi était aussitôt traité de « terroriste ».

C’était le prétexte tout trouvé pour lancer 35 avions anglo-saxons sur la Libye, dans la nuit du 14 au 15 avril 1986 : les bombes allaient tomber sur Benghazi, sur la capitale Tripoli… notamment sur la caserne de Bab Al Azizia, où résidaient le Guide, son épouse et leurs enfants (les États-Uniens n’ont jamais visé et ne visent jamais les personnes civiles…). Les bombes détruisaient des avions, des hélicoptères, des infrastructures (aéroport, aérodrome), des réseaux de défense aérienne et la base militaire ex-Wheelus Field que les soldats états-uniens avaient dû quitter avec armes et bagages, après la Révolution du 1er Septembre, faute de la reconduction du contrat d’occupation qui avait expiré en 1970. Cette attaque éclair d’avril 1986 avait fait quelque 60 mort(e)s et plus de cent blessé(e)s : Hannah, la fille adoptive de Muammar et Safiya Gaddhafi aurait perdu la vie dans ces bombardements qui ont touché des civils.

En mémoire des victimes de ces raids de guerre sur la Libye, le « terroriste », le « monstre », le « dictateur », le « sanguinaire », le « criminel » Muammar Gaddhafi a fait ériger un « Monument de la souffrance du peuple libyen » : cette main dressée vers le ciel et se refermant sur un avion avait un caractère éminemment symbolique et politique que les abrutis, prétendus rebelles, de 2011 s’empresseraient de détruire !

Il s’était agi, pour l’animateur radio, l’acteur, le président ratés, Ronald Reagan, qui se prenait pour le chef de « l’Empire du Bien », de faire un maximum de morts dans la population afin d’obtenir que celle-ci se retournât contre le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi et contre la JALPS (Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste). Par contre, Roland Dumas avait dissuadé le président François Mitterrand, issu du parti socialiste [sic], d’engager la France dans cette agression, ce qui avait obligé les avions de guerre états-uniens à se ravitailler en vol, limité leurs raids, et évité un plus grand carnage sur le sol libyen. Muammar Gaddhafi remercierait Roland Dumas, par la suite.

Ce n’est pas « Kadhafi » qui nourrissait « le terrorisme international ». Lors du Congrès Général du Peuple qui avait lieu quasiment une fois par an, le peuple libyen décidait de son aide à tel ou tel groupe en lutte : c’était sa liberté. Muammar Gaddhafi, avec le peuple libyen, ont décidé de cesser d’aider les groupes armés, non pas à partir « des bombes sur Kadhafi », mais à partir du moment où ces groupes, qu’ils aidaient, attaquaient et tuaient des civils.

Voilà un petit rétablissement des faits qui échappent complètement à “l’écrivain” de service.]

Denis Tillinac, encore lui :
« La France ne peut pas entreprendre quelque chose […] de ce genre sans les Américains. Oh ben, ça n’aurait aucun sens. Effectivement, Hollande était prêt à le faire, Fabius l’y poussait beaucoup en 2013. Obama s’est débiné et on n’a rien fait du tout.
Bon, ben, là, le président américain est décidé ; madame May a donné son aval. C’est important. C’est. Les Anglais sont, avec nous, les seuls à être capables d’envoyer des troupes au sol pendant huit jours mais pas sans l’appui logistique des Américains.
Pfou, donc. Il faut y aller, au moins envoyer quelques frappes en essayant d’épargner le plus de civils possible, sur les sites chimiques pour dire à Assad : la prochaine fois, ça sera, ça sera Damas et ça sera toi. Il faut complètement en finir avec ce type, c’est monstrueux parce que on peut pas faire des mimiques éternellement. »

[Derrière le flageolant Hollande, il fallait le porte-voix du Mossad, le haineux Fabius qui a été, sinon de tous les crimes, de nombre d’entre eux… Anti-Arabe invétéré, après le chaos instauré en Libye, il lui fallait un autre chaos, en Syrie, cette fois. Barack Obama a compris trop tard qu’il devenait l’instrument des sionistes de par le monde.

Donald Trump se laissera-t-il dicter sa politique extérieure par le lobby sioniste ? Si Theresa May pouvait s’occuper de son brexit, cela serait sans doute plus conforme au vote des Britanniques. Au lieu de vouloir recoloniser le monde qui leur échappe, les chefs d’État français, états-uniens et britanniques devraient être obligés, non seulement de s’excuser pour le passé colonisateur de leurs pays, mais aussi de rendre gorge pour tous les biens qu’ils ont volé pour prétendument développer leurs pays, pour véritablement engraisser les capitaux de la grande bourgeoisie occidentalo-sioniste.

