Cette ombre de Joseph Staline qui veillerait encore sur la France…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 88)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

La vidéo publiée par Alexandre Mirlicourtois le 29 septembre 2014 devrait nous permettre de mieux comprendre les effets de bascule que l’impérialisme peut mettre en oeuvre entre les deux faces du système d’exploitation qui lui est sous-jacent : travail et capital.

Le titre nous dit ceci : « Automobile française : le déclin endigué ». Ce qu’il ne faudrait pas hésiter à compléter de la façon suivante : « Cela dépend pour qui… »

Côté capital d’origine française, début 2014 les nouvelles étaient plutôt bonnes pour le secteur envisagé :
« 1 voiture particulière sur 5 vendue en Europe est produite par un groupe français. Et la dynamique est bonne : à 1,8 million, les ventes des deux constructeurs [Renault et Peugeot-Citroën] ont grimpé de 9,4% sur les 8 premiers mois de l’année. »

Qu’on se le dise :
« La production mondiale de véhicules légers de PSA et Renault est en hausse de 2,4% au premier semestre. »

Voilà donc ce que permet l’impérialisme… sans que nous ayons ici à entrer plus profondément dans sa texture mondiale qui n’est peut-être pas aussi simple.

Passons maintenant au compagnon ordinaire du capital : le travail… Car Alexandre Mirlicourtois nous aura immédiatement mis en garde :
« C’est une bonne nouvelle, mais la France est-elle pour autant une terre de production automobile en renouveau ? »

Les travailleuses et travailleurs de ce secteur de production vivant sur son sol y trouveront-ils, dans les années qui viennent, de quoi vivre et faire vivre leurs familles comme au temps où Renault-Billancourt nationalisée comptait la CGT – et, par  capillarité, le parti communiste – dans son conseil d’administration ? Temps désormais fort lointain…

En tout cas, Alexandre Mirlicourtois n’a pas besoin de remonter si haut dans le passé pour nous mettre décidément à jour :
« En 2003, 58% de la production totale des deux grands groupes français étaient réalisés en France, soit l’équivalent de 3,2 millions de véhicules montés. 10 ans plus tard, cette part est tombée à 28% et la production « made in France » a chuté à moins de 1,5 million unités. C’est plus de deux fois moins. »

La privatisation est donc passée par là, et la galère a pu voguer vers d’autres galériens…
« En cause, les deux virages stratégiques des constructeurs. D’abord, délocaliser pour produire à bas prix pour une demande émergente en plein essor. Ensuite, assembler dans les régions à faible coût pour approvisionner les pays d’Europe de l’Ouest, dont la France. »

Consommation ici, mais production ailleurs… Ouvriers licenciés ici… mais consommation subsistant tout de même ici… parce qu’une part de ce que l’impérialisme va chercher ailleurs revient ici… jusqu’à ce que l’Allemagne y mette bon ordre – sur son sol, comme ailleurs dans son Empire européen – en imposant une austérité qui se révélera salutaire pour les capitaux qu’elle engrange… au rythme d’une monnaie forte de l’abaissement du travail selon sa place dans l’échelle de la productivité… ou du régime politique qui l’offre à l’encan si nécessaire…

Au-dessus du panier, il y a – comme je l’ai déjà souligné plusieurs fois antérieurement – l’élite ouvrière allemande. Et puis, en dessous, les autres… Alexandre Mirlicourtois nous les montre… à travers ce qu’en font leurs employeurs :
« C’est d’abord Toyota qui prouve qu’il peut y avoir un intérêt à produire des petits modèles en France. Son usine de Valenciennes a assemblé 190 000 Yaris en 2013 et devrait en produire 220 000 cette année. Mais c’est aussi Mercedes qui fabrique le Citan (un véhicule utilitaire) à Maubeuge. Une Allemande fabriquée en France ! Ce n’est finalement pas si nouveau : les Smart, le label des micro-voitures de Mercedes, sortent de Lorraine. »

Et nous savons aussi que tout en bas, s’il s’agit de rester en Europe, il y a les PECO… et les « bénéfices » que l’Allemagne en retire…

Mais passons immédiatement à cette question-réponse que le même Alexandre Mirlicourtois aborde le 7 octobre 2014 : « Pourquoi en France la consommation tient bon » avec tout ce chômage !…

En effet…
« Malmenée par un pouvoir d’achat dégradé, chahutée par la montée du chômage, la consommation chancelle mais ne tombe pas. »

Or, il s’agit d’une certitude qui ne daterait pas d’aujourd’hui…
« La consommation en France progresse ou, au pire, se fige en période difficile. Et il s’agit bien là d’une exception française, la comparaison avec le reste de la zone euro le prouve. »

À quoi peut donc tenir ce mystère ?

Michel J. Cuny

Document n° 89…
Quand le parti communiste faisait de Charles de Gaulle un souverain


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