Cette pauvre France qui perd peu à peu toutes ses richesses économiques…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 133)
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L’évolution – au moins momentanée – de la position d’Alexandre Mirlicourtois en ce qui concerne la Chine, et la manifestation plus ou moins soudaine, en Europe, mais aussi un peu partout dans le monde, des effets profonds de la ligne stratégique suivie par le parti communiste chinois en matière économique, nous invitent à essayer de comprendre ce que vont pouvoir être les rôles respectifs de la France et de l’Allemagne dans le contexte qui se dessine sous l’impact d’un assaut indirect – et toutefois déjà très nettement marqué – de l’appropriation collective des moyens de production… c’est-à-dire de ce qui, dans l’analyse marxiste-léniniste, porte le nom de socialisme, étape de transition entre le capitalisme et le communisme…

Un premier éclairage nous est fourni par la vidéo publiée par Olivier Passet le 20 février 2017. Il attaque bille en tête :
« Aujourd’hui, l’Allemagne est en excédent budgétaire quand la France voisine les 3-3,5% de déficit.  Cela veut dire 4 choses. »

Nous sommes en droit de nous attendre au pire… Il faut dire que la France l’aura bien cherché… Première anticipation, qui signe une sorte de divorce :
« L’Allemagne va revenir sur 60% de dette dès 2019, alors que la France, à politique inchangée, continuera à flirter avec les 95% jusqu’en 2022. Et cela resterait vrai même si le taux de croissance voisinait 2% sur cette période. C’est une première, car les deux pays avaient connu jusqu’ici des trajectoires similaires. »

Cela veut dire en particulier…
« Que la France est plus exposée au risque d’une remontée des taux, et que les intérêts de la France et de l’Allemagne divergent ainsi sur le plan monétaire. »

Ensuite…
« L’Allemagne est armée pour mener une politique contra-cyclique en cas de récession mondiale, quand la France ne l’est pas… ce qui signifie que leurs potentiels de croissance seront amenés à diverger encore davantage, au détriment de la France. »

Quant à savoir qui pourrait décider de tenir tête à la Chine, ou de lui emboîter délibérément le pas (qui sait ?), la quatrième remarque d’Olivier Passet nous permet de comprendre que la question ne se pose déjà plus puisqu’il peut aller jusqu’à nous préciser…
« Que l’Allemagne est en capacité de mener toute une série d’investissements stratégiques, et que la France ne l’est pas. »

S’il en est ainsi, par quel bout la Chine aura-t-elle intérêt à commencer de mordre les oreilles de… la France ? Où lui faudra-t-il réaliser ses « investissements stratégiques » à elle, investissements dont il faut rappeler qu’ils s’appuient directement et indirectement sur l’épargne populaire chinoise telle qu’elle est conduite par le parti communiste chinois qui représente, lui, une sorte de circulation sanguine dans le grand corps de la Chine ?

Alexandre Mirlicourtois a déjà répondu – mais très rapidement et succinctement – à cette question, en nous indiquant qu’il s’agissait, pour l’empire du Milieu, d’accaparer certains « fleurons européens ». Dans le cas français, de quoi pourrait-il s’agir ? Que pourrait-il viser ? Dès le 14 mars 2017, le titre « Pourquoi nos multinationales restent un atout majeur pour la France » tombe à pic et devrait nous aider à avancer…

S’il s’agit d’influer sur les orientations économiques de tout un pays – de quelques dizaines de millions d’habitants -, sur combien de points d’ancrage convient-il de veiller ?… La réflexion que propose ici Alexandre Mirlicourtois nous permet de constater que, pour la France – qui n’a plus les moyens de développer une stratégie qui lui soit propre – l’affaire se résume mathématiquement à un peu moins de 250 forteresses :
« Les chiffres sont édifiants : les 248 grandes entreprises non-financières concentrent à elles seules 30% des effectifs salariés, génèrent 32% de la valeur ajoutée marchande, sont à l’origine de 43% des investissements, et de 50% des exportations. »

Evidemment peu suspect de ranger, par anticipation, aucune part de cette extravagante console de commande de l’économie française sous la coupe de la Chine, Alexandre Mirlicourtois ne nous en dit pas moins que…
« Disposer de grands groupes, c’est aussi enraciner sur le territoire les sièges sociaux, et pour de simples questions de proximité, les activités de R&D et de conseil. C’est donc créer des emplois hautement qualifiés et bien rémunérés avec leurs effets de déversements : 57% de l’effort de recherche est réalisé par les grandes entreprises qui emploient près d’un chercheur sur deux travaillant en entreprise. »

Pour celles et ceux qui connaissent la place déterminante que tient le « développement des forces productives » dans l’analyse marxiste-léniniste, et tout spécialement dans le cadre du socialisme tel qu’il a pu se trouver défini par Karl Marx, Friedrich Engels, Vladimir Ilitch Lénine, Joseph Staline, Mao Zédong ou Deng Xiaoping, il y a là de quoi ressentir un grand frisson…

Quant à Alexandre Mirlicourtois, il suit imperturbablement son chemin :
« Avec les grands groupes c’est aussi disposer d’un pouvoir de marché et d’une puissance de feu financière pour acquérir des marques, des brevets, mobiliser les savoir-faire à travers le monde. »

Et encore ce petit bout de chemin qui nous conduit jusqu’à la moindre petite ville…
« Les grands groupes assurent enfin une activité directe et indirecte aux PME qu’elles entraînent à leurs côtés. L’essentiel des PME franchissent d’ailleurs le seuil qui les mène à la taille d’une ETI [entreprise de taille intermédiaire] dans le cadre d’une structure de groupe. Les liens capitalistiques sont nombreux entre les grands groupes et les ETI : 56% dépendent ainsi de firmes multinationales qu’elles soient françaises ou étrangères. »

Arrivé là, Alexandre Mirlicourtois ne peut manquer de manifester son extrême désarroi : tout le monde s’en fout !…
« On devrait donc s’attendre à un consensus sur le soutien à apporter à nos grands groupes. »

Nenni, point du tout :
« Personne ne s’émeut quant au détour d’une étude de la Banque de France, on apprend que 39% des sociétés françaises du CAC 40 sont majoritairement détenues par des intérêts étrangers et que 45% des actions françaises des sociétés du CAC 40 sont entre les mains de non-résidents. »

Mais déjà…
« Pechiney, Arcelor, Alstom, Alcatel-Lucent, Lafarge, Club Med, Technip, tous ces fleurons sont tombés et il ne faut pas croire que ces changements de main sont neutres : deux ans à peine après la vente de sa branche Energie à l’américain General Electric, Alstom annonçait un plan massif de licenciements en Europe, y compris en France. »

Si Alexandre Mirlicourtois ne se trompe pas, il va nous falloir admettre qu’entre la persistance de la dictature de la bourgeoisie et l’avènement de la dictature du prolétariat, la France a choisi l’instauration de la dictature de l’abrutissement… à plein régime.

Difficile d’en douter.

Michel J. Cuny

Document n° 134…
À quel char, et à quel prix, la France a-t-elle lié son sort de sous-fifre de l’impérialisme occidental ?


2 réflexions sur “Cette pauvre France qui perd peu à peu toutes ses richesses économiques…

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