Quand le tout-venant de l’économie libérale et de sa variante keynésienne rencontre les effets du marxisme-léninisme

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 126)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Le 10 octobre 2013, Alexandre Mirlicourtois déboule avec une vidéo dont le titre s’appuie sur une notion déterminante en régime capitaliste, puisqu’elle exprime l’un des critères essentiels du système qui met en concurrence les travailleurs exploités, et dont le non-respect par les entreprises elles-mêmes trouve sa sanction dans leur affaiblissement et éventuellement dans leur destruction… Mais cette notion, il l’applique ici directement à une économie qui n’appartient pas, le moins du monde, à cet univers-là… « La compétitivité chinoise en chute »

Voyons ce qui va pouvoir en sortir… tandis qu’avec Alexandre Mirlicourtois nous retombons tout d’abord dans une ornière que nous commençons à bien connaître, mais où, soudainement, se manifeste une sorte d’issue… pour la compréhension du mode de fonctionnement du piège dans lequel nous sommes pris du fait de la « nature » même de ce régime chinois dont il faut rappeler qu’il est né des analyses de longue haleine de Mao Zédong… qui, elles-mêmes, etc…
« À quoi tient le récent succès de la Chine ? À la force de son industrie, grâce à des entreprises ultra-compétitives lui permettant d’accumuler des excédents extérieurs. »

« Excédents extérieurs »… Le bas de laine, mais à l’étranger, et plus spécialement chez les maîtres du monde impérialiste : les Etats-Unis. Comme dirait l’autre : il fallait y penser…

Or, la phrase suivante se coule elle aussi délibérément dans l’idéologie de l’économie libérale qui est la seule à avoir cours ici, pour l’instant…
« Et les excédents sont d’autant plus importants que la demande domestique est atrophiée en raison du contrôle très strict des salaires, condition sine qua non pour rester compétitif. »

Autrement dit : c’est bien l’exploitation du travail salarié qui est à la manœuvre à l’intérieur de cette « compétitivité » que nous avons vu apparaître dans le titre de… la vidéo elle-même… Accoler à ce terme le qualificatif « chinoise » n’en change-t-il pas complètement la signification ?… N’est-ce pas sortir un peu hâtivement le poisson chinois de la seule eau qui lui convienne, et le transporter sans autre procès dans un univers où règne, selon ce que nous en dit Alexandre Mirlicourtois, la compétitivité telle qu’elle fonde l’économie libérale ?

Mais la seule eau qui convienne à la Chine, ne sont-ce pas tous ces crimes qui se seraient traduits par quelques millions – dizaines de millions ? – de morts, sans compter le bol quotidien de Mao ?… Sans doute, mais reprenons le fil d’une l’histoire… qui aura, très vite, très mal tourné…
« Avec la flambée des salaires, +15% par an depuis 2002, la Chine est devenue trop chère, trop chère pour les grands donneurs d’ordre occidentaux qui lui préfèrent de plus en plus l’Indonésie, le Bangladesh, le Vietnam ou l’Afrique. »

La suite immédiate, nous la connaissons aussi :
« Alors c’est entendu, la Chine tente de percer dans les biens d’équipement à plus forte valeur ajoutée, à plus haute technologie. »

Et c’est bien ici que les successeurs de Mao Zédong se trompent…
« Du reste, la montée en gamme censée assurer la transition du modèle chinois de mercantiliste « atelier » à mercantiliste « avancé », est très loin d’être une réalité. »

Mais, cela – et Alexandre Mirlicourtois nous rassure en nous en faisant l’aveu – il ne le sait que par  « ouï-dire », même si, bien sûr, il a essayé d’en éprouver la solidité en regardant d’aussi près que possible les garanties que lui fournit son informateur :
« C’est ce qu’explique Patrick Artus : 1 – l’extrême sensibilité des exportations chinoises aux prix est bien le signe que les produits échangés sont peu sophistiqués ; 2 – le contenu élevé en importations des exportations de biens sophistiqués qui atteint le niveau record de 95% dans l’informatique par exemple. »

Ainsi, les Chinois se trouvent-ils être de véritables propres-à-rien… Quoi qu’ils prétendent exporter : tout ce qui échappe, même de façon très minimale, au bricolage humain le plus bêtasse, ne vient pas d’eux : ou bien, on le leur a gentiment refilé ; ou bien, ils l’ont volé en croyant, dur comme fer, qu’on ne les avait pas vus mettre la main dans le sac occidental.

Patrick Artus aura bien fait de nous le dire… Quant à Alexandre Mirlicourtois, qui se sera fait embobiner un peu rapidement, il continue à glisser sur le verglas que propose la correction, par John Maynard Keynes, de l’économie libérale… tout en croyant avoir trouvé la bonne lecture des plus récentes erreurs des camarades chinois…
« La stratégie économique de la Chine, c’est aussi de pousser davantage la demande intérieure, et en particulier la consommation pour prendre le relais des investissements privés et publics qui, après avoir porté à bout de bras le marché domestique, ont surtout généré des surcapacités. »

Ce qui est visé, ici, c’est la fameuse croissance, si nécessaire à l’économie impérialiste : tour à tour, elle paraît se jouer, ainsi que cela nous est rappelé à l’instant même, sur l’investissement (relance par l’offre) et sur la dépense des ménages (relance par la demande)… C’est-à-dire qu’une part des profits tirés de la puissance internationale d’un pays donné  – sur fond d’un cycle d’exportations réussi – peut ensuite être redistribuée, selon une hiérarchisation très précisément calculée, aux ménages… et jusqu’aux plus modestes… D’où – tant que cela fonctionne à peu près – la solidarité populaire avec les pires crimes commis par l’impérialisme militaire, ici ou là, dans tout ce qui est ressenti comme empêchant le bon fonctionnement de l’impérialisme économique lui-même : nous avons là une série de dictateurs, etc…, qu’il faudra finir par faire sauter.

Mais voilà ce qu’interdit ce têtu de salarié chinois… qui refuse de se comporter comme membre d’une vraie classe moyenne qu’on élève à la hauteur intellectuelle voulue par le moyen d’une publicité commerciale de tous les instants… Qu’est-ce qu’il a donc en tête, lui ? Le marxisme-léninisme, au fait, qu’est-ce que c’est ?…

Michel J. Cuny

Document n° 127…
Les sept péchés capitaux d’une Chine qui s’en fiche complètement


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