14. Des opposants… pacifiques ? Des familles de victimes… victimes de qui ?

(Documentaire sur la Libye d’A. Vitkine, diffusé sur France 3, le 9 avril 2015. Analyse.)

XIV 1 - Bombard.ts de la Libye, nuit du 14 au 15 avril 1986, par les anglo-saxons... qqs 60 morts et plus de 100 blessés
Bombardements de la Libye, nuit du 14 au 15 avril 1986, par les anglo-saxons…
quelque 60 mort(e)s dont Hannah, la fille adoptive de Muammar et de Safiya Gaddhafi,
et plus de cent blessé(e)s

Voix off : « Les rues bloquées exaspèrent les Parisiens. La pompe déployée pour un dictateur choque les Français. Ils assistent à des scènes comme celle-là. » Sur quoi, le mot générique « les Français », est-il fondé ? Des policiers interpellent des hommes et les fouillent… manifestement, pour savoir s’ils ne portent pas d’armes sur eux : Muammar Gaddhafi et la délégation libyenne sont les invité(e)s de la France et leur sécurité est de la responsabilité de celle-ci. Voix off : « De pacifiques opposants en exil, séquestrés dans un car des heures durant, afin d’éviter que le dirigeant libyen ne les aperçoive sur son passage. » « De pacifiques opposants », vraiment ? Comment la commentatrice, peut-elle penser faire accroire que Muammar Gaddhafi aurait le temps d’apercevoir ces opposants… sur son passage ?

Vue sur le convoi. Voix off : « Les plus sidérés sont les proches des 170 victimes de l’attentat commis sur ordre du dictateur contre un avion français en 1989. » Où est « l’ordre du dictateur » ? “S.O.S. Attentats” et Béatrice Boëry, sœur de l’une des victimes, qui ont accusé Muammar Gaddhafi, personnellement, ont été débouté(e) de leurs prétentions : la Cour de Cassation a cassé et annulé, le 13 mars 2001, l’arrêt de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Paris. D’ailleurs, les familles des victimes, elles-mêmes, ont émis des doutes sur la culpabilité de la Libye. Étrangement, le commentaire ne parle pas du bombardement de la Libye par des avions anglo-saxons, en 1986, qui ont tué des civil(e)s libyen(ne)s. Quant à la CIA, qui accuse toujours les autres…

XIV 2 - Explosion du Boeing 747-100 (Vol 103), Lockerbie (Ecosse), 21 décembre 1988XIV 3 - Explosion du DC 10 d'UTA (Vol 772), désert du Ténéré (Niger), 19 septembre 1989

 

 

 

 

Explosion du Boeing 747-100 (Vol 103) de la Pan-Am, Lockerbie (Ecosse), 21 décembre 1988 ;
Explosion du DC 10 d’UTA (Vol 772), désert du Ténéré (Niger), 19 septembre 1989 ;
attentats mis, sans aucune preuve,
sur le compte de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste

Voix off : « Quatre ans auparavant, le dictateur a consenti à indemniser les familles des victimes du DC 10 d’UTA, mais il refuse toujours d’extrader les auteurs de l’attentat parmi lesquels son propre bras-droit. » Il est navrant de constater qu’une commentatrice de télé-film ne se soit pas un minimum renseignée sur le sujet dont elle prétend vouloir parler, avant de colporter à la masse de téléspectateurs(rices) des incongruités… Le 9 janvier 2004, le collectif, représentant les familles des victimes de l’explosion du DC 10 de l’UTA au-dessus du Ténéré (Niger), a signé un accord avec les représentants de la « Fondation de Saïf al-Islam Kadhafi » pour toucher des indemnisations : un million de dollars pour chaque victime, soit 170 millions, que la Libye a payés pour en finir avec les sanctions qui ont suivi les accusations lancées sans apporter la moindre preuve et pour avoir, enfin, la paix ! Que demander de plus ? L’extradition de qui ?

