II 8. Dernière question : Pourquoi pas une petite guerre contre l’Iran ?

 (Emission radio, Le Club de la Presse, Europe 1, 20 mai 2015. Analyse)

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Dernière question :
Pourquoi pas une petite guerre contre l’Iran ?

Enfin, au Club de la Presse, le 20 mai 2015… les dernières questions sont posées à l’invitée, Agnès Levallois.

Olivier Duhamel :
« Vous avez un dernier scénario, c’est que, Poincaré, quand il est arrivé à Beyrouth et que ça a implosé, il a dit : “Y en a pour trente ans”, et que c’est là : on n’en, ça finit pas demain ça finit pas après-demain, et que c’est parti pour trente ans. »

La spécialiste ès monde arabe, Agnès Levallois, ne recule pas devant un pronostic :
« Je pense que c’est parti pour quelques années à moins que le, le, le premier cercle de Bachar El Assad, n’oublions pas une dernière petite chose importante, c’est qu’aujourd’hui toute la sécurité de Bachar El Assad est, est tenue par les Iraniens. Par les Iraniens ! Même pas par les Alaouites parce que la communauté alaouite commence à en avoir ras-le-bol, enfin les parents en ont marre de voir que leurs enfants, c’est de la chair à canon pour un Bachar El Assad qui n’a aucune stratégie à part sa propre survie et rien d’autre. »
Madame Levallois, lorsqu’elle prête des sentiments aux parents syriens, devraient se souvenir d’événements terribles qui ont eu lieu – qui ont encore lieu – en Palestine, en Yougoslavie, en Irak, en Syrie, en Libye… Les parents palestiniens, yougoslaves, irakiens, syriens, libyens ont vu – certains voient encore – leurs enfants devenir « de la chair » à bombes occidentales et israéliennes et se faire déchiqueter. Les chefs d’États occidentaux, qui disaient vouloir protéger les populations civiles, n’ont reculé devant rien : au nom des droits de l’homme, et pour leur apporter une fausse démocratie et un semblant de liberté, les bombes de l’OTAN ont détruit des pays et massacré des civil(e)s…
Les trois chefs d’États français, britannique, états-unien, et leurs amis de l’ONU, des ONG, de l’OTAN, etc., n’ont rien assumé de leurs décisions : ils étaient protégés – ils sont toujours protégés – physiquement, au maximum, alors que l’Irak, la Libye, la Syrie et aucun autre pays dans le monde n’avaient manifesté la moindre intention de bombarder un pays occidental. Question courage… Saddam Hussein, Muammar Gaddhafi, Bachar El Assad n’ont jamais eu de leçon à recevoir des chefs d’États occidentaux, plutôt couards et véritablement criminels.

8 - Iran

L’Iran

 Voilà donc les Iraniens honnis par madame Levallois parce qu’ils portent secours aux Syriens.
« Donc, aujourd’hui, ce sont les Iraniens qui tiennent tout [Intervention d’Olivier Duhamel : Tout passe par l’Iran.]. C’est eux qui mènent la stratégie militaire et les Syriens qui sont nationalistes, qui sont Syriens avant tout, avant d’être alaouites, sunnites, chiites, druzes, ils sont Syriens et ça, la majorité des Syriens, aujourd’hui, ne supporte plus la mainmise et la privatisation – c’est le terme utilisé par nombre de Syriens – la privatisation de la Syrie par l’Iran. Et donc, ça c’est un élément aussi qui peut permettre, de se, de cette façon de la société syrienne de se remobiliser autour d’elle. »
Faudrait-il faire la guerre à l’Iran ? La spécialiste ès monde arabe est bien dans l’esprit d’une recolonisation occidentale des pays arabes lorsque, dans les réponses rapportées dans les textes précédents, elle insiste sur l’aide que doit apporter la « communauté internationale », c’est-à-dire la communauté occidentale, aux fonctionnaires syriens, et qu’elle refuse à la population syrienne, dans son ensemble, jusqu’à la possibilité d’être aidée, défendue par les Iraniens.
Elle oublie de dire qu’il y a des Syrien(ne)s de l’étranger qui sont à l’origine de la déstabilisation de leur pays natal et qui veulent arracher le pouvoir au président élu par la population de Syrie pour faire de ce pays, où ils-elles ne vivent plus, un pays capitaliste à la botte des chefs d’États occidentaux et de leurs multinationales. Quant aux Syrien(ne)s qui vivent dans leur pays, la majorité d’entre eux-elles a reconduit Bachar El Assad dans sa fonction présidentielle alors qu’elle aurait très bien pu profiter de la situation pour l’évincer du pouvoir : si elle ne l’a pas fait, c’est parce que les Assad, père et fils, avaient, jusqu’en 2011, apporté une stabilité politique au pays qui permettait le développement économique. Ces Syrien(ne)s-là, n’en déplaise à madame Levallois, n’ont aucunement le désir de voir leur pays de nouveau sous mandat français ou britannique, ou de le voir sous domination états-unienne ou israélienne, annexé aux monarchies du Golfe, ou déchiré entre les factions religieuses…

Serge July :
« Vous pensez que ça va finir par une guerre entre les Syriens et l’Iran ? » [Rire nerveux du grandissime journaleux, Serge July.]

Nicolas Poincaré qui sait que l’émission tire à sa fin…
« Allez savoir ! »

L’infatigable Agnès Levallois qui a fait passer, dans cette émission, tout ce qu’elle devait faire passer, va jusqu’au bout…
« Non. Je ne crois pas qu’on arrivera à ça. Mais, en tous les cas, y a une capacité de cette société syrienne et je pense qu’il faut terminer aussi sur cette note un peu plus positive. »
Au-delà de ce verbiage, ce qui est espéré par madame Levallois, c’est l’installation d’une classe moyenne – notamment de fonctionnaires citoyens comme si les autres Syrien(ne)s n’étaient pas des citoyen(ne)s – qui serve de marchepied à la grande bourgeoisie occidentale et à la finance internationale.

     
Ce discours d’Agnès Levallois est diabolique, non au sens religieux du terme, mais dans le sens étymologique : dia (séparation, division, clivage, etc.). C’est bien au clivage, par les chefs d’États occidentaux et israélien, des pays et des religions auquel chaque citoyen(ne) du monde assiste, avec la rage au cœur et, de plus en plus, l’esprit en révolte.

Françoise Petitdemange

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