12. « Le Feu sous la Cendre – Enquête sur les silences obtenus par l’enseignement et la psychiatrie »


Nous avions passé, Michel et moi, trois ans et demi de notre vie dans une chambre sans confort d’un hôtel meublé, au 32 de la rue Burdeau, dans le premier arrondissement de Lyon.

Une époque studieuse, cependant, puisque nos nombreuses lectures et prises de notes à la main nous avaient mené(e) à l’écriture de l’ouvrage « Le Feu sous la Cendre – Enquête sur les silences obtenus par l’enseignement et la psychiatrie » que nous considérons encore, 39 ans après sa 1ère édition, comme la pièce maîtresse de notre œuvre.

En prévision d’une impression de l’ouvrage que nous savions coûteuse, Michel avait vendu l’ouvrage en souscription à un prix en deçà du prix de vente qui serait pratiqué lors de sa parution. Ainsi, les chefs de service de l’hôpital psychiatrique du Vinatier à Bron avaient quasiment tous achetés ce livre.
L’un d’eux m’avait dit : « J’achète votre livre parce que vous n’êtes ni enseignant, ni psychiatre. Bien sûr, quand un collègue publie un livre sur le sujet, nous l’achetons mais nous savons que nous y retrouverons plus ou moins ce que nous pourrions écrire nous-mêmes. Mais vous n’êtes pas psychiatres. Et alors, nous sommes curieux de découvrir ce que vous avez pu écrire sur notre spécialité. Vous avez forcément un regard qui vient d’ailleurs. Et c’est cela qui nous intéresse. »

Le sabotage de la reliure de notre ouvrage nous obligea à retarder la plupart des livraisons auprès des souscripteurs et souscriptrices. Il fallut avoir affaire à un autre imprimeur que, cette fois, nous contactâmes à Lyon. Cet imprimeur prit à cœur de refaire une reliure solide que son collègue des Vosges n’avait pas été capable de réaliser ni même de réparer. Cependant, ce contre-temps, s’il nous coûta de l’argent, nous mit dans l’impossibilité de prendre contact avec les medias. Ainsi, l’ouvrage ne put avoir le rayonnement qu’il aurait dû avoir à l’époque.

Lorsque nous pûmes présenter Le Feu sous la Cendre à Lyon et ailleurs, à des personnes rencontrées suivant les listes d’adresses qui nous avaient été données au fil de nos pérégrinations, en Lorraine, en Alsace, en Franche-Comté, en Bourgogne…, il n’était pas rare que ces personnes soupèsent le mastodonte de papier et, tout en le feuilletant, parlent, au cours de la conversation, de notre « volume », de notre « encyclopédie », ou s’exclament « Mais c’est une somme ! », « Vous avez fait là un important travail de fond », « C’est une œuvre magistrale », « Votre livre est un véritable puits de connaissances qui devrait trouver sa place dans toutes les bibliothèques »… Certaines personnes allaient même jusqu’à baptiser notre ouvrage de 660 pages de « Bible ». Les plus férues de latin parleront de notre « opus ».

Françoise PetitdemangeMichel J. Cuny
17 mai 2025

1983-1987 – Fin de l’escale en Rhône-Alpes pour
Michel J. Cuny et Françoise Petitdemange

1987-202x – Voyages en France
et longue époque romanaise


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