A propos de la révolution prolétarienne rampante qui est en cours…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 132)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Nous l’avons vu : le 4 novembre 2015, Alexandre Mirlicourtois en était venu à considérer que les croissances répétées du PIB chinois qui, pendant un temps lui étaient apparues comme insuffisantes relativement à ce qu’elles avaient pu être tout au long des années glorieuses de l’« atelier du monde », pour devenir ensuite, selon Patrick Artus, diaboliquement excessives, n’étaient finalement que foutaises… Il en avait carrément « ras le bol »…

Si nous le rejoignons le 19 janvier 2017, autre chose se manifeste qui n’est plus du tout dans la même tonalité… La Chine reprend tout à coup, dans ses propos, une dimension que nul ne lui connaissait encore… Un peu comme nous avons vu le discours de Joseph Goebbels se modifier du tout au tout entre le 16 juin et le 12 août 1941.

Chez Alexandre Mirlicourtois vient tout d’abord cette constatation à propos du commerce mondial :
« Sa vitesse de croisière est passée sous la barre des 1% en volume, c’est moins que la croissance mondiale, c’est surtout beaucoup moins que les 6%, ou presque, affichés en moyenne entre 2000 et 2007. »

…au temps de l’« atelier du monde »… Nostalgie… Il paraît que, pour comprendre tout cela, il faudrait maintenant revenir sur l’évolution de la Chine… après avoir dit qu’on en avait « ras le bol », d’elle et de ses chiffres lamentablement bidouillés… Il faut commencer par ce qu’Alexandre Mirlicourtois avait tout d’abord admis, et qu’il nous redit une fois de plus, et puis passer très vite à la suite :
« Longtemps cantonnée au rôle d’assembleur du monde, la Chine évolue : ses exportations intégraient auparavant beaucoup de modules ou de pièces venant de l’étranger et c’est de moins en moins le cas. Les produits « made in china » incorporent de plus en plus de pièces fabriquées sur place ce qui freine également le commerce mondial. »

Mais ce qui permet de comprendre qu’il était plutôt cavalier de prétendre ramener la hausse de croissance de 7% – qu’elle-même affichait – à ces 2% que Patrick Artus consentait à lui reconnaître à partir de quelques calculs de coin de table…

Après avoir été véritablement l’« atelier du monde », la Chine est occupée à devenir véritablement autre chose… sans avoir nul besoin de truquer les chiffres… Laissons à Alexandre Mirlicourtois le soin de nous dire ce qu’il a tout de même fini par constater…
« À regarder comment sont recyclés actuellement les excédents, notamment chinois ainsi que de certains pays du Moyen Orient, on peut penser que ce mouvement est bien à l’oeuvre : ce ne sont plus les titres publics, notamment américains, qui sont prisés, mais les acquisitions directes d’entreprises dans les pays de l’OCDE, notamment en Europe. »

Voilà donc ce qu’aura aidé à développer l’essentiel de ces hausses de salaires que la population chinoise se sera abstenue d’orienter vers une consommation plus ou moins irresponsable, pour les transformer en épargne et, par le biais des institutions chinoises de collecte de celle-ci, en investissement direct à l’étranger, c’est-à-dire en obtenant, sur ce terrain-là, de participer à la gestion de certaines entreprises des pays impérialistes…

Ici, Alexandre Mirlicourtois s’empresse de nous montrer qu’il a bien recouvré ses esprits :
« Un simple exemple : les fusions et acquisitions réalisées à l’étranger par les entreprises ou fonds d’investissement chinois sont passées de 39,2 milliards de dollars en 2013 à près de 116 en 2015. Et compte tenu des données disponibles sur 2016, la barre des 145 milliards aura certainement été approchée. C’est une multiplication par près de 4 en 3 ans. C’est colossal. »

… Kolossal ! mais pas en allemand : en chinois ! C’est-à-dire, en bon français : marxiste-léniniste. Serait-ce réalisable avec le petit 2% de croissance qui nous a été précédemment jeté au visage ?

Ras le bol de tous ces gens qui ne veulent décidément rien comprendre à ce qui s’est passé en Chine depuis 1949, et, au-delà, depuis 1921, date de création du parti communiste chinois…, enfant né d’un bolchevisme qui avait reçu ses lettres de noblesse au 2ème congrès (1903) du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (P.O.S.D.R.).

Voudrait-on quelques nouvelles du front ?… En voici, qu’Alexandre Mirlicourtois ne se sent plus en mesure de dédaigner du haut de la suffisance d’un Patrick Artus :
« Derniers chiffres, l’Europe est devenue, selon Thomson Reuters, la première cible de la Chine devenue le premier investisseur devant le Canada et les Etats-Unis. Plus de 20% des capitaux investis par des étrangers pour s’accaparer de fleurons européens viennent de l’empire du Milieu, c’était 2% en 2012. »

Où nous apprenons que le parti communiste chinois vise les « fleurons européens », et pas avec des obus, pas avec les bras lanceurs de pierres de quelques militants héroïques… Non… Rien qu’avec du capital, c’est-à-dire, avec ce qui est dans la possession du peuple chinois – constamment irrigué par le parti communiste qui est la chair de sa chair -, peuple chinois qui se trouve peu à peu devenir… propriétaire des fleurons européens de la production capitaliste qui, ainsi, se découvre progressivement « socialisée »…

Ainsi, de son point de vue – qui n’est évidemment pas du tout le mien -, Alexandre Mirlicourtois a bien raison de s’inquiéter de découvrir…
« Une stratégie de conquête qui ne va pas sans poser des questions, et ce n’est pas simplement un réflexe nationaliste ou populiste. »

Et voici que, tout à coup, se révèle la ligne d’action marxiste-léniniste qui était à l’oeuvre, au plus tard, depuis les lendemains immédiats de Tienanmen, et comme réponse à l’implosion de l’U.R.S.S. :
« Certes, tout le monde applaudissait des deux mains quand les entreprises européennes, françaises, investissaient en Chine, mais il ne faut pas perdre de vue que c’était d’abord un jeu gagnant pour la Chine qui : 1- n’avait pas la capacité technique ni les moyens financiers de faire sortir de terre les usines nécessaires pour fabriquer les produits destinés à la fois à son marché intérieur mais également à l’export ce qui lui a permis de décoller et d’inonder le monde de ses produits. 2- qui a bénéficié de transferts de technologie. »

Et si, encore, ce n’était que « technologie » reçue au titre d’un « bénéfice » tiré d’on ne sait où… Mais laissons, là, errer la pauvre « pensée » occidentale du ras des pâquerettes… Quant aux conséquences de toute cette ignorance, il est bien tard pour leur demander de ne surtout pas se produire…
« Or la question se pose : qu’ont à gagner les pays européens à voir passer sous pavillon étranger leurs entreprises, notamment quand il s’agit de pépites faisant partie de secteurs stratégiques. Rien, absolument rien ! Et c’est bien pour cela que le ton monte. »

Et que l’Allemagne se détache aussi rapidement que possible de ce que la France peut avoir de salissant aux yeux de la Chine… Et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles, outre-Rhin, on lit très attentivement Karl Marx

Michel J. Cuny

Document n° 133…
Cette pauvre France qui perd peu à peu toutes ses richesses économiques


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