L’incroyable suffisance de la science économique occidentale en présence des exploits véritables de la Chine

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 125)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Malgré des hausses de salaires astronomiques au long d’une dizaine d’années, la monnaie chinoise, non seulement n’en sera pas venue à fondre à l’intérieur, mais elle s’est appréciée sur la scène internationale. Voilà qui est déjà très troublant…

L’augmentation des coûts de production ajoute à cela un handicap supplémentaire pour « l’atelier du monde ». C’est ce que constate Alexandre Mirlicourtois :
« Conséquence : une perte de compétitivité sur les produits d’entrée de gamme au profit de l’Indonésie, du Bangladesh ou du Vietnam. »

En ce mois de juin 2013, un petit quelque chose s’est par ailleurs manifesté qui peut être confondu – sait-on jamais ? – avec un cheveu venu malencontreusement sur la soupe. C’est l’impression que ressent Alexandre Mirlicourtois. Et il ne s’en cache pas :
« Alors c’est vrai, la Chine s’est déjà tournée vers les biens d’équipement à plus forte valeur ajoutée, à plus haute technologie. Mais ils doivent désormais faire face à des pays du Sud de l’Europe, à nouveau compétitifs à force de déflation salariale, et surtout à un Japon ultra-agressif engagé dans une guerre totale des changes, avec un yen qui a perdu 24,5% de sa valeur face au yuan depuis septembre. »

Le mois suivant (4 juillet 2013) paraît une vidéo bizarrement intitulée : « Chine : le feu passe à l’orange », ce qui nous laisse à penser que, jusqu’alors, il était au vert… Et pourtant, nous avons bien en tête que le ton d’Alexandre Mirlicourtois était plus qu’alarmiste… devant des chiffres de croissance qui ne parvenaient tout de même pas à nous faire vraiment peur. Que va-t-il en être cette fois-ci ? Notre guide ne va-t-il pas sombrer maintenant dans une noire dépression ?…
« Plus de 10% en 2010, plus de 9% en 2011, sous la barre des 8% en 2012 selon les sources officielles. Mais même si ces chiffres sont difficilement vérifiables, ils sont bien l’aveu de la décélération de la première économie émergente. »

Donc, la Chine continue à glisser sur la pente savonneuse… et cela, à une vitesse de plus en plus élevée :
« De fait, les signaux d’alarme se multiplient. La panique s’est ainsi emparée des marchés bancaires chinois juste avant l’été. Le taux interbancaire, le Shibor à 7 jours, c’est-à-dire le taux auquel les banques se prêtent entre elles, a flambé à plus de 13% le 20 juin, contre 2 à 4% depuis début janvier. »

Ne serait-ce pas le début de la fin ?
« La Chine a frôlé un épisode de credit crunch, de faillites en chaîne de ses banques, de blocage de l’investissement et de la consommation. »

Mais elle n’aurait fait que le « frôler »…
« Depuis, le Shibor est redescendu grâce à l’intervention massive de la Banque centrale chinoise. »

Il y a là, à l’évidence, un processus qui ne ressemble à rien de ce qui pourrait se passer dans une économie occidentale… Non seulement une hausse invraisemblable des salaires ne détruit pas la monnaie, mais elle la conforte tellement qu’à l’intérieur même du pays le prix de celle-ci est de plus en plus élevé, y compris dans le circuit interbancaire…. Où va donc cette richesse peu à peu accumulée par des salariés qui oublient de consommer davantage ? Elle circule tout en prenant de la valeur, c’est-à-dire tout en devenant relativement rare… Mais nous ne parvenons pas encore à savoir par où elle passe…

Pour sa part, Alexandre Mirlicourtois ferraille toujours au même endroit, et n’en tire rien de plus qu’en 2011…
« Assainissement financier d’un côté, remise en cause du modèle de croissance de l’autre. Le modèle mercantiliste chinois qui tire sa force de ses exportations de produits d’entrée de gamme est attaqué en son cœur : la compétitivité coût. C’est la conséquence de la hausse rapide des salaires (15% par an depuis 2002) et de l’appréciation tout aussi rapide du yuan en termes réels (+7% en 6 mois, + 15% sur 2 ans). »

De fait, il faut admettre que, comme bien d’autres spécialistes de l’économie en Occident, il a été vivement traumatisé par « l’atelier du monde », et il ne peut plus en sortir : les Chinois ne sont sans doute que des demeurés… et cela nous va très bien… Mais qu’ils ne sortent surtout pas de leur malheureuse condition : ils risqueraient de se faire mal. Déjà qu’ils ont le totalitarisme !… Quand, d’ailleurs, on connaît le niveau intellectuel d’un Mao Zédong – qui n’aura jamais compris que 1 + 1, ça fait 2, et ceci, même quand il s’agissait des deux petits enfants qu’il trouvait tous les jours dans… son bol de dictateur – et les limites à tout affinement qu’offre l’ingurgitation trop répétée du malheureux bol de riz, on ne peut pas s’attendre à voir marcher ces gens-là sur l’eau comme l’a très bien réussi le fils adultérin de Marie…, qu’on salue en passant…

Un fait est sûr, et c’est bien là le reproche qu’on doit pouvoir faire au marxisme-léninisme chinois :
« Toutes ces révolutions contraignent la Chine à adopter un modèle de croissance tourné vers du plus haut de gamme et vers la demande intérieure. Sauf que la transition est délicate. D’abord, le faible poids de la demande des ménages ne suffit pas à tirer l’ensemble de l’économie et les hausses de salaires alimentent surtout l’épargne. Ensuite, s’attaquer aux marchés des produits à plus forte valeur ajoutée implique de progresser dans les secteurs à forte intensité en capital. »

Tiens un gros mot : « capital ». Et ça, bien sûr, les Chinois de Mao n’en ont pas… Non seulement il n’en ont pas (du vrai !), mais ils ne connaissent même pas ce mot-là, dont Mao n’avait sans doute d’ailleurs jamais entendu parler… ne s’étant intéressé à Karl Marx que pour pouvoir, un jour, boire du sang à ne jamais pouvoir s’en rassasier.

C’est sur fond de toutes ces horreurs qu’il faut reconnaître un mérite certain à Alexandre Mirlicourtois qui nous précise les enjeux qui tournent autour des « secteurs à forte intensité en capital », puisqu’il s’agit tout simplement… « des secteurs « places-fortes » des pays développés ».

Or, si elle persiste à venir sur ce terrain, lui sait déjà que la Chine ne pèsera pas bien lourd…
« Le coup d’arrêt à l’inexorable pénétration chinoise est bien visible. L’évolution de la balance bilatérale entre la Chine et l’Allemagne est également riche d’enseignements. Sur le front des équipements hauts de gamme, la Chine est loin de faire le poids face à la puissance germanique. »

Par conséquent, la France peut ricaner plein tube…

Michel J. Cuny

Document n° 126…
Quand le tout-venant de l’économie libérale et de sa variante keynésienne rencontre les effets du marxisme-léninisme


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