1% : voilà le taux à partir duquel la France est désormais prête à vendre son âme au premier diable venu

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 105)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

« Nos multinationales roulent-elles encore pour la France ? », c’était la question que posait Olivier Passet dans la vidéo qu’il a publiée le 20 septembre 2016. Dans un langage assez brutal – puisqu’il s’agit tout de même de l’élément majeur de consolidation d’un impérialisme politico-militaire dans lequel la France s’est engagée avec détermination dès 1945 avec Charles de Gaulle : cela vaudrait-il la peine d’organiser peu à peu la jeunesse française – garçons et filles – autour de l’éventualité du sacrifice suprême que peuvent exiger d’eux et d’elles ces guerres qui sont un élément déterminant dans la conquête des marchés et des zones d’investissement ?

Tel qu’il se présente aujourd’hui, cet outil économique présente des caractéristiques tout à fait significatives. En perdre même rien qu’un petit morceau, c’est presque déjà reperdre l’Alsace-Lorraine… Olivier Passet lui-même s’en émeut :
« Les chiffres sont édifiants : 1% des entreprises sont à l’origine de 52% de la VA [valeur ajoutée] marchande. Ces mêmes 1% concentrent 85% de l’investissement et 97% des exportations. »

Perdre ce fer de lance, ou en laisser perdre les meilleurs morceaux, ce serait, pour l’impérialisme économique français, perdre à peu près toutes ses dents… Heureusement, côté militaire, nous avons la bombe !… C’est ce que De Gaulle nous glisse à l’oreille depuis sa tombe de Colombey-les-Deux-Eglises…

1% des entreprises : tout est là… Il n’y a pas à tortiller : c’est là-dessus que doivent veiller les armées françaises. Et il faut qu’elles y veillent nuit et jour : informatique, sécurité des installations, etc. Elles y sont d’ailleurs aidées, comme chacun sait, par la CIA qui est là elle aussi, avec ses critères particuliers, mais surtout avec ce droit d’entrée récupéré du temps du plan Marshall… quand le communiste de base n’avait qu’à bien se tenir… alors que son parti avait été dégagé du gouvernement Ramadier pour que le plan, etc…

Mais la sécurité sur le territoire français n’est qu’une petite amusette par rapport à ce qu’il y a à faire hors des frontières, et partout où le compère états-unien est engagé, de face, de dos ou en travers… Tiens, tiens, par exemple, c’est quand qu’elle nous offre son premier feu d’artifice, la nouvelle base militaire française d’Abu-Dhabi… inaugurée par Sarkozy en 2009 ?… Déjà 10 ans, et toujours pas le moindre pétard… C’est rageant.

Toutefois, ce 1% ne semble pas être tout à fait franco-français… N’empêche, c’est bien ce qui bénéficie le plus à la France… Comme l’est le 1% des Françaises et des Français les plus riches, c’est-à-dire ce sur quoi la jeunesse française devrait veiller comme sur la prunelle de ses yeux. S’il y a une France, c’est bien celle-là : 1% des entreprises et 1% d’une population dont le reste ne constitue qu’un tas, à moins que ce ne soit de la chair à canon du plus bel effet éventuel…

Pour atteindre ce qui serait un peu plus franco-français, Olivier Passet a procédé à quelques aménagements qu’il nous indique maintenant :
« Et si je me restreins aux grands groupes multinationaux implantés sur le territoire, je constate alors que ces derniers au nombre de 240 environ, réalisent plus de 56% de leur chiffre d’affaires à l’étranger et y implantent près de 58% de leurs effectifs. »

Si les cohortes constituées autrefois par les Italiens, les Espagnols et les Portugais ont eu tendance à fondre puis à disparaître, c’est que, désormais, une bonne partie de la main-d’oeuvre est directement « traitée » sur place, dans le pays d’origine où elle a même quelques chances d’être mieux formée (et surtout à moindre coût) que la main-d’oeuvre nationale… Ce qui réussit très bien aux Allemands dans les PECO…

