L’effondrement du capitalisme interne à la France… et les remèdes de choc utilisés ailleurs

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 72)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Peu après son coup de mou du 12 septembre 2013 qui l’avait conduit à pressentir un éventuel affaiblissement du modèle allemand, Alexandre Mirlicourtois nous revient, dans sa vidéo du 23 septembre suivant, avec un état d’esprit totalement différent… L’Allemagne va décidément bien, tandis que, sous l’angle de la reprise de couleur du capitalisme, l’Europe du Sud se prend à enfoncer la France… comme jamais.

Avec lui, étudions ce désastre…
« L’Allemagne caracole, l’Europe du Sud s’envole, la France décolle à peine. Voilà le tiercé des performances extérieures mesurées par la balance courante. En Allemagne, le bilan à mi-année est exceptionnel et les excédents s’orientent droit vers un niveau record proche de 200 milliards d’euros. »

C’est avec cette force-là que l’Allemagne peut s’engager sur la scène internationale… et y accroître son potentiel dans le cadre de l’impérialisme économique… Pour sa part, la France doit d’abord y aller avec ses forces spéciales… et obliger tel ou tel potentat local à se plier prioritairement à ses intérêts à elle, alors que d’autres pays impérialistes sont bien plus intéressants qu’elle pour les responsables en question…

Quant aux multinationales d’origine française, si elles participent, elles aussi, à ce petit jeu à travers les ministres des Affaires étrangères ou de la Défense de notre pays, elles ont bien d’autres instruments que leur offrent les représentants étrangers de la finance internationale présents – et de plus en plus présents – dans leurs conseils d’administration. Il faudra donc les traiter à part…

Mais revenons, avec Alexandre Mirlicourtois, à notre chère situation « nationale »… et à celle de deux de ces pays qui ont été longtemps des fournisseurs, pour la France, d’une main-d’oeuvre qui n’avait pas encore l’Allemagne comme seul véritable Eldorado…
« L’Italie de son côté redevient légèrement excédentaire. Ce qui n’était plus arrivé depuis le début des années 2000. »

Second exemple :
« L’Espagne n’a rien à lui envier avec le redressement spectaculaire de ses comptes extérieurs. Elle est passée d’un déficit supérieur à 114 milliards d’euros en 2008 à un excédent de presque 10 milliards aujourd’hui. »

Ainsi, d’une certaine façon, l’Europe allemande, ça marche… pour un certain type de capitalisme : celui qui paraît s’acclimater peu à peu au sud de l’Europe, et dont nous n’avons pas à regarder, ici, à quel prix pour le bon peuple. En tout cas, remarque Alexandre Mirlicourtois :
« Autant de comparaisons douloureuses pour la France, car notre balance courante campe toujours dans le rouge. »

C’est-à-dire que les forces vives qui agissent à l’intérieur du pays ne parviennent pas à projeter leurs résultats sur l’extérieur, qui, lui, au contraire, pénètre profondément notre système de consommation, donnant ce résultat qui, peu à peu, s’assimile à une véritable blessure dont on ne voit pas ce qui pourrait finir par la cautériser…

L’effondrement de l’économie intérieure devra-t-il aller jusqu’à propulser la partie de la population française qui se sous-prolétarise à une allure très impressionnante à faire son baluchon comme cela s’est pratiqué autrefois dans les pays du sud européen qui ont alors envoyé à la France les bras de sa reconstruction et des « trente glorieuses » ? Cela devient chaque jour plus probable.

Quant à Alexandre Mirlicourtois, il veut croire qu’à toute cette dérive, il pourrait y avoir des raisons de politique gouvernementale… Il ne se trompe sans doute pas. Mais, il faut bien préciser qu’il s’agit là du résultat de l’évolution des rapports de classe, tout autant à l’intérieur du pays que dans la dimension internationale… Et, pour donner le fin mot de l’Histoire récente : mieux vaudrait ne pas fermer les yeux sur l’identité réelle de la Chine… et sur l’impact que va avoir la mise en oeuvre, par celle-ci, de la dialectique marxiste, et, désormais, à l’échelle planétaire.

En tout cas, ici, Alexandre Mirlicourtois nous indique la voie, pour la France, d’un retour à l’exploitation jusqu’à la corde, si possible, de l’être humain par l’être humain :
« Si l’Allemagne est sur une autre planète, le décrochage de la France vis-à-vis de ses voisins du Sud illustre les choix stratégiques opposés des gouvernements en matière de politique économique et fiscale. Au sud, la thérapie de choc a permis de retrouver une compétitivité perdue. »

C’est-à-dire qu’il va falloir appliquer aux couches populaires françaises ce qui était autrefois le lot, chez nous, des Italien(ne)s, des Espagnol(e)s et des Portugais(e)s… ou bien la valise…

Voici la recette, et voilà les résultats :
« Au menu : hausse de la TVA, déflation salariale, flexibilité du marché du travail. Résultat immédiat, les demandes intérieures ont plongé et avec elles les importations. Le mouvement, très marqué en Espagne, a été plus tardif en Italie avec une accélération en fin de période. »

C’est à ce prix que la bourgeoise française – qu’il faut soigneusement distinguer de la grande bourgeoisie – retrouvera des couleurs… et avec elle tout ce que l’arrivisme petit-bourgeois lui offrira d’allié(e)s.

Michel J. Cuny

Document n° 73…
Les plaisirs cachés des vassaux de l’Allemagne : Une Europe du Sud à couteaux tirés avec elle-même


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