Aucun pays ne peut être contraint d’extrader ses ressortissant(e)s vers un pays étranger. Deux Libyens ont été accusés sans preuve à l’époque des faits (1988) : Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Amin Khalifa Fhimah ; ils ont accepté d’être extradés pour contribuer à l’enquête et pour mettre fin aux multiples tracasseries occidentales faites à leur pays. Le CGP (Congrès Général du Peuple) les a laissé partir, la mort dans l’âme, le 5 avril 1999, sous la protection d’une délégation de l’ONU pour être entendus par un tribunal écossais, à La Haye (Pays-Bas), et non en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis où ils étaient réclamés à cor et à cri. Toutes les sanctions prises contre le peuple libyen devaient tomber à ce moment-là mais les sbires des Etats-Unis à l’ONU n’ont aucune parole. Si l’étreinte occidentale imposée à la Libye s’est quelque peu desserrée, l’embargo contre la Libye s’est prolongé jusqu’en septembre 2003. Alors qu’ils attendaient depuis deux ans en prison, le 31 janvier 2001, Amin Khalifa Fhimah était acquitté tandis qu’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi était condamné à la prison à perpétuité. En 2005, les langues ont commencé à se délier…
[Cf. l’ouvrage La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011), Editions Paroles Vives 2014. *]
Sur demande, par la Libye, d’une révision du procès, la commission écossaise, chargée des révisions, déclarera que le Libyen, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi, a été victime d’une « erreur judiciaire ». Après avoir purgé plusieurs années de prison dans des conditions très difficiles, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi, atteint d’un cancer, ne sera libéré que le 20 août 2009 pour raison médicale. Les journalistes des médias mainstream, dépourvu(e)s de toute déontologie et de toute humanité, répandront des ragots, jusqu’en 2011, sur la prétendue maladie de cet homme. Dans les faits, en 2011, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi entendra, de son lit de mort, les bombes françaises, britanniques, états-uniennes (sous le couvert de l’OTAN) tomber autour de sa maison. Des groupes d’amis des trois chefs criminels – Nicolas Sarkozy, David Cameron, Barack Obama -, les prétendus rebelles qui n’étaient que des pillards et des assassins, se succéderont dans les « visites » des appartements et des villas et iront jusqu’à forcer les portes de la maison du mourant pour piller ses biens et ceux de sa famille : ils voleront la voiture des personnes qui aidaient la famille, ils voleront la voiture de l’épouse, ils voleront les voitures des enfants du mourant. Voilà la vérité par les faits ! Hospitalisé le 13 avril 2012, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi mourra du cancer, le 20 mai, sept mois jour pour jour après le lynchage et l’assassinat du Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi.

 XIV 5 - Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Muammar El Gaddhafi, heureux de se retrouver (cd'é FP)XIV 4 - Arrivée d'Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi en Libye, 2009 peut-être (cd'é FP)

 

 


L’émouvant retour d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi en Libye, le 20 août 2009,

après plus de dix ans passés dans les geôles des Pays-Bas, à cause d’une… « erreur judiciaire »

Quelques images des familles des victimes du DC 10 d’UTA qui sortent de l’Élysée… Voix off : « Résumons. Le président invite le dictateur pour sauver des victimes bulgares, refuse de recevoir d’autres victimes, françaises, du terrorisme libyen, les reçoit finalement et se pose lui-même en victime. » La commentatrice va un peu vite lorsqu’elle parle des « victimes bulgares »… Elle va un peu vite aussi lorsqu’elle parle de ces avions qui ont explosé en plein vol et qui sont tombés, l’un à Lockerbie, en Écosse, en 1988, et l’autre, dans le désert du Ténéré, au Niger, en 1989, « victimes » « du terrorisme libyen » : aucune preuve de la culpabilité de la Libye n’a jamais été apportée, jusqu’à ce jour, dans l’explosion de ces deux avions. À l’époque, beaucoup d’avions étaient cibles d’attentats… Pour l’avion qui est tombé en Écosse, c’est la CIA qui s’est chargée de l’enquête, qui a importé des pièces sur le lieu du crash… et qui a accusé la Libye. Pour l’avion tombé au Niger, un passager, qui a débarqué de l’avion, lors d’une escale avant l’explosion, n’a pas eu à justifier son départ. Après la mort de Muammar Gaddhafi, deux avions ont eu des problèmes : l’un s’est écrasé en Ukraine, l’autre a disparu en Malaisie. Était-ce, est-ce le fait de Muammar Gaddhafi ? de l’État libyen ? Pourquoi personne ne demande des comptes aux États-Unis, à la CIA, par exemple, ou… au Mossad ? Guillaume Denoix de Saint Marc, représentant des familles du DC 10 d’UTA : « J’aimerais qu’il s’en aille, heu… » À noter le « Je » du représentant des familles.

XIV 6 - Explosion de l'Airbus A330-200 de la Cie Afriqiyah Airways, en Libye, 12 mai 2010, 104 personnes sont mortes
Il faudrait parler aussi de l’origine de l’explosion de l’Airbus A330-200
de la Compagnie Afriqiyah Airways (Cie entièrement contrôlée par l’Etat des masses),
en Libye, 12 mai 2010, qui a fait 104 mort(e)s : (93 passagers et les 11 membres de l’équipage).
Cet avion, par la modicité des prix de ses voyages,
était un sérieux concurrent des compagnies occidentales…

* Il ne tient qu’aux lecteurs et lectrices qui s’intéressent au travail de Michel J. Cuny et de Françoise Petitdemange (moi-même) de briser la conspiration du silence dont sont victimes leurs ouvrages pourtant très documentés. La vérité des faits, serait-elle impossible à faire savoir dans ce pays : la France ?

Suite : 15. Un pseudo-intellectuel qui cause sans savoir

Françoise Petitdemange


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