Une France sans tête, et prise entre le marteau et l’enclume…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 81)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Si la zone euro est véritablement le cœur de l’Empire allemand en voie de reconstitution accélérée, le titre de la vidéo qu’Alexandre Mirlicourtois a publiée le 13 février 2014 paraît devoir nous annoncer un infarctus : « Zone euro : l’intenable fracture Nord-Sud »…

À moins, peut-être, que Berlin n’hésite pas à resserrer certains boulons en certaines circonstances… Sans doute même la France pourra-t-elle l’y aider, avec les quelques moyens qui lui restent.

Mais regardons maintenant l’état de ce cœur qui bat si gentiment au détriment des classes laborieuses des différents pays de la zone euro, et plus encore, bien sûr, de celles des pays récemment « libérés » de l’Union soviétique : les PECO (pays de l’Europe centrale et orientale).

Selon Alexandre Mirlicourtois, le cœur qui nous intéresse tout spécialement peut être divisé en deux parties :
« Par « Nord de la zone euro » j’entends, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et les Pays Bas. Par le Sud, j’entends l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. »

Nous avons donc les parties « basses », et les parties  « hautes ». Quant à la France, ou bien elle est ailleurs, ou bien nous n’allons pas tarder à la voir apparaître dans toute sa splendeur… et, pourquoi pas ? aux côtés de l’Allemagne…

Notons, en tout cas, que la figuration qu’Alexandre Mirlicourtois nous donne de ce système cardiaque dont l’une des pièces majeures est absente, nous montre que l’Allemagne réalise ici un parfait équilibre géométrique… Cela lui va décidément à ravir… N’aurait-elle pas vraiment besoin de la France ?… Ou bien, rien que pour rééquilibrer le poids des PECO ?

Trêve de plaisanterie !… La fracture qu’il décèle entre le Nord et le Sud, Alexandre Mirlicourtois a choisi de l’établir à partir des cinq critères que voici :
« Le niveau du PIB, l’évolution des comptes extérieurs, la situation du marché de l’emploi, le niveau relatif des taux d’intérêt et la situation des finances publiques. »

Prenons le PIB :
« Du côté du Nord, la richesse créée est à un sommet. Du côté du Sud, en revanche, les dégâts de la récession et de la reprise avortée de 2010 sont encore bien là avec un PIB inférieur de 9% à son pic d’avant crise. Bilan, fin 2013, jamais l’écart entre les deux zones n’a été aussi important. »

Passons aux comptes extérieurs :
« Le Nord continue d’engranger de confortables excédents courants. Le solde a été propulsé au-delà de 250 milliards d’euros en 2013, selon nos estimations. C’est son record historique. Mais, malgré cette performance le fossé s’est réduit avec le Sud qui est passé d’un déficit abyssal à un léger excédent. »

Il y a donc une amélioration pour le Sud… mais nous aurions tort de l’en féliciter trop vite, et ce ne serait de toute façon pas avec la bénédiction d’Alexandre Mirlicourtois qui tient à mettre ici son petit grain de sel :
« Dans le Nord c’est avant tout le dynamisme des exportations qui fait les bonnes performances. Dans le Sud, la réduction des importations joue un rôle déterminant dans l’embellie. Une embellie extérieure qui repose donc en partie sur l’effet mécanique de l’étranglement de la demande domestique sur les importations. »

De ce dernier côté de la zone euro, ce sont donc les populations travailleuses qui paient le prix du rétablissement des comptes extérieurs…

Voyons le marché du travail… qui va, à sa façon, nous confirmer la chose…
« Pour prendre toute la mesure du sous-emploi, de la casse humaine et sociale des économies, regardons le chômage. Il est au plus bas dans la partie Nord, à 5,5% de la population active. Il est au plus haut dans la partie Sud, à plus de 18,5%. Un écart de 13 points. »

Il paraît même qu’Alexandre Mirlicourtois en perd le souffle :
« C’est du jamais vu. Mais le désastre est encore plus saisissant lorsque l’on se focalise sur l’emploi des jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans est de 9,5% dans le nord contre 47% dans le sud. »

Quatrième critère : les conditions d’emprunt des différents Etats… Sur ce point, nous pouvons nous en tenir à cet aspect :
« Les taux exigés au Sud sont toujours supérieurs à la croissance nominale ce qui entraîne encore une hausse spontanée et potentiellement cumulative de l’endettement. »

Et finissons ici :
« L’endettement public est maîtrisé dans le Nord mais reste potentiellement explosif dans le Sud où il se rapproche de 100%. »

Arrivé(e)s là, Alexandre Mirlicourtois nous fait les gros yeux :
« Mais attention, l’écartèlement de la zone euro est à son comble. Autrement dit les risques sociaux et politiques sont à leur comble. »

Sans doute, mais nous, les Françaises et les Français, on s’en fout !… On n’y est pas !… On n’y est certainement pas !… Et d’ailleurs, on n’a plus de tête… Alors, le cœur…

Michel J. Cuny

Document n° 82…
Ce pré carré de l’impérialisme français qui s’alimente des ignorances d’une population travailleuse en pleine dérive


Une réflexion sur “Une France sans tête, et prise entre le marteau et l’enclume…

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