Voici ce que Denis Tillinac envisage, sur le plan politique… « dire à Assad : la prochaine fois, ça sera, ça sera Damas et ça sera toi. Il faut complètement en finir avec ce type, c’est monstrueux… » Bien sûr, tous ces pousse-aux-crimes, dont Denis Tillinac n’est que l’un des spécimens, n’ont que faire des civils : ils savent très bien que les États-Uniens n’en sont pas à quelques dizaines de morts près, sous deux ou trois de leurs raids aériens… Qu’est-ce qui est monstrueux ? Bachar El Assad qui, bien qu’ayant été réélu par la population syrienne, est menacé de mort par la coalition ocidentalo-golfico-sionisto-fasciste ou Denis Tillinac qui, derrière un micro, joue au monsieur de petite vertu ?]

Le journaliste politique Antoine André :
« On a le sentiment, en tout cas, que Emmanuel Macron […] veut, veut frapper, veut participer à l’opération militaire ; on a l’impression qu’il a des fourmis dans les jambes ou dans les mains pour appuyer sur le bouton. [ ? : Clairement. Clairement. Ouais.]
Et qu’il en va un peu de sa légitimité de nouveau leader du monde libre, telle qu’il l’a pris, en tout cas, ce leadership depuis son élection et tel qu’il se projette, lui, dans son rôle pour donner à la France un rôle moteur en Europe mais aussi dans le monde parce que Emmanuel Macron a une vision extrêmement large de l’influence notamment de la France et de son rôle [ ? : Et c’est plutôt pas mal, c’est plutôt pas mal, non ?] Heu… Oui, oui. Si vous voulez, c’est plutôt pas mal. Si on est favorables aux frappes, c’est pas mal.
Mais, en même temps, je veux dire, il faut faire attention aussi – on parlait des personnalités des uns et des autres – heu… quand on prend des décisions de ce genre, il faut que ce soient des décisions pesées, soupesées, et que ce ne soient pas non plus uniquement des enjeux politiques, des enjeux d’égos, quoi, je veux dire, voilà ! »

[Très bien le journaliste politique, Antoine André. Il peut dire du président français, Emmanuel Macron : « on a l’impression qu’il a des fourmis dans les jambes ou dans les mains pour appuyer sur le bouton. » Et l’autre de jouir derrière sa console de jeu : « Clairement. Clairement. Ouais. »

Antoine André, toujours à propos du président français : « Et qu’il en va un peu de sa légitimité de nouveau leader du monde libre. » Faut-il vraiment croire que ces chefs criminels appartiennent au « monde libre » ?

Et puis, tout de même, ces grands journalistes, ils savent de quoi ils parlent : « il faut […] que ce ne soient pas non plus uniquement des enjeux politiques, des enjeux d’égos »Ces « enjeux politiques », ces « enjeux d’égos »... mais c’est vraiment de la haute politique, de la diplomatie de haut vol (plané)… Cela ne peut qu’avoir des effets à plus ou moins long terme sur l’état général de la France, aussi bien sur le plan économique que politique qu’intellectuel.]

Marc-Olivier Fogiel :
« Et vous faites confiance, Jean-Louis Burgat, à Emmanuel Macron pour qu’il pèse plutôt les enjeux politiques au niveau… »

Le journaliste Jean-Louis Burgat :
« Je vois des Trump partout, je vois des Trump partout mais je trouve qu’il se trumpise un peu Macron, [Marc-Olivier Fogiel : Ah ouais ?] en ce moment, oui. [Marc-Olivier Fogiel : Ah oui ?] Je trouve qu’il, il parle beaucoup, on a besoin de, c’est vrai qu’on a besoin de choses concrètes, là, maintenant, de la part de Macron.
Ça va faire un an qu’il est au pouvoir, dans tous les domaines, on a besoin de faire. Donc, là, il a plusieurs fois annoncé qu’il allait répliquer à Assad, qu’il allait, il a parlé de cette fameuse ligne rouge, etc. Il est un peu piégé, là aussi. On sait que Trump, lui, se piège tout seul et puis, finalement, il y va pas. Macron, jusqu’à présent, il y va quand il dit quelque chose. Donc, voilà. »

[Voici Jean-Louis Burgat, interpellé par le bateleur, tiré de sa torpeur… « Je vois des Trump partout, je vois des Trump partout mais je trouve qu’il se trumpise un peu Macron ». C’est très rassurant pour l’indépendance de la France sur le plan de sa politique extérieure… Mais quelle indépendance ? Jean-Louis Burgat, lui, il s’en fiche : il attend tranquillement que Macron montre les dents.]

