Ces multinationales françaises qui fuient la France et l’Europe apparemment à si juste titre…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 100)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

La vidéo publiée le 23 mars 2015 par Olivier Passet se situe, bien malgré l’auteur évidemment, dans la continuité avec l’impérialisme tel qu’il apparaissait à Vladimir Ilitch Lénine, il y a tout juste un peu moins d’un siècle (1916)… Elle commence par ces mots :
« Même si son investissement direct à l’étranger est en panne depuis 2 ans, la France reste et demeure une puissance multinationale. »

Et voici qu’à l’exclusion des trois derniers cités, reviennent les pays impérialistes déjà pris en compte par Alfred Neymarck qui aura servi de poisson pilote au grand révolutionnaire russe :
« Après les pays anglo-saxons, la France est le pays qui compte le plus de firmes multinationales dans le top-100 mondial par taille d’actif : 11 contre 23 pour les États-Unis, 16 pour le Royaume-Uni, devant l’Allemagne et le Japon, la Suisse, l’Espagne et l’Italie. »

Certes, la France paraît traverser une assez mauvaise passe. D’une année à l’autre depuis 2001, elle fait souvent face à une décrue assez marquée de ses investissements directs à l’étranger, c’est-à-dire de ce qui permet de mesurer la force de son expansionnisme économique…

Cependant, une fois encore, son passé impérialiste – et plus précisément colonialiste à prédominance africaine – continue, pour la France, à s’exprimer dans ses performances actuelles, d’où sans doute la continuité d’un état d’esprit français qui trouve à se déverser à travers une xénophobie restée très largement majoritaire quoi que chacun(e) puisse en dire…
« Autre indicateur pour prendre la mesure de notre internationalisation productive : le stock d’investissement que détient la France sur l’étranger : 1637 milliards de dollars en 2013, juste derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. »

Mieux, les performances de chacun de ces quatre pays une fois proportionnées à son PIB, la France ne fait vraiment pas mauvaise figure…
« Elle se place ainsi derrière le Royaume-Uni mais devant l’Allemagne. »

Ceci étant écrit, encore ne faudrait-il pas pour autant laisser croire aux Français et Françaises qu’eux et elles sont les rois et les reines de la place… Avec la correction selon la taille du PIB et en cherchant par où passe l’essentiel des capitaux de l’impérialisme global, il est clair que nous ne sommes plus du tout en 1916… Les guerres mondiales ne pourraient plus trouver aussi facilement les bonnes cibles.

Passons alors au système de concurrence internationale dans lequel se trouvent inséré ce qu’il reste de travailleuses et de travailleurs appartenant au système de production sis sur le sol national et en situation de ne pas trop sentir, à travers quelques cauchemars, le poids réel de cette France impérialiste qui les menace depuis l’extérieur à travers ses investissements directs à l’étranger… IDE  qui sont autant de joyaux détenus par la grande bourgeoisie française et par la grâce desquels elle peut allègrement narguer l’Etat français lui-même… que, pour autant, elle gère de la bonne façon à travers tout ce qui s’y raconte de mensonges…

Quel que soit l’angle sous lequel Olivier Passet s’avise de prendre ces choses-là, il ne peut lui-même qu’en rester tout de même un peu étonné :
« Et là les données sont à nouveau édifiantes. L’emploi extra-muros dans l’énergie, le retraitement des eaux et les grands réseaux de distribution d’énergie est supérieur à l’emploi sur notre territoire. L’emploi industriel dans les filiales étrangères représente 68% de l’emploi national . Le ratio est de 58% dans le secteur de l’information et de la communication et il excède 40% dans l’hôtellerie et la restauration ou encore dans la  finance. »

Tout cela est certes spectaculaire et pourrait donner l’occasion au dernier des SDF de bomber le torse au titre de cette France qui gagne… Mais comment être sûr(e)s, en nos qualités très moyennes de citoyennes et de citoyens, que tout cela ne risque pas un jour de « nous » fausser compagnie ? Pourquoi ne pas redouter d’avoir à entendre un jour prochain quelque chose qui pourrait ressembler à cet appel lancé au printemps de 1914, lors d’une conférence devant d’anciens élèves de l’Ecole des sciences politiques (ancêtre de l’ENA) par Henri de Peyerimhoff, secrétaire général du Comité des Houillères :
« Le temps n’est plus où nous étions seuls avec les Anglais pour financer le monde : il faut compter avec beaucoup d’autres. Avec les Allemands d’abord… Ils ont déjà le pas sur tous pour l’électricité et les produits chimiques ; pour la navigation, ils disputent ardemment aux Anglais un rang auquel nous n’avons plus dès longtemps l’espérance de prétendre. Avec les Belges, les Hollandais, les Danois, les Italiens, les Autrichiens… Voici enfin les Américains du Nord […]. Dans ce conflit, sur quoi pouvons-nous compter ? Sur nos capitaux… mais c’est une force fragile lorsqu’elle n’est pas appuyée sur les autres. Notre argent travaillera pour notre Empire, dans la mesure où notre Empire saura défendre notre argent… » (Cité par Michel J. CunyFrançoise Petitdemange, Le feu sous la cendre – Enquête sur les silences obtenus par l’enseignement et la psychiatrie, Editions Paroles Vives 1986, page 393)

On connaît la suite…

Quoi qu’il en soit, voici, à gauche, la liste – que nous n’aurions peut-être pas tort de prendre très au sérieux – des inquiétudes qu’Olivier Passet se fait un devoir de nous mettre sous les yeux.

Mais, en face, voici le gâteau pour lequel la jeunesse de France pourrait un jour être appelée au sacrifice suprême… Et c’est bien cela qui doit nous réconforter toutes et tous… et nous interdire d’entreprendre aucune action contre… cet impérialisme français qui a bien du mérite…

Il pourrait, certes, y avoir un jour un bain de sang… qui mettrait en présence telle ou telle coalition de ces Etats impérialistes contre telle ou telle autre de ceux d’en face… Ils l’ont déjà fait, et très bien. Et pourtant, comme dirait le SDF de tout à l’heure : impossible de négliger tout le bonheur que nous apporte l’exploitation des populations étrangères… Et la science économique ne dirait pas autre chose, y compris quand c’est Olivier Passet qui s’en fait benoîtement le porte-parole :
« On sait a contrario que ces groupes procurent des flux de revenus entrants qui font plus que compenser notre déficit sur les biens et services, qu’ils confèrent une puissance financière, un pouvoir de marché à la France, un pouvoir d’acquisition de brevet, une capacité d’implantation dans les régions à fort potentiel de développement et à forte dynamique démographique qui nous branche sur une conjoncture monde moins anémiée que celle de l’Europe. »

L’Europe ?… certainement…
« Mais force est de constater que cernés par trois grands pays en stagnation ou déclin démographique, l’Espagne, l’Italie et surtout l’Allemagne, les grands groupes ont de fortes raisons de penser leur stratégie hors de nos murs et de prendre le large. »

Et de se séparer de ses « malheureuses » populations « locales »… qui infusent dans un jus dont nul ne sait jusque dans quelle lie il va pouvoir assez rapidement se transformer…

Michel J. Cuny

Document n° 101…
L’amélioration réelle, pour les élites… L’innovation à tout crin, pour le bon peuple


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