Accentuation du chômage national, fragilisation éventuelle du capitalisme français devant l’attrait que suscite le joyau du 1% d’entreprises, Etat français qui ne peut pas vraiment contrôler les transferts financiers internationaux qui sont la vie même des multinationales françaises comme étrangères …
« On sait toutes les inquiétudes que cela suscite en termes de déperdition d’emplois sur le territoire, de concentration des risques industriels, d’intrusion étrangère dans le contrôle, d’instabilité des contours que génère le jeu des FUSAC [fusions-acquisitions] ou d’évaporation de notre assiette fiscale. »

De plus, il y a le fait que la France, si elle emprunte pour prêter à l’extérieur – comme nous l’avons vu précédemment -, n’hésite pas non plus à trahir les intérêts de son système de travail intérieur bien plus que tous les autres pays européens de taille plus ou moins comparable :
« La sur-représentation des groupes fait qu‘aujourd’hui la production délocalisée représente 2,5 fois nos exports, contre 2,35 pour le Royaume-Uni, 1,45 pour l’Allemagne, 1,2 pour l’Italie et 0,7 pour l’Espagne. »

Ainsi, si pour faire vivre le 1% qui est à l’origine de l’essentiel de sa richesse, la France impérialiste prend de tels risques, ne serait-ce pas qu’il y a péril en la demeure ? Olivier Passet n’est lui-même pas très éloigné de devoir le penser :
« Là encore les informations alarmistes ne manquent pas. L’année 2015 a laissé des traces, puisque 3 groupes sont passés sous pavillon étranger : Lafarge, Alstom et Alcatel-Lucent. Sans parler du poids des investisseurs étrangers, essaimés certes, au capital du CAC 40. Qui oscille autour de 45%. Un chiffre, qui peut laisser supposer que nos groupes sont des proies faciles. »

Mais il faudra nous passer sur le corps… Foi d’un De Gaulle… dont on sait bien qu’il a toujours le doigt sur le fatal bouton…

Inutile d’en venir là, même si ça fait toujours du bien d’aller caresser de temps en temps le fusil à patates…

Si nous sommes tellement intéressé(e)s aux résultats de notre 1%, c’est que nous savons qu’ailleurs il mord très fort, et que ça fait très mal…
« Un peu de recul, montre cependant que l’on sous-estime aussi le pouvoir de prédation de nos propres  groupes. Ce qu’indique la balance des investissements directs, c’est que structurellement, les groupes résidents, tendent à prendre le contrôle plus qu’à le céder, en dépit de quelques phases très spécifiques, dont la plus récente. »

Et nous pouvons donc finir en fanfare, avec un Olivier Passet qui se prend tout à coup à ce petit jeu qui nous étonne beaucoup, venant de sa part :
« Car disposer de grands groupes, c’est disposer de structures en prise directe avec les marchés du monde entier, source d’informations et d’adaptation aux besoins locaux ; c’est disposer d’une capacité d’implantation dans les régions à fort potentiel de développement et à forte dynamique démographique qui nous branche sur une conjoncture monde moins anémiée que celle de l’Europe. »

Disposer… Mais qui dispose de quoi, et à quel prix ?
« C’est disposer d’un pouvoir de marché et d’une puissance de feu financière pour acquérir des marques, des brevets, mobiliser les savoirs faire à travers le monde. »

Et voici que, derrière le 1% arrive toute une meute :
« Et cette même puissance de feu financière permet à ces mêmes groupes d’être des acteurs clé du développement des jeunes pousses, ou des PME après acquisition. L’essentiel des PME franchissent d’ailleurs le seuil qui les mène à la taille d’une ETI, dans le cadre d’une structure de groupe. Autrement dit les groupes sont des acteurs clés de la destruction créatrice. »

Et puis tout un pays par l’odeur du sang alléché :
« Et c’est enfin disposer d’une capacité à générer des revenus, qui se retrouvent en flux positif de la balance des paiements, et font plus que compenser notre déséquilibre des transactions de biens et services. Il s’agit là d’un élément clé de la solvabilité française, puisque la position financière globale de la France reste peu dégradée en dépit de la dérive de ses finances publiques. »

Août 1914… La fleur au fusil… Et combien de capitaines, et combien de soldats…
C’est qu’en face, les autres ne seront pas forcément décidés à toujours se laisser faire.

Michel J. Cuny

Document n° 106…
Petite promenade jusqu’à l’intérieur du coeur financier et décisionnel de l’Europe allemande


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