Marc-Olivier Fogiel :
« Un Macron qui se trumpise, Denis ? »

L’écrivain Denis Tillinac :
« Oui, enfin Macron, effectivement [Marc-Olivier Fogiel : qui joue des muscles], il veut un peu peser sur la scène internnationale, qui veut (régner?). Non, moi, je crois savoir que, depuis un certain temps, les services américains, anglais, français, de concert, se renseignent sérieusement sur les sites concernés par ces histoires de [Marc-Olivier Fogiel : d’armes chimiques.] d’armes chimiques. Il faut pas. Bon, (il dira) plus.
Mais, moi, je crois, je crois quand même que la priorité, c’est c’est c’est c’est que le le monde se débarrasse de de ce tyran abominable. »

[Mais oui… C’est ça, la politique, c’est du body building. Discussion Trump-Macron… Trump à Macron : “T’en es où, toi, de ta réflexion sur ce qu’il faut faire en Syrie ?” Macron à Trump : “J’en suis au développement du muscle fessier gauche en attendant de faire le droit. Parce que, si Vladimir Poutine et l’armée russe, si les combattants du Hezbollah Iranien et du Hezbollah libanais, si l’armée de la République Arabe Syrienne et le peuple syrien nous bottent le derrière, il faut nous renforcer là où sont nos faiblesses.” Trump : “Et qu’est-ce qu’on dit pour les sites d’armes chimiques que les rebelles ont construits avec les sous de nos amis du Golfe ?” Macron : “Ben, que ce sont les sites de Bachar et que Bachar est le plus grand criminel du… « XXème siècle », c’est ça, hein, monsieur Tillinac ? du « XXème siècle ».

Une question se pose : de quels “tyrans abominables” , les peuples occidentaux devront-ils se débarrasser en ouvrant bien les yeux et les oreilles pour se prémunir contre les criminels qui les gouvernent.]

La journaliste Aude Rossigneux :
« Ouais, il joue clairement, [Marc-Olivier Fogiel : Allez, après, on change de sujet, on avait dit.] Macron joue clairement sa stature internationale, sa place internationale, mais je lui ferais – pourtant Dieu sait que j’aime pas beaucoup le président de la république – mais mais heu… je lui ferais pas le procès de vouloir juste être sur la photo, quoi ! Je pense que je pense que y a, derrière ça, y a aussi une vraie conviction qui qui y a des choses qu’on peut pas qu’on peut pas laisser passer parce que, surtout, il y a cette histoire de ligne rouge où… où… S’il n’y va pas, finalement, c’est aussi sa crédibilité qui est en jeu. »

[Aude Rossigneux en est restée à sa « ligne rouge » qui, déjà « délavée », risque de s’effacer complètement.]

L’écrivain Denis Tillinac :
« Il y a aussi quelque chose avec Poutine. Dire, autant, je trouve illégitime d’aller emmerder Poutine sur la Crimée ou la partie russophone de l’Ukraine, parce que ça se discute, lui dire : bon, un truc, on veut bien enlever les – ces, comment dirais-je – les sanctions européennes qui n’ont pas de sens. On veut bien négocier ça, mais, par contre, cesse de soutenir (l’allié). C’est un allié encombrant pour lui : s’il en était débarrassé, lui, il veut garder sa base, sa base militaire là, son port, c’est tout ce qui l’intéresse. Si pouvait, si on pouvait l’en débarrasser, pfou, il s’en plaindrait pas. »

[“L’écrivain”, soudainement très inspiré… et prenant son propre désir pour celui de Vladimir Poutine à l’égard du Président Bachar El Assad : « Si on pouvait l’en débarrasser, pfou, il s’en plaindrait pas. » Va Denis, rendors-toi dans ton fauteuil… Vladimir Poutine n’a pas besoin de toi pour savoir ce qu’il doit faire. Et il ne demande rien aux chefs des États occidentaux, sinon qu’ils rangent leurs bombes criminelles.]

Marc-Olivier Fogiel :
« Que Dieu vous entende. »

[Oui. Dieu revient à la mode…]

Suite : IV. 119 – Donald Trump : un délire qui peut mener très loin

Françoise Petitdemange
12 avril 2018


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s