L’amélioration réelle, pour les élites… L’innovation à tout crin, pour le bon peuple…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 101)
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À la différence d’une Allemagne qui paraît ne surtout pas vouloir forcer son talent à l’extérieur de ses frontières pour y faire valoir, de façon maximale et peut-être même un peu surfaite, ses capacités de production, la France emprunte beaucoup d’argent pour aller mener des combats plus ou moins aléatoires dans des contextes où elle espère que feront un effet certain les peurs qu’elle réussit à susciter par ses pressions économiques, politiques et militaires plus ou moins éhontées et criminelles dans lesquelles elle a été initiée dès 1940 (affaire de Dakar) par celui qui n’aura jamais osé ni voulu porter le fer contre Hitler : Charles de Gaulle. Il préférait faire la guerre à Vichy, et il la lui a faite… un peu partout en Afrique, et un peu partout dans le monde, grâce aux détachements militaires et autres avions et bateaux que consentaient à mettre en oeuvre les… Anglo-Saxons.

Ce pour quoi il leur en a toujours beaucoup voulu…

Cet impérialisme à tout crin qui reste la dernière chance de cette France dont la population a atteint, dans sa grande généralité, le degré zéro de l’analyse politique – ce que la crise des gilets jaunes a révélé de façon fracassante -, Olivier Passet lui donne un autre nom, mais c’est bien la même structure d’ensemble :
« Cette réalité forte doit nous conduire à penser notre écosystème productif à l’intérieur et au-delà des frontières en l’articulant autour de 3 piliers. Le premier pilier, c’est celui de nos grands groupes qui constituent une véritable superstructure financière, et peuvent se transformer en atout et renforcer notre territoire à condition que 2 autres piliers coexistent. »

Il faut donc que la population française parvienne à se réaligner, de façon satisfaisante, c’est-à-dire modernisée, sur les grands fauves qui vont aller lui chercher les quelques bas morceaux qui lui donnent l’impression qu’elle existe encore un peu pour ses maîtres de la finance internationale, du patronat et de la haute administration… et pour tous ces gens qui la font rêver tout en lui servant de modèles humains du plus haut niveau sans qu’elle en connaisse rien… Pour trouver les noms correspondants aux différentes disciplines, on aura juste à se baisser…

Mais puisqu’il faut tout mettre au service des multinationales « françaises », quel sera donc le second pilier ?
« Celui de l’entrepreneuriat, autrement dit un gisement de start-up à haut potentiel, dont beaucoup se développeront ultérieurement dans le giron des groupes. Car ces derniers se régénèrent par ce type d’acquisition. »

C’est un peu troublant… s’il faut admettre que la prétendue révolution de l’e-économie ne fait, pour l’essentiel, que donner un maximum de chances à tout ce qui prétend aller chercher sa nourriture dans l’estomac de toutes celles et de tous ceux qui ont su jusqu’à présent s’alimenter à partir d’un réel travail de production et de mise en vente… c’est-à-dire dans la boucle même des rotations du capital, avec tous les aléas que celles-ci comportent.

Mais nous comprenons très bien que les groupes ne peuvent être que très soucieux de prendre à leur service de semblables vautours une fois qu’ils ont fait la démonstration de leur capacité à s’alimenter dans différents râteliers… plus ou moins ouverts en plein vent.

« Troisième pilier enfin, celui des pôles de compétences, enracinés sur le territoire, qui incitent les grands groupes à maintenir leur ancrage national en y développant leurs fonctions stratégiques. »

C’est dans ce contexte qu’il importe de rappeler que le critère qui permet aux laboratoires pharmaceutiques de vendre toujours plus cher des médicaments qui lavent toujours plus blanc, n’est pas constitué par une éventuelle « amélioration thérapeutique », mais par une « innovation médicamenteuse ». (On pourra, sur ce dernier point, suivre ce lien.)

Ainsi, au-delà de la valeur d’usage du médicament, c’est sa valeur d’échange qui cherche à se faire valoir à travers une bonne façon de repeindre certaines molécules connues afin de les faire passer pour ce qu’elles ne sont pas. Qu’on préfère maintenir des fonctions « stratégiques » comme celle-ci en France se traduit par le fait que – ainsi que j’ai pu en faire l’expérience – dès que se trouve signalé, dans une thèse de doctorat en médecine, quelque chose qui saura repeindre plus ou moins bien telle ou telle substance médicamenteuse jusqu’à en faire une « innovation », on voit arriver cette mention salvatrice : qu’elle est déjà sur la voie qui ne pourra pas manquer de la conduire, dans un délai plus ou moins rapproché, à obtenir le saint Graal : cette AMM (autorisation de mise sur le marché), dont la proximité ne peut que faire gonfler les budgets de recherche qui concernent l’objet de tous les désirs… Plus on est de fous, plus on s’amuse…

S’engager dans ce type de dérive, pour sauver la France, et son modèle social fortement teinté d’un impérialisme dont plus personne ne se soucie – avant de recevoir un bon coup sur le bec et dans des délais qui ne devraient pas être exagérément longs -, cela revient alors, s’il faut en croire Olivier Passet, à renforcer les « complémentarités » que voici :
« Pour les groupes une fiscalité à repenser. Pour les start-up, un système de cofinancement public privé indispensable. Et pour nos pôles, une mise en réseau des acteurs de l’innovation. »

L’ « innovation », c’est bien le mot… Et surtout dans l’embrouille… On peut y compter.

Mais puisqu’on vous le dit…
« Et si l’on y regarde de près. C’est bien ce qui s’esquisse au fil des années et qui donne corps en France à ce qui ressemble de plus en plus à une politique industrielle. »

Michel J. Cuny

Document n° 102…
France : une structuration sociale qui ne demande qu’à imploser ?


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