L’économie chinoise ne serait-elle pas, tout simplement, une fusée interplanétaire ?

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 124)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Pour nous initier à certains des mystères de l’économie chinoise, nous avons pris le parti de remonter dans le temps des vidéos d’Alexandre Mirlicourtois qui ont parsemé les pages précédentes du présent écrit. C’est ainsi que nous avons vu que, d’une certaine façon, dès le 17 mai 2011, notre guide avait posé la question de la « Décélération de l’économie mondiale » sous l’angle d’un déficit de performance du PIB chinois qui, au premier trimestre de cette année-là, avait connu une hausse limitée à… 9,7%. Quand on aime, on ne compte pas.

Arrivé(e)s à la vidéo du 4 septembre 2012, soit environ seize mois plus tard, nous découvrons, sous le titre « La croissance mondiale ralentit », la même thématique… mais aggravée :
« En Chine, le rythme de croissance est déjà tombé à 7,8% au 2ème trimestre, une performance très inférieure à ses standards, plus proches voire supérieurs à 10%. »

Décidément, la Chine va extrêmement mal… et le monde avec elle… Mais, heureusement – et c’est ce que nous apprenions dès le 29 octobre suivant rien qu’en lisant ce titre très significatif : « Le monde face au regain américain ».

D’où l’intérêt de poursuivre le procès qu’il convient d’intenter à la politique économique chinoise. Il y avait là…
« Un modèle basé sur la production et l’exportation de gros volumes de qualité faible ou moyenne. »

C’était la grande époque de « l’atelier du monde » qui ressemblait si bien à ce que John Atkinson Hobson avait cru pouvoir redouter dès 1902… Malheureusement… Désormais, en Chine, nous faisons face à…
« Un modèle dont le rendement s’épuise avec des excédents commerciaux qui stagnent, au mieux. C’est le cas de la Chine qui a plafonné autour de 200 milliards de dollars sur les 12 derniers mois. »

Nous avions en effet ouï-dire que les salaires avaient subi des augmentations de 20% à répétition (sans doute pour calmer les ardeurs révolutionnaires d’une population dictatorialement pliée à un autoritarisme sans exemple dans l’histoire humaine…). Résultat :
« Le doublement de ses coûts salariaux en dix ans en fait désormais un pays trop cher pour fabriquer des productions bas de gamme. »

Mais la population travailleuse aura complètement oublié de s’envoyer en l’air avec tout cet argent que la servilité gouvernementale lui a mis dans la poche… En effet, et cela est plus ou moins stupéfiant quand on songe au caractère très étriqué du fameux bol de riz… Comment n’y pas ajouter un peu de sauce ?…

Et puis, il y a tous ces investisseurs internationaux qui, venus en Chine pour en exploiter la servilité ouvrière si bien maintenue en fonctionnement par le parti communiste, espéraient se répartir des marchés de consommation d’une dimension fantastique… Vite, vite : des classes moyennes friandes du dernier yoyo en bois du Japon !…

Enfer et damnation !… Le résultat est tout autre :
« Il faut bien comprendre que ces hausses de salaire alimentent principalement une épargne déjà extraordinairement élevée. […] l’épargne nationale a doublé entre 2006 et 2011 ce qui ne présage pas d’un recentrage de la croissance chinoise sur sa demande intérieure. »

Une épargne… Nous verrons que le mot est faible… Mais, pour l’instant, nous n’en savons encore rien, et Alexandre Mirlicourtois non plus. Par contre, il paraît que la boucle d’exploitation que l’on voit se former régulièrement dans les pays impérialistes ne consent pas à se refermer en Chine… Chez ceux-là, la consommation des classes moyennes développe un système sociétal d’ensemble que tout un chacun, dans les bas niveaux de la hiérarchie sociale, souhaite pouvoir atteindre, y compris par le moyen de quelques babioles qui donnent l’illusion… d’exister – plus ou moins librement – dans le champ d’une consommation un tantinet superflue : de fait, les classes moyennes ne sont là que pour offrir une masse de manœuvre au système d’exploitation lui-même.

Consommation inerte, « épargne » qui paraît n’avoir que l’allure antédiluvienne du bas de laine…
« Tous ces facteurs ne laissent pas espérer plus de 7,5% de croissance pour la Chine en 2012. Il faut remonter en 1998 pour trouver trace d’une telle « contre-performance ». »

Et c’est donc la croissance mondiale, dans son acception capitaliste (valeur d’échange), qui en pâtirait à plein s’il n’y avait pas les chers Etats-Unis… Mais n’oublions pas que la valeur étalon de tous les débordements d’Alexandre Mirlicourtois autour de cette fine bouche qu’il affecte de faire en présence de chiffres qui sont tout de même exceptionnels – et d’autant plus que la Chine ne compte pas que quelques dizaines de millions d’habitants, comme la France par exemple – lui vient de l’illusion de « l’atelier du monde »…

Glissons maintenant à la vidéo du 27 juin 2013 :
« En Chine, la croissance reste collée sous les 8%, seuil qui lui assure le plein emploi ou presque. L’ultra-compétitivité de la Chine a du plomb dans l’aile avec des salaires qui flambent de 15% par an depuis 2002. Parce qu’aussi le yuan s’est fortement apprécié en termes réels (+7% en 6 mois, + 15% sur 2 ans). »

Que signifie tout cela ? Ne serait-ce pas à en perdre la tête ? Voilà donc un pays qui avait tout pour plaire aux grands intérêts impérialistes… Ceux-ci avaient pu le vérifier réellement, à travers leurs systèmes de comptabilité qu’on pourrait difficilement prendre en défaut. D’où peuvent venir ces augmentations de salaires à répétition qui paraissent être le fait d’autorités complètement imbéciles ? Et tandis que, selon le modèle occidental bien connu, tout cela aurait dû déboucher sur une explosion de la consommation et sur une destruction de la monnaie chinoise qui, en présence de ces incroyables taux d’augmentation des salaires, dont Alexandre Mirlicourtois nous dit qu’ils auront couvert plus d’une décennie, aurait pu déboucher sur une quasi-destruction de l’économie mondiale ?

Y a-t-il au moins un pilote dans cette fusée chinoise plus ou moins interplanétaire ?

Michel J. Cuny

Document n° 125…
L’incroyable suffisance de la science économique occidentale en présence des exploits véritables de la Chine


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