Mais qui est-elle donc, cette France qui s’affole de se découvrir nue ?

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 70)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

La vidéo publiée par Olivier Passet le 5 septembre 2013 va nous fournir un excellent cadre de réflexion, et nous aider à définir la position réelle qu’occupe la France dans le cadre général de l’impérialisme. Cela commence de la façon suivante :
« Le zéphyr de croissance évoqué dans une récente vidéo par Alexandre Mirlicourtois sera certainement celui d’une économie à la traîne de la reprise mondiale et européenne. »

Autrement dit, la France n’est jamais qu’un… second couteau. D’abord remis aux mains des Etats-Uniens grâce plus particulièrement à la décision appliquée le 3 janvier 1946 par Charles de Gaulle de créer le Commissariat au Plan qu’il offrait à Jean Monnet avant de démissionner lui-même de la présidence du Conseil le 20 janvier suivant, le contrôle souverain sur l’Etat français a ensuite été placé dans la situation de devoir glisser peu à peu dans les mains allemandes lorsqu’en 1958 – et de façon assez surprenante – De Gaulle, encore et toujours, a accepté de faire effectivement entrer la France dans le marché commun… 

Plus tard, chacun à sa manière, les différents présidents de la république ont agi dans le même sens qui était devenu un sens inéluctable. Ainsi la souveraineté française n’aura-t-elle été vraiment française qu’entre le 27 mai et le 21 juin 1943, c’est-à-dire tant que Jean Moulin aura été président du Conseil National de la Résistance… Ce dont, en France, tout le monde se fiche… comme de l’an 1940… où déjà De Gaulle, etc… Je n’écris ces mots que pour les aveugles… Les autres, s’il en est, pourront toujours s’adresser ici.

Et voici donc cette pauvre France, telle que nous la connaissons désormais, et telle qu’Olivier Passet peut en mesurer la dérive :
« À la traîne car tous les moteurs ne la porteront pas. »

En effet, certains d’entre eux se sont tus : la classe ouvrière, la petite agriculture, le petit commerce, le corps enseignant, les professions libérales, le petit patronat… Tout ce qui aura répondu, à sa façon et à sa place, à la peur du… communisme. J’ai montré que, pour s’en convaincre, il suffit de savoir lire ce que Thomas Piketty en a écrit sans même s’en rendre compte lui-même : c’est ici.

Désormais, les moteurs importants sont à l’extérieur : le cœur, lui, n’y est plus… Et plus du tout. Les crimes commis en Libye, au détriment tout particulier de Muammar Gaddhafi (qu’on apprendra à bien connaître ici), et en Syrie plus tard, en sont la preuve éclatante…

Cette France qui n’est plus qu’un corps sans âme, la voici sous l’angle de l’économie et sous le regard d’un spécialiste de cette discipline, Olivier Passet :
« Une reprise technique de l’investissement et une embellie de l’activité sur les marchés historiques d’exportations arracheront l’activité à sa léthargie mais le retard à l’allumage de la demande intérieure, publique et privée reste le scénario le plus probable. »

Il semble pourtant que notre pauvre pays ait conservé quelques réflexes du bon vieux temps :
« Il y a dans ce décalage un mal nécessaire, inhérent même à notre modèle s’il ne veut pas être disqualifié. Un modèle qui amortit les crises par une prise en charge partagée des risques. »

En effet, la légende gaullienne – qui a complètement masqué les réalités vraies de la Résistance – a feint de repeindre une certaine fraternité populaire teintée d’une grosse couche de paternalisme… tout en faisant plonger le pays dans ce qui n’était, pour finir, qu’une mise en oeuvre très peu décalée de la pure doctrine bismarckienne… Or, depuis l’euro…
« Ce choix a un coût en termes de compétitivité et de dette. Si le second temps, celui de la reprise, n’est pas mis à profit pour repositionner l’économie en termes de compétitivité, on assiste alors à un décrochage. C’est bien ce que l’on observe depuis plus de 10 ans. »

Résultat :
« On ne peut tout à la fois amortir à la baisse et rebondir au même rythme que les autres. »

Nécessairement plus économiste qu’historien, Olivier Passet ne peut s’empêcher de proposer quelques bouts de ficelle pour réparer une Histoire dont il ne sait manifestement pas qu’elle n’est pas du tout ce qu’on raconte…
« L’enjeu est aujourd’hui de gérer notre retard, et de le mettre à profit pour restaurer à moindre douleur notre compétitivité. »

Ceci dit, les esclaves que nous sommes devenu(e)s en nos qualités de Françaises et de Français peuvent toujours tenter l’aventure de croire que leur salut résiderait dans le fait de s’identifier aux maîtres…
« C’est exactement ce qui s’est passé en Allemagne au moment de l’agenda 2010 du chancelier Schröder. L’effort a été lancé en 2003, au moment où les autres économies redémarraient. Un effort qui a créé, de 2003 à 2006, un écart de 1 point de croissance par an entre l’Allemagne et la moyenne de la zone euro. »

Mieux vaudrait tenter l’aventure d’essayer de changer de galaxie ou de faire aller le temps à reculons…

Michel J. Cuny

Document n° 71…
La fin d’un monde… Bienvenue dans l’Europe allemande !


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