La France ne serait-elle plus qu’un pauvre jouet sous les griffes d’une Histoire qu’elle ne connaît pas ?

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 80)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

La vidéo publiée par Olivier Passet le 10 février 2014 commence par cette affirmation :
« La monnaie est le symbole majeur de la souveraineté d’un État. »

La suite pourrait consister dans le fait de poser la question de savoir quelle est la classe sociale ou le groupe des classes sociales qui ont le contrôle sur l’Etat dans tel pays et à tel moment de son histoire… L’exercice de la souveraineté suit, alors, le même chemin…

Or, depuis que la France travailleuse se soucie comme d’une guigne de ce qu’à travers la création du Conseil National de la Résistance Jean Moulin lui avait apporté sur cette question de la souveraineté populaire (je rappelle que c’est en raison de cet adverbe « souverainement » qu’il avait eu le front d’imposer à Charles de Gaulle à Londres en février 1943 que Jean Moulin a été livré aux Allemands durant le mois de juin suivant), elle est mûre pour l’esclavage que nous commençons à lui bien connaître au sein de l’Europe allemande… qui exerce donc une part déterminante de la souveraineté à travers la monnaie « européenne ».

En effet l’euro est très exactement le développement ultime de ce qu’était le Zollverein, c’est-à-dire l’Union douanière placée sous le contrôle de la Prusse au temps de Bismarck

C’est donc sous cet angle que ce qu’Olivier Passet va maintenant nous expliquer doit être saisi. Et ce n’est évidemment pas ce que lui-même souhaiterait nous dire… Mais il n’est décidément pas possible de faire fi de ce que nous savons, désormais – et grâce, justement à ses travaux et à ceux d’Alexandre Mirlicourtois – de la domination économique allemande sur le cœur même du système dans lequel la France est désormais prise : la zone euro, et sur l’unité monétaire qui boucle celle-ci.

Ainsi, selon Olivier Passet
« Pour ses promoteurs, l’euro constituait un pas décisif vers l’idée de fédération. » Ce qu’il nous faut traduire par : Empire sous domination allemande.

La phrase suivante enfonce le même clou :
« Et dans le droit fil de cette idée, sauver l’euro, c’était nécessairement sauver l’Europe. »
… c’est-à-dire : conforter la domination allemande sur son Empire en voie de constitution.

Et voici comment cela s’est réalisé :
« Les pays membres ont ainsi redoublé d’efforts pour assurer et garantir les créances libellées en euro et sécuriser l’édifice bancaire. Le mécanisme européen de stabilité, le pacte de stabilité renforcé, l’union bancaire, donnent aux grands acteurs de ce sauvetage le sentiment du devoir accompli. »

Et il est bien vrai que c’était précisément ce que l’Allemagne réunifiée attendait d’eux : la République fédérale d’Allemagne d’Helmut Kohl avait finalement réussi à obtenir l’implosion de l’Union soviétique en circonvenant Mikhaïl Gorbatchev qui n’en était pas plus fâché que ça… Les bourgeoisies européennes allaient pouvoir respirer (exploiter) bien plus librement… La souveraineté allemande avait décidément fait ses preuves…

Certes, les conséquences de tout cela ne peuvent échapper à personne, et pas même à Olivier Passet qui, tout en s’en désolant, n’en voit pourtant pas les vraies causes…
« Peu importe que le quart de la production industrielle se soit effondré à la périphérie. Peu importe que les taux de chômage aient explosé et que la pauvreté ait gagné du terrain. Peu importe que les pays européens piégés dans la déflation aient pris un temps de retard dans la mutation industrielle qui se dessine. »

C’est donc bien que tout cela était prévisible… et voulu…

En effet, pour finir, le miracle est là, même s’il ne fait pas plaisir à tout le monde :
« L’Europe accidentée est bien vivante puisqu’à travers la survie de la BCE et de l’euro, elle a  préservé l’intégrité de ce qui lui tient lieu  aujourd’hui de système nerveux central. »

… c’est-à-dire la structure prussienne de base qui lui vient de très loin… et tout particulièrement de l’« ami » de Voltaire : Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand (1712-1786), qu’on pourra retrouver ici.

Face à l’Allemagne, et à ce qui n’est plus que son animal de compagnie et sa ramasseuse de miettes, la France,
« les pays du sud ont touché le fond et amorcent leur redressement. »

… un redressement qui ne fera que profiter à l’Allemagne…, et à condition que chacun de ces pays – y compris la France – se relève aux dépens des autres et de sa propre population :
« Dans un marché intérieur étroit et en déflation, les entreprises restent à la lutte pour se frayer une place dans ce mouvement de reprise. »

C’est sans doute ce regain d’agressivité qui assure la convergence apparente dont nous parle Olivier Passet :
« Les forces de convergence semblent se ranimer maintenant que les pays du Sud ont été renvoyés à la case départ en terme de rattrapage, plus précisément plus de 20 ans en arrière à en juger les PIB par tête.  »

Joli progrès ! Mais ce sont avant tout les peines que ces pauvres pays infligent à leur population qui valent :
« Leur dévaluation interne leur permet de reprendre quelques parts de marché. »

Ainsi, foin de toute vraie convergence. Olivier Passet ne peut que l’avouer :
« Mais au fond, la zone euro reste un espace de divergence. »

Et c’est tout le mérite de l’impérialisme économique allemand qui est au coeur de la problématique historique de très long terme, puisqu’il faut rappeler que Frédéric II en a déjà développé l’écheveau dans la dimension historique pour enfoncer l’Autriche-Hongrie de Marie-Thérèse, maman de… Marie-Antoinette

Car vient ensuite le temps du ramassage des dépouilles, ainsi qu’Olivier Passet ne peut manquer de le pressentir :
« Cette phase de convalescence pourrait bien marquer l’acte 2 de la bazar économie. La bonne santé financière des PME allemandes les poussent maintenant à s’intéresser de très près à leurs homologues étrangers. Notamment dans un contexte d’affaiblissement financier du tissu productif périphérique. »

C’est-à-dire ?… Eh bien, ceci qu’il y a…
« Dans la ligne de mire de ces prises de participations, voire de ces rachats, des entreprises italiennes, françaises, tchèques. Cette divergence est aujourd’hui manifeste dans l’écart qui se creuse entre les flux d’investissement direct à l’étranger français et allemand et qui participe à la concentration de la puissance. »

Ainsi, le triomphe absolu de la ligne prussienne est-il désormais assuré. Selon le langage d’Olivier Passet, cela s’écrit de la façon suivante :
« Dans le sillage de cette politique l’euro se renforce. Et l’euro fort continue à affaiblir les plus faibles dont on annule en quelques semaines des années de sacrifice salarial. »

Michel J. Cuny

Document n° 81…
Une France sans tête, et prise entre le marteau et l’enclume…


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